Bébé maltraité: le Parquet requiert la prison ferme

Canton de VaudLes deux jeunes gens, âgés de 24 ans, sont accusés d'avoir gravement maltraité et secoué leur bébé. Verdict attendu dans quelques jours.

La Cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois rendra son verdict dans quelques jours.

La Cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois rendra son verdict dans quelques jours. Image: Keystone

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Le Parquet a réclamé vendredi en appel des peines de deux et trois ans ferme à l'encontre d'un couple accusé d'avoir gravement maltraité et secoué son bébé. En première instance, le Tribunal de Nyon avait accordé un sursis partiel pour l'homme, complet pour sa compagne.

La Cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois rendra son verdict dans quelques jours. Elle devra tenir compte du dossier pénal des deux jeunes gens, âgés de 24 ans, et de leurs aspirations - détaillées vendredi - à retrouver une vie «normale».

«Je regrette vivement ce qui s'est passé quand ma fille était bébé. Je n'étais pas prête mentalement à l'assumer. Il y a eu depuis une évolution. Une bonne complicité est en train de se créer avec elle», a expliqué la jeune femme. Son concubin a retrouvé du travail. Il est en train de payer ses dettes et veut «sortir la tête de l'eau».

Depuis les faits, fin novembre 2014, l'enfant a été placée en foyer. Sa mère la voit une ou deux fois par semaine, au foyer ou chez ses parents, qui ont demandé la garde. La fillette n'a pas gardé de séquelles et se porte bien, a assuré Me Lionel Zeiter, avocat de la mère.

Coups et sévices

Durant son premier mois de vie, le nourrisson a pourtant enduré coups et sévices divers. Un tibia fracturé, des côtes brisées, le syndrome du bébé secoué attestent des maltraitances, sanctionnées en décembre par le tribunal de La Côte qui a condamné l'homme à 36 mois de prison, dont 18 ferme, la femme à 9 mois avec sursis.

Des peines bien trop clémentes pour le Ministère public, qui a fait appel. Vendredi, la procureure Sophie Koehli a requis respectivement deux et trois ans de prison ferme, pour la femme et son compagnon. Elle a estimé que les deux jeunes gens étaient «coauteurs des sévices infligés à la fillette», un «nouveau-né qui n'avait aucune possibilité de se défendre».

Passivité

Retour sur cette soirée de novembre 2014, où le bébé doit être emmené à l'hôpital, inanimé. Ce soir-là, la jeune mère a tenté en vain de calmer les pleurs du nourrisson. Son compagnon, qui n'est pas le père de l'enfant, dit alors qu'il va «s'en occuper».

Pour le Parquet, le ton est menaçant. La mère sait que son ami a déjà été violent avec la fillette, mais elle le laisse se rendre seul dans la chambre du bébé: «elle ne fait rien pour l'empêcher. Sa passivité doit être assimilée à un comportement actif», selon Sophie Koehli. A ses yeux, le sursis n'est en outre pas compatible avec le traitement psychothérapeutique ordonné par les premiers juges.

Le Parquet réclame trois ans de prison ferme contre le compagnon. La procureure estime qu'il n'a pas pris conscience de la gravité des faits qui lui sont reprochés, qu'il va voir sa psychologue «quand il peut, parce que c'est compliqué avec son travail», alors que les experts ont préconisé un traitement ambulatoire pour travailler sur son rapport à la violence.

Sursis complet demandé

Les défenseurs ont une tout autre manière de voir les choses. Pour Me Zeiter, avocat de la mère, il faut en rester aux conclusions des premiers juges. Il est faux de dire que le duo est coauteur. Et quel intérêt de demander la prison ferme pour sa cliente, qui n'est pas dangereuse et suit les conditions restrictives qui lui sont posées pour revoir son enfant. «La fillette sait qui est sa mère, la reconnaît. L'envoyer en prison va casser tout cela», a-t-il dit.

L'avocate du jeune homme a plaidé le sursis complet et les lésions corporelles graves par négligence. Son client n'a jamais eu la volonté de secouer la fillette pour lui faire du mal. Il l'a tenue par les chevilles pour la réanimer. Et il n'y a pas de preuve objective de son comportement car il était seul dans la chambre.

De plus, il n'est pas responsable des fractures aux côtes, qui ne peuvent être dues au fait qu'il laissait tomber l'enfant de 60 centimètres de haut sur son matelas. Enfin, le jeune homme a évolué ces dernières années et a tout mis en oeuvre pour se reconstruire. (ats/nxp)

Créé: 19.05.2017, 12h27

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