Oskar, l’adieu surréaliste du survivaliste

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Une défaite en politique, c’est toujours difficile à avaler. Et à assumer. Les adieux contraints et forcés les plus célèbres, pionniers de l’ère cathodique, sont probablement ceux de Valéry Giscard d’Estaing en mai 1981. Un «Au revoir» élyséen suivi d’un plan fixe interminable sur une chaise vide au son de la Marseillaise. Le message avait le mérite d’être clair. Ensuite il y a eu le «Je vous demande de vous arrêter» d'Edouard Balladur lorsque ses partisans déçus se faisaient trop bruyants. Ou les faux adieux de Nicolas Sarkozy en 2012, répétés (pour de vrai?) en 2016.

«Une minute et dix-sept secondes sur Facebook, des plantes vertes et une cheminée»

En Valais, dimanche, c’est d’abord le silence qui a été mis en musique. Oskar Freysinger l’avait promis. Il l’a fait. Il n’est pas venu commenter en live sa défaite. Ni à ses partisans. Ni, surtout pas, à la presse, et à ce maudit Nouvelliste qui a, selon ses proches, «eu sa peau». Ce même Nouvelliste qui, au soir du premier tour en 2013 et par le biais de son ancien rédacteur en chef, lui offrait pourtant à l’époque un soutien affirmé, viril et historique. L’édito n’était-il pas titré «Oskar über alles»?

Le barde à la sérénade solitaire et disparate a attendu jeudi soir pour dispenser la bonne parole. Une minute et dix-sept secondes sur Facebook; des plantes vertes et une cheminée en arrière-plan comme pour mieux confirmer la retraite. Plein de mercis adressés à tout-va. Mais, surtout, ni ces remords ni ce regret, «qui s’apparenterait à de l’ingratitude».

Celui qui en appelle toujours à la raison du peuple des urnes ne s’adressera donc pas aux 14'000 électeurs valaisans qui lui ont tourné le dos. Il ne leur expliquera pas avec la grandeur et l’humilité du politicien déchu pourquoi il les a tellement déçus. Sur le fond comme sur la forme. Y compris dans ce domaine de l’éducation qui lui est si cher. Le voici libre d’appliquer à lui-même le fameux concept du survivaliste. Avec une retraite à vie de 80'000 francs, cela devrait aider. (24 heures)

Créé: 24.03.2017, 22h01

*Claude Ansermoz, Rédacteur en chef adjoint

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