Stan Wawrinka essuie une véritable tempête

TennisLe Vaudois n’a jamais trouvé de solution au problème posé par Rafael Nadal, qui s’est imposé 6-2 6-3 6-1. L’Espagnol est ainsi sacré pour la 10e fois à Paris. Simplement énorme!

Stan Wawrinka n’a rien pu faire, dimanche face à Rafael Nadal.

Stan Wawrinka n’a rien pu faire, dimanche face à Rafael Nadal. Image: Reuters

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Stan Wawrinka n’a pas pu inverser le cours de l’histoire. A l’occasion de sa quatrième finale dans un tournoi du Grand Chelem, le Vaudois a essuyé une véritable tempête pour une défaite sans appel (6-2 6-3 6-1) qui dit l’immense supériorité, le caractère absolument intouchable de Rafael Nadal sur terre battue. L’Espagnol signe ainsi la fameuse «decima», autrement dit son 10e sacre sur le Central de la Porte d’Auteuil. «Ce que je ressens sur ce court est incomparable», assure-t-il. Et on le croit volontiers. L’an dernier, «Rafa» avait dû abandonner sur blessure (poignet). Il est revenu en 2017 avec la pleine possession de ses immenses moyens physiques, pour une saison sur terre invraisemblable: 10e titre à Monte-Carlo, 10e également à Barcelone, et enfin cette consécration à Paris.

En 25 parties disputées sur terre ce printemps, Nadal n’en a perdu qu’une seule, à Rome, face à Dominic Thiem. Mais il a très vite renvoyé le jeune insolent à son apprentissage, ne lui accordant que deux heures et quelques jeux (7) en demi-finale de Roland-Garros. Impatient, l’Autrichien avait pris une véritable leçon. Mais existe-t-il un seul plan de jeu susceptible de semer le trouble dans l’esprit du monstre de Manacor? Stan Wawrinka a retourné le problème dans tous les sens. Mais il n’est jamais parvenu à contrer son adversaire sur un coup droit littéralement stratosphérique. C’était l’une des clés pour une grande performance et on s’est très vite aperçu qu’elle ne ferait pas partie de son programme dominical.

Pas mieux que Thiem

Les chiffres sont souvent cruels. On s’aperçoit ainsi que Wawrinka, avec ses six jeux remportés, n’a finalement pas fait mieux que Thiem. L’expérience n’a donc joué aucun rôle dans cette confrontation qui n’a pas tenu ses promesses. Très vite, trop vite, le Suisse a baissé la tête. Il aurait fallu plus qu’un déclic, un véritable électrochoc pour que le match puisse vraiment avoir lieu. Mais toutes les certitudes rassemblées en dix victoires consécutives (Genève puis Paris) ont volé en éclats. Quelles que soient les initiatives de son adversaire, Nadal a trouvé la parade. Avec une seule balle de break sur toute la rencontre (6 occasions saisies sur 13 pour son adversaire), Wawrinka n’avait rien à espérer. Il n’est jamais parvenu à se libérer, ni sa tête, ni ses jambes, ni son bras pourtant si souvent magnifique.

Contrarié dans le jeu, frustré devant l’inanité de ses efforts, Stan Wawrinka en a mangé la balle, puis brisé une raquette. «Sers-toi de tes émotions et tu gagneras», aime-t-il répéter. Mais hier, la fracture était trop grande pour espérer, ne serait-ce qu’un instant, amener cette confrontation dans le bon sens.

L’émotion du clan Nadal

Dans le clan Nadal, l’émotion était perceptible. Il y a d’abord eu les larmes de Toni, l’oncle et l’entraîneur depuis si longtemps, qui prendra désormais ses distances. Et puis celles du joueur lui-même, revenu de si loin ces derniers mois. Et qu’un moment peut-être on avait pu croire perdu pour le tennis.

«Si j’ai parfois des doutes? Tous les jours! Et je crois que c’est plutôt sain, a-t-il souligné en conférence de presse. Ils te poussent vers l’humilité et le travail. Chaque semaine est différente et c’est aussi cela la beauté de ce sport. Je n’ai jamais eu l’arrogance de croire que je pourrais toujours être au top.»

