Ligue des champions: Pourquoi de tels naufrages?

FootballLe FC Barcelone puis Arsenal ont sombré en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions. Avis d’experts.

Arsenal a été balayé 5-1 par le Bayern Munich, mercredi. La veille, Barcelone avait été corrigé par le PSG 4-0.

Arsenal a été balayé 5-1 par le Bayern Munich, mercredi. La veille, Barcelone avait été corrigé par le PSG 4-0. Image: Keystone

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Deux équipes malmenées, larguées même, et pas n’importe lesquelles: le FC Barcelone, battu 4-0 mardi soir à Paris, puis Arsenal, assommé 5-1 mercredi à Munich, face au Bayern. Avec ces deux défaites-fleuves, la Ligue des champions a frappé les esprits pour sa première semaine de l’année 2017.

Les supporters sont dépités, la presse déchaînée. «Désastre», «naufrage», «humiliation», la liste est longue et pourrait d’ailleurs s’appliquer aux deux équipes. Barcelone est-il «mort à Paris»? s’interrogeait un quotidien catalan. «Ses jours sont comptés», souligne un titre anglais au sujet de l’entraîneur des Londoniens. Tous deux en fin de contrat, Luis Enrique et Arsène Wenger – après 21 ans de règne – laisseront vraisemblablement leur place en juin.

Equipe dominante et si séduisante depuis tant d’années, le Barça risque de terminer la saison sans titre majeur. Surtout, le club donne l’impression d’avoir perdu ce qui représentait son ADN, cette culture du jeu, cette spécificité technique qui faisait le régal de beaucoup d’amateurs. Quant à Arsenal, il n’en finit pas de courir après un palmarès qui refuse de s’étoffer.

Suiveurs toujours attentifs, Stéphane Henchoz et Pablo Iglesias donnent leur lecture de ces deux matches qui laissent planer une grosse incertitude sur le proche avenir de deux clubs phares du continent.

Bayern - Arsenal 5-1


– Stéphane Henchoz, comment juger la prestation d’Arsenal?
– Jusqu’à la mi-temps, même si le Bayern dominait, ce qui est normal quand tu joues à Munich, c’était globalement pas trop mal, avec un résultat favorable. Ensuite, on a assisté à un naufrage. Prendre trois buts en dix minutes, à ce niveau, c’est impensable. Depuis quelque temps, même en championnat, Arsenal n’est pas bon. Là, l’équipe s’est montrée incapable d’élever le niveau de son jeu. Et la punition est tombée.

– Le coach semble en bout de course…
– Cette situation amène de l’incertitude, dans le club en général et pour l’avenir des joueurs. Que l’entraîneur soit discuté depuis si longtemps n’est pas bon.

– Les transferts insuffisants…
– C’est le même thème depuis des années. Avant, Arsenal avait à la fois la classe et l’impact physique. Là, le club a engagé beaucoup d’éléments qui possèdent le même profil, des petits gabarits qui bien sûr jouent bien, mais qui ne sont pas suffisants sur le plan athlétique. Or, le droit de jouer au ballon, il faut d’abord le gagner. Quand tu vas à Stoke ou à Sunderland, tu te fais rentrer dedans. Et, au lieu d’en tirer les conséquences, Wenger fait généralement la pleureuse. D’ailleurs, je me demande bien comment il a analysé ses échecs à répétition. Il aurait dû renforcer son axe, soit ses deux centraux et ses deux milieux axiaux. Wenger a dirigé Arsenal durant vingt ans, c’est exceptionnel. Mais ses dernières saisons laisseront à coup sûr un goût d’inachevé.

PSG - Barcelone 4-0


– Pablo Iglesias, comment juger la prestation du FC Barcelone?
– Il faut tout de même relever la performance des Parisiens, avec beaucoup d’intensité et une interprétation collective de haut rang. Après, c’est vrai, nous avons assisté à une déroute inattendue du Barça, même si on sent que ça décline gentiment depuis deux ans. Le trio offensif masquait un peu cela, mais il faut bien admettre que la proposition de jeu n’est plus la même, l’identité n’est plus aussi forte que durant la période Guardiola. Dans cette équipe, le cœur du jeu ne se situe plus au milieu, mais devant. On voit ainsi une équipe qui perd son équilibre. En Ligue des champions, l’effort – durée, intensité, répétitions – est multiplié par trois par rapport au championnat. Aujourd’hui, si une équipe ose aller chercher les Catalans, leur imposer le combat physique, il n’y a pas besoin d’être le PSG pour les inquiéter. Cela dit, attention au lion blessé au retour, dans sa cage du Camp Nou!

– Le coach semble en bout de course…
– Il vit sa troisième saison à la tête de l’équipe, une étape particulière. Soit tu changes cinq ou six joueurs pour permettre à ton message de se renouveler, soit tu pars. Le style n’est plus celui qu’aiment les socios. Les rotations sont nombreuses. Luis Enrique me semble emprunté sur son banc.

– Les transferts insuffisants…
– La campagne est très discutable. Le coach en est par exemple réduit à mettre Sergi Roberto au poste de latéral. Et la passerelle avec la Masia (ndlr: le centre de formation) n’est plus aussi ouverte… (24 heures)

Créé: 16.02.2017, 22h07

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