Sécurité routière
Berne envisage de mettre les jeunes au volant dès 16?ans
Mis à jour le 18.08.2012 10 Commentaires
Conduite anticipée, mode d’emploi en France
L’apprentissage anticipé de la conduite (AAC) a été introduit en France dès 1989. Ouvert aux 16-18?ans, il comprend trois étapes obligatoires:
1. Formation initiale Au minimum 20?heures de cours pratiques dans une auto-école, puis épreuve théorique.
2. Conduite accompagnée L’élève doit parcourir au moins 3000?km, accompagné d’un adulte titulaire du permis de conduire depuis au moins cinq ans (donc âgé d’au moins 23?ans). Il est soumis à des limitations de vitesse spéciales: 110?km/h sur les autoroutes (au lieu de 130) et 80?km/h sur le réseau routier hors agglomération (au lieu de 90). Et il n’est pas autorisé à circuler à l’étranger.
3. Suivi de la formation Trois rendez-vous pédagogiques de deux?heures entre le moniteur responsable, l’élève et son/ses accompagnateur/s.
Succès Environ 30% des jeunes candidats optent pour l’AAC. Le taux de réussite à l’examen final (pratique) s’avère plus élevé qu’au terme de la filière classique (environ 74% contre 50%). De plus, la durée du permis probatoire délivré est de deux?ans au lieu de trois. Et les compagnies d’assurances offrent aux titulaires de ces permis un rabais sur les surprimes imposées à tous les jeunes conducteurs.
Partager & Commenter
Les jeunes pourront-ils bientôt prendre le volant à 16?ans, accompagnés d’un adulte? L’Office fédéral des routes (OFROU) étudie très sérieusement cette idée, inspirée d’expériences menées dans plusieurs pays européens. Le projet, baptisé «Opera 3», vise à optimiser la première phase de formation des conducteurs – celle qui précède l’examen pratique. A Berne, un groupe de travail explore diverses pistes «depuis un certain temps déjà», révèle Guido Bielmann, porte-parole de l’OFROU.
De l’expérience en plus
Ne plus avoir à attendre ses 18?ans pour apprendre à conduire avec ses parents ou son grand frère: voilà qui bouleverserait la vie des adolescents. L’idée fait de nombreux adeptes. En février 2010, une pétition dans ce sens était lancée sur Facebook. Plus récemment, une coalition de jeunes politiciens valaisans a émis une revendication similaire, tout en fustigeant les coûts «prohibitifs» du permis de conduire en Suisse (lire ci-dessous). L’argument est toujours le même: en apprenant à piloter deux ans plus tôt, les jeunes pourraient acquérir davantage d’expérience et seraient mieux préparés à rouler tout seuls une fois leur «bleu» en poche.
Le groupe de travail mis sur pied par l’OFROU prend en compte ce raisonnement. Mais il étudie surtout les résultats des modèles instaurés en France, en Allemagne et en Suède notamment. Et le verdict est clair, selon Guido Bielmann: «Les risques d’accidents provoqués par les jeunes conducteurs ont diminué dans ces pays.» Les assureurs français font état de baisses significatives du nombre de cas, de l’ordre de 10% et plus. Chez nos voisins allemands, la diminution a atteint 22%.
Modalités encore à définir
Les experts suisses n’ont cependant pas achevé leur travail. «Les erreurs constatées à l’étranger font aussi l’objet d’une analyse approfondie. Nous voulons éviter de les reproduire», indique le porte-parole, sans pouvoir préciser à ce stade la nature de ces inconvénients. L’âge légal pour l’obtention du permis resterait fixé à 18?ans, certifie l’OFROU.
Mais les modalités pratiques – telles que les conditions à remplir pour pouvoir encadrer un élève conducteur – restent à définir. Dans leur proposition commune formulée la semaine dernière, les jeunes Valaisans suggéraient, pour les accompagnants, l’âge minimum de 25?ans, avec au moins cinq ans de pratique de la conduite, ainsi que quelques heures d’auto-école obligatoires.
Une fois le projet ficelé, «il pourrait être mis en consultation aux Chambres fédérales», poursuit Guido Bielmann. A quelle échéance? Il est trop tôt pour le dire, assure-t-il. Mais dans les milieux concernés, certains s’en réjouissent déjà. Jean-Marc Thévenaz, chef de la sécurité routière au Touring Club Suisse: «Nous sommes extrêmement favorables à une formation pratique prolongée et accompagnée. Les jeunes auraient le temps de rouler dans différentes conditions, par exemple en hiver ou en pleine ville, avant d’obtenir leur permis.»
