Stefan Küng: «Froome c’est le maître, les autres les apprentis»

CyclismeNéophyte sur le Tour, le Thurgovien dit les sentiments qui l’animent et son ambition pour le chrono de Marseille.

Stefan Küng découvre le Tour de l’intérieur. «Ce n’est pas qu’une course, c’est une fête, un événement, une institution.»

Stefan Küng découvre le Tour de l’intérieur. «Ce n’est pas qu’une course, c’est une fête, un événement, une institution.» Image: Reuters

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«Une victoire d’étape? Bien sûr que j’y pense. Sinon je ne serais pas en train de manger un yaourt avec des fruits, mais un bon gâteau au chocolat!» Stefan Küng a le sens de la répartie. Le Thurgovien nous est apparu tel qu’en lui-même à l’interview au bord de la piscine à son hôtel à Andrézieux-Bouthéon, où il a goûté lundi à une journée de repos bien méritée. Entre la poire et le fromage, le coureur de la BMC (23 ans) a partagé quelques tranches de ce Tour qu’il découvre.

A l’époque, Cadel Evans disait que le bruit assourdissant du Tour le poursuivait sans cesse. Au moment de fermer les yeux pour s’endormir, le maillot jaune australien l’entendait encore bruisser dans ses oreilles. Küng rit à cette évocation. «Il y a tellement de cris et de coups de klaxon, qu’à la fin du Tour je serai peut-être sourd! Le Tour ce n’est pas qu’une course, c’est une fête, un événement, une institution.»

L’intéressé appréhende la dernière semaine du Tour avec confiance. «Je me sens mieux que la semaine passée, pendant laquelle j’avais souffert d’un petit refroidissement. Et il est vrai que je récupère très bien. Je dors presque dix heures par nuit. Le sommeil est essentiel sur le Tour où l’on se met tous les jours dans le rouge.»

Pour évacuer le stress et la pression ambiants, Küng s’échappe par la lecture. «Je sors du Tour en bouquinant, tout le temps. Le matin avant le petit-déjeuner. Pendant les transferts en bus. Avant et après le massage. Sur Twitter et Instagram, il n’est question que du Tour. Quand je lis – j’en suis à mon sixième roman – je laisse tout derrière et je sais que demain est un autre jour. La pratique du yoga m’a permis de prendre conscience de mon corps, de réaliser que le mental est aussi important que le physique pour l’équilibre.»

S’agissant d’équilibre, on pense à Richie Porte, son coéquipier et leader, qui a perdu le sien et est allé à la faute dans la descente du Mont du Chat. «J’ai vu une fois les images de sa chute, pas deux. Ça fait trop mal. Ça fait partie des risques du métier mais Richie est un ami et j’ai souffert avec lui. Heureusement, il va bientôt pouvoir remonter sur un vélo.»

S’agissant d’équilibre, précaire cette fois, le Tour version 2017 est loin d’être décanté. Küng plébiscite Froome: «J’ai l’impression que c’est le maître et les autres les apprentis. C’est la classe, il sait se préparer et tactiquement il a toujours un coup d’avance. J’apprécie aussi le calme et la maîtrise de Kittel dans les sprints. J’apprends beaucoup des autres. J’ai les yeux et les oreilles ouverts.»

Objectif le podium

L’étape de ce mardi à Romans-sur-Isère et celle de vendredi à Salon-de-Provence ne laissent pas indifférent le grand espoir du cyclisme suisse, 81e au classement. Il a montré dans les Pyrénées sa capacité à s’immiscer dans une échappée. Mais il a surtout coché le chrono de samedi à Marseille (22,5 km). «Le podium est un objectif. La fraîcheur sera déterminante. D’ici là, il ne faudra ni chuter ni tomber malade.» A Düsseldorf, dans le chrono initial de 14 km, Küng n’avait été battu que par Geraint Thomas. Maillot jaune pendant quatre jours, le Gallois a été contraint à l’abandon en raison d’une chute. «Le vainqueur prend toute la lumière. Personne ne s’intéresse au 2e.» Suivez son regard…

Ce Tour qu’il découvre de l’intérieur, Stefan Küng en avait eu un avant-goût en 2008. «A 15 ans, j’étais parti avec Guido Amrhein (ndlr: ancien pro chez Cilo) sur la route du Tour à vélo avec des affaires sur notre porte-bagages. Nous avions suivi quelques étapes, dont celles de Prato Nevoso et de l’Alpe-d’Huez.» En voilà un qui s’est forgé des souvenirs à coups de pédales. (24 heures)

Créé: 17.07.2017, 21h57

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