Jonas Junland, leader mental et technique du LHC

Hockey sur glaceLe Suédois joue un rôle énorme dans la progression des Lions, cette saison. Portrait avant la réception de Zoug, vendredi soir à Malley.

Derrière les airs d’ours que peut parfois avoir Jonas Junland sur la glace se cache un leader charismatique.

Derrière les airs d’ours que peut parfois avoir Jonas Junland sur la glace se cache un leader charismatique. Image: VANESSA CARDOSO

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Nous sommes au soir du 8 octobre 2016, dans les travées de la Tissot Arena de Bienne, et le LHC vient d’enregistrer une troisième défaite consécutive (5-3). Une voix s’élève dans le vestiaire des Lions; celle de Jonas Junland. A Lausanne depuis à peine trois mois, le Suédois tape déjà du poing sur la table.

La scène ne demeurera pas unique dans la saison vaudoise. «Quand il n’est pas content, il nous le fait savoir, raconte son partenaire en défense, Valentin Borlat. Mais il est aussi le premier à nous dire de garder la tête haute lorsque l’on perd après avoir livré un bon match, comme ce fut récemment le cas sur la glace de Zoug (ndlr: 3-2, le 24 janvier). Jonas, c’est tout simplement quelqu’un qui dit ce qu’il pense.» Un homme honnête, en quelque sorte. «Peut-être trop, parfois, se marre le principal intéressé. En fait, j’essaie d’être moi-même. Tant mieux si ça fait de moi un leader.» Un leader naturel.

Ce n’est en tout cas pas Rikard Franzén, entraîneur-assistant du LHC, qui affirmera le contraire. «Il a ça en lui, lâche le technicien suédois. Reste qu’il n’est pas seulement leader par ses paroles. A vrai dire, il l’est surtout par ses actes. Jonas est très professionnel, il se remet sans cesse en question, il cherche des moyens de progresser mais également de faire progresser ses coéquipiers, en les conseillant. Et puis, il est le premier à se coucher devant les tirs adverses, à finir ses charges. Il s’implique totalement, que ce soit sur la glace ou en dehors. En fin de compte, il montre toujours le bon exemple.»

Force tranquille et vista

Si le directeur sportif des Lions, Jan Alston, est allé chercher le défenseur de 29 ans, l’été passé, c’est notamment en raison de son état d’esprit. Le LHC avait besoin d’un commandant supplémentaire dans son vestiaire. Le voilà servi. Jonas Junland agit en véritable catalyseur des Lausannois. Sur le plan mental, donc, mais aussi au niveau technique.

Le joueur drafté en 2006 par les Saint-Louis Blues (NHL) justifie d’ailleurs pleinement le choix de Jan Alston de se priver d’un attaquant étranger pour privilégier le recrutement d’un défenseur importé cette saison. Rampe de lancement des offensives vaudoises, le Suédois s’inscrit parfaitement dans le système de Dan Ratushny, fait – avec le puck – de possession et de projection en bloc vers l’avant. Pierre angulaire du power play des Lions, Junland dispose sans surprise du plus gros temps de jeu de l’équipe (24’02 en moyenne). Il le rend bien en faisant parler son sens du collectif (aucun défenseur n’a distribué davantage d’assists que lui en LNA: 30) et sa science du jeu, grâce à une force tranquille et une vista impressionnantes.

Alchimie à retrouver

«Qu’il soit sous pression ou non, il garde le contrôle, ne panique jamais. Il est en maîtrise totale, souligne Valentin Borlat. Jonas est tellement facile avec la rondelle!» Mais pas que… «Parce qu’il est excellent offensivement, les gens ont tendance à ne pas voir ses qualités défensives. Or, faites-moi confiance, il est incroyablement solide (1,88 m, 90 kg)», commente le Davosien Daniel Rahimi, coéquipier du No 45 de Malley lors des trois derniers exercices, sous les couleurs de Linköping, en Suède. «Il parvient même à nous transmettre sa sérénité, son assurance. C’est une grosse source d’inspiration», poursuit Borlat. A Rahimi l’éloge finale: «Je ne connais pas de mec avec qui il soit plus facile de jouer.»

L’influence mentale et technique de Jonas Junland sur le LHC n’est plus à prouver. Reste à retrouver l’alchimie, après une série de six défaites en sept matches. Car les play-off approchent. (24 heures)

Créé: 17.02.2017, 08h47

Le mystère de la barbe rousse

Il y a Jonas Junland le joueur: un travailleur, qui se remet sans arrêt en question. Et il y a Jonas Junland le père de famille: «un gars paresseux», selon ses dires. En dehors du hockey, le Suédois déconnecte. «Je dépense suffisamment d’énergie avec mon sport, lâche-t-il. Alors, quand je rentre chez moi, à Morges, je me relaxe et je passe du temps avec ma femme et ma fille. On se balade avec nos deux chiens, on profite de la vie, sans se prendre la tête, parce qu’on ne vit qu’une fois et que ça aide à ne pas penser au hockey.»

A Malley, où il est sous contrat jusqu’au printemps 2018, un mot revient inlassablement lorsque l’on interroge les employés du club au sujet de Junland: «gentil». «C’est un super-type, qui a toujours une attention pour tout le monde, appuie Daniel Rahimi, qui l’a côtoyé trois ans à Linköping. Et puis, il est très drôle!»

Pour faire rigoler, le défenseur du LHC a d’ailleurs un sacré atout: sa barbe rousse. «Je la travaille, je la modifie et ça fait marrer le vestiaire parce qu’elle ressemble souvent à rien. C’est un moyen comme un autre d’amener de l’ambiance dans le groupe, chose à mon sens fondamentale. Une équipe a besoin de coups de gueule et de moments de soutien, mais elle a aussi besoin d’un environnement bon enfant, fun. Si je peux y contribuer avec ma barbe, c’est cool.»

Le charismatique Jonas Junland prévoit-il une coupe spéciale pour les play-off? «J’ai des idées, en effet. Mais le truc, c’est que j’aime bien garder une part de mystère autour de cette barbe. Je ne dirai rien. Vous verrez en mars!» J.R.

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