Visite en Suisse
«Avigdor Lieberman doit être reçu en petite pompe»
Par Xavier Alonso, Berne. Mis à jour le 24.04.2012
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Le Vert genevois Antonio Hodgers et le popiste vaudois Josef Zisyadis ne portent pas dans leur cœur le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman. C’est le moins qu’on puisse dire. Tous deux faisaient partie, en janvier 2010, de la délégation de parlementaires suisses qui ont visité Gaza. Après l’intervention armée d’Israël.
«Une des expériences les plus traumatisantes de ma vie», explique le Genevois Antonio Hodgers. Tant il a été bouleversé par les images de dévastation et de détresse constatées parmi la population palestinienne.
Solution nucléaire de Lieberman
Justement, cette opération militaire «Plomb durci» avait aussi été critiquée par Avigdor Lieberman. Selon le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de coalition de Benyamin Netanyahou, les moyens engagés étaient insuffisants pour vaincre le Hamas dans la bande de Gaza. Il n’hésita pas alors à faire allusion à la solution nucléaire: «Nous devons continuer à combattre le Hamas comme les Etats-Unis ont combattu les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale… La conquête du Japon alors n’avait pas été nécessaire».
«C’est effectivement cet homme-là que reçoit notre ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter», avance Antonio Hodgers. «C’est le visage le moins fréquentable d’Israël. Lieberman personnifie la dérive fasciste et intolérante de ce pays.»
Pour Josef Zisyadis, que les tensions au Proche-Orient ont toujours préoccupé, cet accueil à Berne du «faucon des faucons de la politique israélienne» est une erreur de la Suisse. «Lieberman représente le contraire d’une solution de paix. Mais on sent que le Conseil fédéral glisse vers une attitude de moins en moins critique envers Israël. C’est inquiétant!, analyse l’ex-conseiller national de La Gauche.
Les «bons offices» de la Suisse
«Le pire est tout de même l’attitude d’Ueli Maurer qui s’est même rendu sur place pour discuter de collaboration militaire. On peut être à la fois diplomate et montrer des signes tangibles de désaccord pour montrer sa réserve et sa distance», espère tout au moins Josef Zisyadis quant à la rencontre Lieberman – Burkhalter qui a lieu en ce mardi après-midi.
«La politique des «bons offices» de la Suisse signifie qu’elle doit parler avec tout le monde. C’est le rôle d’un facilitateur», nuance Antonio Hodgers. «La Suisse doit parler avec le Hamas et donc aussi avec Avigdor Lieberman. J’espère simplement qu’il sera reçu en petite pompe… Le service minimal, c’est bien assez», souligne pour conclure Antonio Hodgers. (Newsnet)
Créé: 24.04.2012, 15h58
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