Fanny Smith fait école pour que la relève suive

SkicrossLa championne du monde profite de sa «saison blanche» pour développer son Academy.

Au sein de son Academy, Fanny Smith distille ses conseils à de jeunes talents évoluant en Coupe d’Europe et au niveau FIS

Au sein de son Academy, Fanny Smith distille ses conseils à de jeunes talents évoluant en Coupe d’Europe et au niveau FIS Image: Chantal Dervey

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«Mets-toi ce départ dans la tête, visualise-le bien. Concentre-toi!» En français, en anglais aussi – il faut bien que tous les jeunes talents de sa très internationale Academy puissent en profiter –, Fanny Smith (23 ans) distille ses conseils dans l’aire de départ du parcours de skicross de Morgins. Avec le même tempérament qu’elle déployait sur les pistes de Coupe du monde avant son accident du 4 décembre dernier (fracture de la clavicule gauche). Français, Slovènes, Russes, Finlandais, Suisses, bien sûr, ou encore Mexicains ou Chiliens, ils étaient une douzaine, hier matin, à exercer le départ sur un parcours des Bochasses qui, cette fin de semaine, accueillera les championnats de Suisse. En lançant, voilà deux ans, la Fanny Smith Academy, la Villardoue et son coach de toujours, Guillaume Nantermod, ont fait œuvre de pionniers. «Il n’existe pas, à ma connaissance, d’autres structures privées du genre pour le skicross», souligne l’entraîneur. «Nous sommes les seuls à offrir un tel niveau d’encadrement, précise la championne. Aux commandes, nous avons de vrais pros: Guil­laume a été champion du monde (ndlr: de snowboardcross en 2001) et Xavier Jordan, le deuxième entraîneur, a lui aussi une grosse expé­rience dans le freestyle (ndlr: plusieurs podiums en Coupe du monde de boardercross et six partici­pations à l’Xtreme de Verbier).»

Dans une discipline aussi technique et spécifique que le skicross, l’encadrement est primordial, Fanny Smith le sait bien. «En fait, si nous avons créé cette Academy, c’est pour offrir aux jeunes la structure dont j’aurais aimé disposer à leur âge, explique-t-elle. Quand je me suis mise au skicross, à 14 ans, il n’y avait rien. Et il n’existe toujours pas grand-chose, au niveau de Swiss-Ski et des associations régionales, pour des jeunes de cet âge. Si mon père ne s’était pas investi à fond dans l’aventure, si nous n’avions pas eu la chance de tomber sur Guillaume, puis de bénéficier très tôt du soutien de quelques sponsors, jamais je n’aurais pu percer dans ce sport.»

Xavier Jordan n’hésite pas à parler de la Suisse comme de «la Tchétchénie du skicross» pour ce qui est de la formation. «Ce n’est pas un hasard si les Français sont aujourd’hui les meilleurs dans ce sport; leurs jeunes sont encadrés dès l’âge de 10 ans. C’est le cas aussi dans des pays comme l’Autriche et l’Allemagne.» En Suisse, la pyramide du skicross se résume à son sommet: «Nous avons une équipe nationale et un cadre B, puis, en dessous… quasi plus rien, constate l’entraîneur de la Fanny Smith Academy. Non seulement la fédération et les associations régionales ne font rien, ou si peu, pour former nos jeunes au skicross, mais elles découragent même les alpins à s’y essayer.»

Le prix à payer

Avec ses quelque 80 jours d’activité par année, dont une moitié de préparation d’avant-saison, la très privée Fanny Smith Academy vient donc combler une lacune, au moins partiellement. Pour Lena Florey, 17 ans, elle a constitué une «planche de salut» lorsqu’elle s’est retrouvée en manque de résultats chez les alpins. Invitée dans un premier temps à quitter le Centre national de performance (NLZ) de Brigue, la jeune Chablaisienne peut finalement continuer à y concilier sport et études grâce à son passage au skicross. Et à la confiance dont jouit la Fanny Smith Academy auprès des instances du ski. La poursuite de l’aventure a cependant un prix: «Du fait qu’il a fallu se tourner vers une structure privée, une saison est plus onéreuse qu’en alpin. Celle-ci va nous coûter entre 25?000 et 30?000 francs», explique Alain Florey, le père de la jeune espoir.

Quand on lui demande qu’elle est son ambition pour la Fanny Smith Academy, la réponse de la championne éponyme fuse: «Notre but premier, c’est de développer notre sport en Suisse.» Dans son action auprès de la relève, la médail­lée d’or mondiale et vainqueur de la Coupe du monde 2013 n’oublie cependant pas qu’elle est d’abord une athlète. «Entre les sollicitations de mes sponsors et la formation de personal trainer que je suis à l’UNIL, je n’ai pas le temps de m’ennuyer, mais j’ai quand même hâte de me remettre à l’entraînement, explique-t-elle. Pour l’instant, je n’ai pas le droit de lever mon bras gauche à plus de 90 degrés. Quand on aura ôté la plaque, la vis et les crochets qui encombrent ma clavicule (ndlr: opération prévue le 14 mars), je pourrai enfin me mettre sérieusement à la rééducation. En début de saison prochaine, je serai prête.»

(24 heures)

Créé: 03.03.2016, 09h27

Skicross Tour à Morgins

Spectacle garanti, ce prochain week-end, sur le Skicross Parc permanent des Bochasses,à Morgins. Engagés demain à Arosa dans la finale de la Coupe du monde (en direct dès 11?h?45 sur SRF 2), tous les meilleurs Suisses feront en effet le?déplacement de la station chablaisienne, où la Vaudoise Zoé Cheli et l’Appenzellois Marc Bischofberger défendront leurs titres dimanche. Ces championnats de?Suisse seront précédés, samedi, d’une course FIS. Ces?épreuves seront toutes deux combinées à une compétition Open (dès 16?ans).

Samedi 5 mars
11?h?30 Courses FIS et Open

Dimanche 6 mars
11?h Championnats de Suisse et course Open

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