Tessa Worley, qui adore tricoter, a confectionné deux manches en or

Mondiaux de ski alpin à Saint-Moritz Quatre ans après son titre à Schladming, la Française est à nouveau devenue championne du monde de géant.

Tessa Worley, la «Puce» du Grand Bornand, a remporté le géant des Mondiaux.

Tessa Worley, la «Puce» du Grand Bornand, a remporté le géant des Mondiaux. Image: REUTERS

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Comme Beat Feuz, après avoir annoncé la couleur, c’est tout un pays qu’elle portait sur le dos. Mais comme le Suisse lors de la descente de dimanche, Tessa Worley a fait fi de cette grosse pression sur ses solides épaules. Ella a assumé avec maestria son rôle d’immense favorite. La «Puce» du Grand Bornand, malgré sa petite taille (157 cm), dompte les géants. Elle a décroché, à Saint-Moritz, son deuxième titre de championne du monde dans la discipline, quatre ans après sa première médaille d’or à Schladming.

«Cela n’a pas été évident à gérer, avoue la lauréate. Tout le monde me voyait gagner. Moi aussi, remarquez, car au vu de mes résultats de l’hiver, j’avais de grosses attentes. Je savais que je pouvais être la meilleure et je suis fière d’avoir été à la hauteur», se réjouit-elle. Son expérience a été son alliée dans les Grisons, où elle a déjà obtenu la consécration mardi par équipe. «Là, j’ai envie d’exploser, de partager mon bonheur avec tout le monde, c’est comme une sorte de plénitude!»

Comme Vreni Schneider

La Haut-Savoyarde adore, à l’instar de Vreni Schneider à l’époque, tricoter des pullovers. Et comme la Glaronnaise il y a une vingtaine d’années, elle sait faire briller ses aiguilles avec grâce entre les piquets. Elle n’a connu qu’une petite maille à l’envers dans les deux manches qu’elle a confectionné avec dextérité. «Sur le second parcours, j’ai commis un petit écart sur le haut et j’ai vraiment eu chaud, reconnaît la skieuse tricolore. Mais je suis tout de suite parvenue à me ressaisir en me disant simplement qu’il fallait que je profite de l’instant présent.» Carpe diem, c’est sa devise.

Elle a décroché hier son septième podium d’affilée (quatrième victoire), son plus beau depuis bien longtemps. Dans cette spécialité qu’elle maîtrise à la perfection, elle a retrouvé cette saison son habit de lumière et sa combinaison gagnante. Cela devrait lui valoir aussi du cristal lors des finales à Aspen.

Avant de renaître à l’ambition, il lui a fallu soigner, notamment, une rupture du ligament croisé le 17 décembre 2013 à Courchevel, survenue deux jours après une victoire ici même sur cette piste de l’Engiadina, sa deuxième après celle de 2010.

«Durant toute cette période de disette, il y a eu des doutes, nous confiait-elle, en décembre à Val d’Isère. Mais jamais de découragement, dans la mesure où j’ai toujours eu la volonté de revenir. Avec les coaches, on n’était sûr de rien, mais il m’a manqué parfois cette confiance que j’ai retrouvée au bon moment. J’espère maintenant en profiter.»

A 27 ans, cette fille aux origines australiennes et qui a grandi en Nouvelle-Zélande se sent aujourd’hui plus légère, presque intouchable. «J’arrive à skier en prenant beaucoup de plaisir tout en ayant la volonté de progresser et d’être toujours la meilleure. C’est grisant. Je sais qu’avec cet engagement je suis capable d’être devant. Mais je n’ai pas énormément de marge; à chaque course on repart de zéro.» Le talent ne vaut rien sans le travail, elle le sait.

«Tous les feux au vert»

«Je suis arrivée ici avec une grosse confiance. Tous les feux étaient au vert, tant physiquement que techniquement, pour le jour J», renchérit Tessa Worley. Elle avait mis toutes les chances de son côté pour gravir ce nouveau sommet d’une carrière qu’elle espère bien couronner encore d’or l’an prochain en Corée du Sud: le titre olympique est le seul qui manque encore à la fiancée de Julien Lizeroux.