A voir jouer ainsi Rafael Nadal, à se laisser surprendre encore par tant de puissance et d’ingéniosité sur un court très vite devenu trop grand pour ses adversaires, on imagine souvent bien mal la somme d’efforts et l’implication de chaque instant qui sont nécessaires pour atteindre un tel niveau.

Nadal, seul poursuivant de Federer

Aujourd’hui, avec ce nouveau succès majeur, l’Espagnol (31 ans) décroche son 15e titre en Grand Chelem. Il laisse derrière lui Pete Sampras (14) et devient le seul poursuivant de Roger Federer (18) dans la course aux plus grands honneurs. Il remonte aussi à la 2e place du classement ATP. La suite de la saison s’annonce décidément passionnante. (24 heures)

Créé: 11.06.2017, 21h36

«J’ai eu du mal à trouver la force de jouer mon meilleur tennis»

Déçu bien sûr, Stan Wawrinka tenait tout de même à souligner tout le positif qu’il convient de retirer de ces trois dernières semaines. Le Vaudois a également annoncé une collaboration avec Paul Annacone, qui fut notamment le coach de Pete Sampras et de Roger Federer. L’Américain sera présent aux tournois sur gazon du Queen’s, puis de Wimbledon.

- Pourquoi les choses se sont-elles aussi mal passées aujourd’hui?

- Rafa joue à son meilleur niveau. Et sur un match en cinq sets, cela représente un défi majeur. Je n’ai pas montré mon meilleur tennis. J’ai eu beaucoup d’hésitations. Cela part de la tête, tout est connecté. S’il y a hésitation, tu restes toujours entre deux et tu le paies cash contre de tels adversaires. C’est mentalement que ce match a été le plus difficile. Si tu n’arrives pas à être relâché, tu ne peux pas jouer de façon agressive.

- Comment vous sentiez-vous dimanche matin, avant le match?

- J’étais très nerveux, fébrile. J’ai ressenti beaucoup de stress. Le match n’a pas été bon et le score est très clair. Il n’y a pas grand-chose à dire de plus.

- Rien n’a marché. Le tennis s’est-il montré cruel aujourd’hui?

- J’avais en face de moi un adversaire qui n’est pas facile à contrôler. Rafa était fit, agressif. Il a joué à un niveau incroyable. Je ne suis ni le premier ni le dernier à perdre dans ces circonstances.

- Quelle est la plus grande difficulté contre Nadal?

Il parvient à mettre le doute dans l’esprit de son adversaire. Sur ce match, j’ai eu du mal à trouver en moi-même la force de jouer mon meilleur tennis. J’ai déployé beaucoup d’efforts ces trois dernières semaines. Avant cette période, j’étais vraiment à la peine. Mais beaucoup de choses ont changé dans le bon sens et pour moi c’est colossal. Globalement, je suis donc très satisfait de la façon dont j’ai pu tenir mes matches et les enchaîner.

- Quelle est l’impression finale de ce Roland-Garros 2017?

- Là, tout de suite, je suis évidemment triste. Mais en même temps j’ai vécu ici beaucoup de choses positives.

- Vous allez travailler avec un nouvel entraîneur…

- Je souhaite progresser. Je suis très content avec mon équipe actuelle, tous ceux qui sont autour de moi (ndlr: Magnus Norman et Pierre Paganini notamment). Mais nous avons évoqué la possibilité d’avoir une autre vision pour mon jeu. Nous avons ainsi décidé de nous tourner vers Paul Annacone, qui a beaucoup d’expérience.

Articles en relation

«Un manque de fraîcheur mentale»

Tennis Yannick Fattebert, l'un des coaches de Stan Wawrinka, livre son analyse de la défaite du Vaudois en finale de Roland-Garros face à Rafael Nadal. Plus...

Wawrinka s’offre le défi ultime: vaincre Nadal sur la terre de Paris

Superbe vainqueur de Murray en cinq sets, le Vaudois a rendez-vous dimanche en finale (15h) face à l’Espagnol. On salive déjà! Plus...

Stan Wawrinka a donné une idée de la perfection

Tennis Le Vaudois a tout à fait maîtrisé son match face au géant croate, Cilic. Il se hisse ainsi en demi-finale, face à Andy Murray, comme l’an dernier. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Angela Merkel lève son opposition au mariage gay, paru le 28 juin
(Image: Bénédicte?) Plus...