Le steak et la parole hachés

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C’était le désert des tartares grillés entre deux tranches de bun. Un temps où les amateurs de hamburgers du canton devaient se contenter d’une enseigne avec un grand M, voire de l’improbable Wendy’s, qui aura tout de même tenu presque vingt ans dans le chef-lieu, entre 1981 et 2000. Il fallait donc filer chez nos voisins genevois pour tester un chouia de concurrence et aller goûter au BK couronné. Certains préférant cette seconde enseigne pour son petit goût de bidoche grillée par la flamme. Sans parler des fameux onion rings . En 1987, 24 heures consacrait trois pages et sa une au sujet, signalant au terme d’une semaine d’enquête l’irréductible résistance lausannoise aux fast-foods.

Cette époque est révolue. D’abord parce que les échoppes à hamburgers, comme celles à sushis d’ailleurs, se sont multipliées comme des petits pains. Parfois jusqu’à l’écœurement. Même si certaines alternatives artisanales ont eu le bon goût d’élargir la palette et de faire monter le produit en gamme. Séduisant jusqu’aux grands chefs dans les palaces.

Ensuite, BK couronné a désormais pignon sur Vaud. Il a même ouvert sans polémique à Nyon alors que grand M a dû renoncer à son projet du côté d’Epalinges. Mais les géants américains de la nourriture express restent encore et toujours un phénomène de société. Ils ont même fait leur entrée dans la politique française la semaine dernière. Au projet de BK couronné de remplacer le pub Charlie Birdy dans l’embourgeoisé XVe arrondissement de Paris, sur la rive gauche, a répondu la fronde de la droite au pouvoir. Pas tellement (ou pas seulement) pour des raisons écologiques. Rayon patrimoine, il fallait protéger la façade faubourienne de l’établissement. Mais surtout, dixit le maire Les Républicains Philippe Goujon: «Les restaurants rapides amènent une clientèle qu’on ne veut pas à cet endroit. Nous serons impitoyables, on sera sur votre dos en permanence.» Parfois, il vaudrait mieux retourner sept fois le steak haché dans sa bouche avant de l’ouvrir. (24 heures)

Créé: 10.03.2017, 22h27

Claude Ansermoz, rédacteur en chef adjoint

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