Quand elle parvient à exprimer tout son potentiel comme ce jeudi, personne ne peut la suivre. Même l’Américaine Mikaela Shiffrin a dû tirer sa révérence, se contentant de l’argent, sa première récompense dans cette discipline. Une première également pour l’Italienne Sofia Goggia, si heureuse de récolter du bronze. C’était aussi la première médaille pour l’Italie. Elle aussi avait de la pression…


Murisier veut le podium

Il avait fait du combiné son premier gros objectif de ces Mondiaux. Mais Justin Murisier a dû se contenter du sixième rang. Un résultat qui l’avait fortement agacé: «C’était une grosse déception, mais c’est déjà oublié, loin derrière. Avec mes blessures, j’ai appris à relativiser. Je suis concentré sur le géant, où il y a moyen de faire quelque chose», assure le Valaisan, qui se remet d’une petite grippe.

Le Bagnard se dit prêt à mettre les gaz dès le départ: «Il ne faudra pas être dans le milieu du paquet dès la première manche parce qu’il va faire chaud en deuxième et la piste va se dégrader, renchérit Justin. Si tu es 15e, tu n’as plus de chances. Tu dois être devant avec un peu d’avance ou tu te mets 25 ou 30e pour avoir une bonne piste sur le second tracé. J’espère juste que ce géant ne se jouera pas sur un coup de dés et que la piste tiendra. Car ici je pars pour jouer tout devant, pas avec un autre état d’esprit. J’ai misé gros sur cette course, pour être en forme le jour J.»

Pour Justin Murisier, «même s’il y a toujours des surprises», il y a une dizaine de candidats qui vont se battre, derrière Alexis Pinturault et Marcel Hirscher, pour la dernière place sur le podium. «J’espère que ce sera moi car je n’ai pas envie d’offrir des cadeaux à qui que ce soit et je pense vraiment que j’ai la capacité de le faire.»

Le Neuchâtelois Florian Lorimier, qui a longtemps été le préparateur physique de Didier Cuche, s’occupe depuis deux saisons du Valaisan: «C’est vraiment un bosseur, fonceur, exigeant, qui vient du Val de Bagne trois à quatre fois par semaine à Neuchâtel. Il est toujours disposé à souffrir et faire ce qu’il faut pour que ça fonctionne.»

L’ex-complice de Cuche a «récupéré» Justin Murisier après ses deux opérations à un genou: «Il était un peu désespéré physiquement et n’arrivait plus à faire face aux exigences du sport de compétition de haut niveau. Pour l’instant on est encore dans une phase où on recherche l’équilibre pour qu’il ait moins de douleur. Le travail purement physique, où on peut vraiment chercher la performance, ça viendra plus tard.» En attendant, il le verrait bien sur le podium aujourd’hui. C.MA. (24 heures)

Créé: 16.02.2017, 22h10

Simone Wild a rêvé puis craqué…

Cinquième après la première manche à 49 centièmes de Mikaela Shiffrin, alors 3e, Simone Wild a rêvé durant quelques instants d’un podium inespéré. Mais la Zurichoise de 23 ans n’a finalement pas offert la septième médaille aux Helvètes. La jeune skieuse de Flumserberg, 7e cette saison à Sestrières, a craqué sur le second tracé. Elle a glissé au 14e rang. Orpheline de Lara Gut, blessée, la Suisse a dû finalement se satisfaire de la 13e place de Mélanie Meillard (18 ans), qui n’était que 21e le matin. «J’avais été un peu trop prudente en première manche, alors j’ai décidé d’y aller plus franchement, de tendre davantage mes lignes. Cela a fonctionné et j’en suis ravie», a-t-elle raconté. On la reverra samedi dans le slalom.

Camille Rast (17 ans), qui aurait dû «se montrer plus fine sur cette neige», a terminé 28e. C.MA.

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