Federer contre Wawrinka: possible bataille pour un trône

Tennis Au sortir d’Indian Wells, la place de No 1 ATP devient un sujet brûlant pour les deux Suisses

Image: EPA

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Il a toujours été en avance sur son temps, mais c’est par-delà un retour vers le futur que Roger Federer risque fort de prendre tout le monde à contre-pied. Non, l’Open d’Australie n’était pas qu’un «one-shot» pour le Bâlois, encore moins son chant du cygne. Le tournoi d’Indian Wells, conquis avec maestria dimanche contre Stan Wawrinka (6-4, 7-5), n’a fait que confirmer le retour au sommet de son art du «Maître», qui distille à nouveau sa magie comme dans ses plus belles années. Comme en 2006, en fait, dernière saison où il s’était à la fois imposé à Melbourne et en Californie. «Roger joue son meilleur tennis à 35 ans passés, loue son compatriote. Dans cette finale, il a eu réponse à tout. Il collait à sa ligne, il envoyait lourd des deux côtés…»

Léger, aérien, offensif, le désormais No 6 mondial plane tellement sur le court que tout semble dorénavant possible, avec lui. Même l’impossible, qui voudrait qu’il retrouve un jour la place qui était la sienne tout en haut du classement ATP, sur «son» perchoir. Ajoutés à sa classe naturelle et au fait qu’il n’a quasi aucun point à défendre jusqu’au mois de novembre, les pépins physiques récemment contractés par Novak Djokovic et Andy Murray donnent encore davantage d’épaisseur à l’idée que le trône n’a plus rien d’une utopie pour le «vétéran». Lui-même, qui n’avait jusqu’alors que pour espoir de figurer parmi les huit meilleurs joueurs de la planète avant de débarquer à Wimbledon, reconnaît devoir revoir ses plans. «Je vais me pencher sur mon calendrier et réfléchir à ce que je veux faire durant la saison sur terre battue.»

Ne pas sacrifier le plaisir

Sans doute «RF» se présentera-t-il à Roland-Garros en ayant au préalable disputé le tournoi de Madrid, qui lui convient mieux que Rome, mais il ne devrait pas tout chambouler non plus. Ses vraies priorités demeurant de pouvoir flamber à «Wimb» et à l’US Open. Peut-être aussi parce qu’il est conscient que la quête d’une 19e couronne en Grand Chelem pourrait justement l’aider à ajouter une (ou plusieurs) semaine(s) aux 302 qu’il a déjà passées sur le toit du tennis. «Mais très franchement, le classement me paraît secondaire aujourd’hui», concède-t-il.

Simplement heureux de s’être montré aussi solide dans le désert californien (aucun set perdu), Federer – large leader du classement de la Race – ne veut pas tirer de plans sur la comète, mais bien jouir du moment présent. Pour deux raisons. Primo car il a toujours insisté sur le fait qu’il n’avait aucune idée de comment son corps allait réagir à la répétition des efforts. Deuzio car après être revenu sur le circuit avec une légèreté d’esprit et une fraîcheur de gamin, il refuse de «sacrifier» cette insouciance pour devoir renouer avec la pression et se remettre à courir derrière les points avec la perspective de perdre le plaisir qui est le sien désormais.

La chance de Stan

«Mais ce qui est positif pour Roger, c’est qu’il est en avance sur tous les temps de passage qu’il s’était fixés, note l’ex-No 1 mondial de double Todd Woodbridge. Il n’aurait jamais imaginé pouvoir se poser la question de se retrouver seul au sommet. Tout est bénéfique pour lui. Tellement que je crois qu’il peut le faire.» Reste que bien qu’il ne faille surtout pas enterrer «Djoko» et «Muzza», Federer risque de se retrouver en bataille ces prochains mois avec un contradicteur quelque peu inattendu sur la route pouvant potentiellement le ramener vers le trône: Stan Wawrinka.

Et pour cause, l’actuel No 3 mondial n’avait, l’an dernier entre Miami et Cincinnati, compilé que 1755 unités ATP, pendant que le Serbe et l’Ecossais raflaient quasi tout sur leur passage. Autant dire que s’il poursuit sur la lancée qui est la sienne, notamment en signant une tournée sur terre battue plus faste que la précédente en Masters 1000, «Stanimal» a également un vrai coup à jouer d’ici à l’US Open. S’il n’a jamais rêvé d’une telle position, l’homme aux trois titres du Grand Chelem ne peut en revanche cacher avoir un appétit grandissant. «J’en veux toujours plus, assurait-il en quittant Indian Wells. Et pour moi qui file vers mes 32 ans (ndlr: la semaine prochaine), voir le niveau qu’affiche Roger est encourageant.»

Voilà qui augure encore de belles batailles entre les deux hommes. Dont celle pour le siège suprême?

(24 heures)

Créé: 20.03.2017, 17h55

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