La Une | Samedi 19 avril 2014 | Dernière mise à jour 11:10
Super League

Adilson Cabral revient en jeune papa jouer «chez lui» à Lausanne

Par Philippe Dubath. Mis à jour le 16.02.2013

Trois fois champion avec le FC Bâle, qui sera à Lausanne dimanche, l’ex-junior d’Etoile Broye et du LS explique comment il a changé.

Image: Philippe Dubath

Mots-clés

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Adilson Cabral est au rendez-vous. Il avait proposé 11 h 45 à la gare de Bâle, il est là. Sourire, poignée de main. On monte dans sa voiture, on file vers le Parc Saint-Jacques, il se gare au sous-sol, on passe quelques portes et nous voilà attablés au self-service. Salade et poulet grillé.

Dimanche, sauf événement, il sera sur la pelouse de la Pontaise, maillot numéro 24 du FC Bâle sur le dos, pour disputer son dix-neuvième match de la saison en championnat de Suisse. Forcément, à l’heure de ce retour à Lausanne, la première chose qu’on évoque avec l’ancien attaquant junior du FC Etoile-Broye, enfant de Moudon (ndlr: il y est arrivé du Cap Vert à l’âge de sept mois), ancien du Lausanne-Sport, c’est sa vie dans le canton de Vaud. Il précise tout de suite qu’il y est devenu propriétaire d’un appartement, histoire d’être bien quand il vient par ici avec son petit Dixon, sept mois, et Nora, la maman, sa compagne, celle à qui il doit beaucoup. «Dans ma vie, j’ai eu de la chance, j’ai croisé de bonnes personnes qui ont pris soin de moi, qui m’ont protégé à des moments décisifs.»

Cabral commence par évoquer son père, Domingo: «Pour mes 18 ans, il m’a fait un supercadeau. Il m’a dit tu es majeur, à partir de maintenant tu paies ton assurance-maladie.» Adilson sourit, entre l’amertume de ce temps-là, qui revient un peu, et la reconnaissance: «Il avait raison! Quand on est jeune et qu’on a trois sous, on ne sait pas se retenir de dépenser, on achète n’importe quoi!» Puis il parle de Maria, sa maman: «Il était question, à 15 ans, que je rejoigne un centre de formation des jeunes espoirs. Elle a refusé, elle m’a dit tu n’as pas besoin de ça, si tu dois être footballeur, tu le seras sans ça! Elle aussi avait raison.» «J’ai pleuré de solitude»

Finalement, après les juniors et deux saisons au Lausanne-Sport en Challenge League, Cabral avait signé au FC Bâle l’année de ses 19 ans, cédant aux appels empressés de Christian Gross. Mais il joua assez peu. Et quand Séville s’intéressa à lui, il décida de tenter l’aventure. «Cette année en Espagne m’a changé. Avant de partir, j’avais tendance à faire la foire, je ne savais pas trop ce qu’était l’hygiène de vie; c’était les sorties, les copains, les excuses bidon pour rater un entraînement. Mais quand t’es jeune et que t’as de l’argent… Je ne savais rien faire. Ma lessive, je l’amenais chez ma mère, à Moudon. A Séville, je me suis retrouvé seul dans un pays qui vivait football, qui respirait football. Quand je rentrais dans mon studio, je disais hello, et la seule réponse que j’entendais, c’était l’écho de ma voix. J’étais seul à un point que j’en ai pleuré. Mais j’ai pigé que si je voulais réussir, je devais vivre le football comme une religion.»

Quand il regarde sa jeunesse, lui qui n’aura que 25 ans en octobre, Cabral ne se cache rien. «Le foot m’a sauvé la vie, j’aurais pu mal tourner. Séville m’a changé, mais c’est grâce aussi à Nora, que j’avais rencontrée peu avant de partir. Elle est venue me voir là-bas autant que possible. Je lui dois beaucoup, elle m’a apaisé, avant elle j’étais perdu. Elle a de l’ambition pour sa vie, pour la mienne. Quand je l’ai rencontrée, elle ne savait pas ce qu’était le foot, ou presque. Ni que je jouais. Elle croyait que je jouais au foot comme tout le monde, entre copains. Elle ne m’a pas choisi pour mon image. Je sais aussi ce que je dois à des potes, ici, qui ont veillé sur moi, qui me disaient de rentrer à la maison plutôt que de rester pour fumer un pétard ou boire des verres.»

«Ses mains tatouées là!»

À table, quand Adilson remonte les manches de son pull, on découvre un bras droit tapissé de tatouages serrés les uns contre les autres. «Les prénoms de mon père, de ma mère, de mon frère, de ma sœur, et de deux cousins.» Sur l’autre bras, c’est un secret. Et Dixon? «J’ai fait prendre l’empreinte de ses mains quand il avait quatre mois. Elles seront tatouées là, sur ma poitrine!»

Dixon et la famille, c’est sacré pour le Cabral d’aujourd’hui. Un vrai pro qui, après avoir vécu trois titres de champion et deux victoires en Coupe de Suisse, regardera peut-être ailleurs. «Si je quitte Bâle, j’irai dans un endroit où la vie sera agréable pour Nora et Dixon. Mon contrat finit en juin, j’ai des offres, mais je réfléchis, avec mon agent et avec mon conseiller, mon ami de toujours, Marco. Une de ces bonnes personnes qui font que ma vie est ce qu’elle est.» (24 heures)

Créé: 16.02.2013, 14h42

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Aucun commentaire pour le moment

Sondage

Mondial 2014: la Suisse a-t-elle une chance de passer en huitièmes de finale?




Le sport en images