Jeunes plus exposés
Cela reviendrait-il à enlever du travail aux moniteurs d’auto-école? La Fédération romande des écoles de conduite (FREC) n’a pas encore évoqué cette question. Mais son directeur, Jean-Bernard Chassot, affirme voir d’un bon œil «tout ce qui est bénéfique à la sécurité routière». «Il faudra examiner les détails du projet fédéral, confie-t-il. S’il peut aider les jeunes à apprendre les bons comportements au volant, tant mieux.»
Le Bureau de prévention des accidents (BPA), par contre, se dit opposé à toute baisse de l’âge de l’initiation à la conduite. «L’examen pratique ne se déroulerait plus à 19?ans en moyenne, mais peu après le 18e?anniversaire, anticipe Magali Dubois, porte-parole. Cela augmenterait le temps d’exposition aux risques de la route, alors que les 18-24?ans sont déjà les plus touchés.»
Le BPA ne nie pas les répercussions positives relevées en Allemagne en termes de sécurité routière. Mais il estime qu’elles sont dues à la création de la conduite accompagnée dans ce pays, et non à l’âge limite fixé (17?ans). La Suisse, à ses yeux, n’aurait donc aucun intérêt à modifier un système qui fonctionne depuis belle lurette.
Le permis à l’essai suscite de vives critiques
Outre l’âge limite d’obtention du permis d’élève conducteur, l’autre question aujourd’hui posée concerne le permis à l’essai, introduit fin 2005 en Suisse. Des voix s’élèvent pour critiquer les cours de formation complémentaires imposés à tous les nouveaux détenteurs de ce sésame.
Les centres de conduite facturent chacune de ces deux journées entre 350 et 600?francs aux participants. «C’est bien trop cher, et pas forcément utile», dénoncent les Jeunesses valaisannes UDC, PDC, PLR, Verts et PS, unies pour demander l’abandon de cette mesure au profit de l’abaissement à 16?ans de l’âge pour la conduite accompagnée.
Les jeunes politiciens doutent notamment de la pertinence du deuxième jour de formation obligatoire – celui destiné à l’apprentissage de la conduite économique. Pour eux, cet aspect est déjà abordé en auto-école. Et, au final, accusent-ils, quelque 54 millions de francs sont «pris dans la poche» des jeunes chaque année. «Ce n’est pas tout à fait justifié», admet Jean-Marc Thévenaz, chef de la sécurité routière au TCS. Lequel reste pourtant acquis à la cause du permis de conduire à l’essai.
Le sujet a été porté sur la scène fédérale en mai par le conseiller national bernois Christian Wasserfallen (PLR). Dans sa motion, il demande que les cours complémentaires ne soient obligatoires que pour les conducteurs novices ayant commis une infraction grave au Code de la route au cours de leur période probatoire (soit trois?ans).
A l’Office fédéral des routes, on affirme que le permis à l’essai – ou en deux phases – fait l’objet d’évaluations régulières, dans tous les cantons. «Nous essayons ainsi d’améliorer les formations complémentaires, via les instructeurs», souligne Guido Bielmann, porte-parole. Il est cependant «prématuré», selon lui, de dresser un bilan définitif de la réforme, la transition avec l’ancien système étant à peine achevée. Le BPA, de son côté, juge le nouveau régime «très pertinent». Chaque année, relève-t-il, plus de 1500 nouveaux conducteurs âgés de 18 à 24?ans doivent restituer leur permis durant ce temps d’essai à la suite d’infractions.
Créé: 18.08.2012, 09h16
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
10 Commentaires
Si ça continue, le siège enfant sera obligatoire jusqu'à 15 ans et hop, à 16 ans, on passe conducteur ... Tout ça n'est qu'une énorme pompe à fric ou la réalité est totalement mis de côté. Tant qu'à faire, autant repasser son permis chaque année, de faire un permis pour prendre les transports publiques et payer des taxes véhicules mêmes si on en a pas (ah tiens, on le fait déjà avec la tv...) tss Répondre
Excellente idée que nos voisins ont déjà expérimenté depuis longtemps et qui porte ces fruits, car les jeunes ont la possibilité de conduire avec leurs parents, au niveau des assureurs de l'hexagone c'est assez bien perçu! N'oublions que la jeunesse d'aujourd'hui est beaucoup plus débrouille que nous au niveau de l'informatique et avec les différents médias, ils connaissent toutes les combines! Répondre
ABONNEMENTS MOBILE
Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.
ASSURANCES AUTO
Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 










