Finances
Des idées fortes pour l’avenir du foot et du hockey vaudois
Par Daniel Audétat. Mis à jour le 09.02.2012 9 Commentaires
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C’est une idée à couper le souffle. Comment faire pour assurer d’un même geste l’avenir du Lausanne-Sport et du Lausanne hockey club? En rachetant leur capital social par le biais d’une fondation associant l’Etat de Vaud, la ville de Lausanne et des milieux privés! Quatre à six millions suffiraient pour mener l’opération à bien, estime Stefan Nellen, qui défend ce programme.
Président du Team Vaud Foot Espoir (association qui encadre les jeunes talents du foot vaudois), ce libéral-radical bon teint a mis en forme sa recommandation avec deux calures de l’économie vaudoise. Pour l’heure, ces personnalités réputées préfèrent ne pas apparaître.
Printemps sportif
On peut les comprendre. Car leur projet bat des records d’audace. Une même enseigne basée sur le modèle économique du partenariat public-privé pour superviser le fonctionnement de deux clubs de disciplines différentes, c’est du jamais vu. Le plan a déjà été exposé à des conseillers d’Etat, aux responsables des sports de la ville de Lausanne. Et aux patrons du Lausanne-Sport (LS) et du Lausanne hockey club (LHC). L’accueil est qualifié de poli.
La suggestion de Stefan Nellen ne pouvait être écartée d’un revers de la main. Elle fait trop directement écho aux préoccupations immédiates de Jean-François Collet et Patrick de Preux, respectivement président du LS et du LHC. Tous deux resserrent déjà leur nœud de cravate. Car ces prochaines semaines seront marquées par une succession d’annonces décisives pour les installations et le financement de leurs clubs. Voyez plutôt leur agenda…
Grands projets dévoilés
Le 15 février, si tout va bien, la ville de Lausanne dévoilera le résultat du concours pour un nouveau stade de foot aux Prés-de-Vidy, à deux pas du lac. Le mois suivant, les dirigeants du LHC révéleront un imposant projet de rénovation de leur patinoire. Ils espèrent amorcer ainsi la réalisation du «Palais des Glaces» de Malley.
Mais il y a un problème. Ces beaux projets émergent alors que le bien-fondé de grandes réalisations romandes est durement mis en cause. A Neuchâtel, après la faillite du Tchétchène Bulat Chagaev et la relégation du Xamax, le stade emblématique de la Maladière ressemble à une baudruche percée. A Genève, les impayés de l’Iranien Majid Pishyar, président du Servette FC, ramènent aux tares du stade de la Praille, trop mal conçu pour être suffisamment rémunérateur.
Quel modèle économique?
Bien évidemment, ces péripéties jettent un froid du côté de Lausanne. Chef du Service des sports de la commune, Patrice Iseli n’en fait pas mystère: «Des investissements conséquents dans de nouveaux équipements ne peuvent être envisagés sans une réflexion approfondie sur l’organisation et le financement des clubs.»
L’interrogation peut se résumer en une formule: «La gouvernance sportive remise en cause! Quelles solutions pour quel avenir?» C’est très exactement l’intitulé du thème inscrit au programme du deuxième congrès SportCity, qui se tiendra les 27 et 28 mars dans le complexe de Beaulieu, à Lausanne.
Si la manifestation tombe à pic, ce n’est pas par hasard. Couvrant la Suisse romande et le Tessin, l’association SportCity a été fondée l’an dernier par des acteurs institutionnels très concernés. Parmi eux, les Services des sports, l’Association des patinoires artificielles et l’Association suisse des managers du sport (qui rassemble les dirigeants des clubs).
Iniquité culturelle
Stefan Nellen y trouvera l’occasion de développer son idée. Pour lui, tout part d’un constat: «Les pouvoirs publics investissent dans les infrastructures sportives, mais ne soutiennent pas le fonctionnement des clubs. Ceux-ci peinent pourtant à trouver des sponsors.»
Par leur dimension historique et médiatique, poursuit le président de Team Vaud, les deux clubs lausannois font partie du patrimoine cantonal: «En reprenant la moitié de leur capital, l’Etat de Vaud et la commune de Lausanne obtiendraient un accès sans restriction à la comptabilité des deux entités sportives. En découleraient des garanties de transparence et de pérennité, favorables à la venue de nouveaux sponsors.»
Au canton, les conseillers d’Etat Pascal Broulis, Philippe Leuba et feu Jean-Claude Mermoud ont été approchés l’an dernier déjà. L’entourage des ministres évoque des réactions mitigées. En fait, l’Etat n’imagine pas de se mêler des affaires d’un club sportif. Alors deux d’un coup…
Lui-même dubitatif, Jeff Collet est pourtant d’accord avec Stefan Nellen sur un point essentiel: «En échange d’un droit de regard financier, les pouvoirs publics devraient soutenir le sport en lui accordant des subventions significatives, comme cela se fait pour la culture.»
L’argent des jeunes
Au LHC, le libéral Patrick de Preux commence par refuser la participation d’un actionnariat public au capital de son club. «Mais je ne suis pas contre une fondation.» Pas contre du tout… En mars, il ne plaidera pas seulement pour la rénovation de Malley. Il proposera aussi une réorganisation des structures du LHC. Avec une priorité: la formation des jeunes. «Elle doit être menée à l’échelle du canton. Dans ce sens, nous allons créer une fondation, pour laquelle nous avons déjà obtenu une exonération fiscale.»
Une fondation vouée à la formation, c’est aussi un canal idéal pour réceptionner des subventions. Par ce biais, le LS touche près de 400?000?francs par année. Ces jours, Jeff Collet s’efforce d’associer le Xamax à la création d’une structure commune pour assurer la relève sur un plan élargi. «L’avenir de nos clubs est là», entonnent les deux présidents lausannois: «Alors que nous sommes reconnus comme d’excellents formateurs, nous avons perdu ces dernières années trop de jeunes talents.»
Pourtant, avec le temps, les jeunes talents peuvent rapporter gros à leur club d’origine. Et puis, des subventions pour la formation, c’est plus facile à obtenir des pouvoirs publics qu’une participation au capital. S’il y a un coup double que le LS et le LHC doivent réussir, c’est bien celui-là. (24 heures)
Créé: 09.02.2012, 22h14
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9 Commentaires
Quand on voit les subventions percues par certaines institutions culturelles d'importance dans des domaines concernant un public somme toute restreint, ce projet audacieux mérite au minimum d'être creusé. Répondre
L'état pourrait s'engager pour autant que le but final soit la formation et le développement des talents de la région. Je ne vois aucun intérêt à financer des clubs qui jouent la league des champions sans aucun joueur vaudois. Répondre


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