Initiative cantonale
Des Zurichois veulent ravir à Berne le statut de capitale
Par Lucie Monnat, Zurich. Mis à jour le 14.07.2012 8 Commentaires
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Imaginez. La place Fédérale abandonnée par ses parlementaires. Les hôtels bernois désespérément vides lors des sessions. Nos politiciens, plutôt que de déjeuner au bord de l’Aar, iraient tremper les pieds dans la Limmat. Relégué à l’état de musée, le Palais fédéral! Fini, la mode des ours! Aux lions de prendre le relais. Désormais, notre pays sera dirigé depuis la Bürkiplatz, au centre-ville de Zurich.
Plus qu’un scénario de science-fiction suisse, cinq étudiants zurichois en ont fait une initiative cantonale, dont la récolte de signatures a débuté jeudi dernier. Pour les cinq jeunes, c’est évident: Zurich, plus grande ville de Suisse, aurait bien plus de légitimité que Berne à porter le titre de capitale du pays.
Avis non généralisé
Les initiants, tous membres de l’association Dieperspektive, concèdent que leur texte recèle aussi un brin de provocation. Le but: remettre en question les institutions et la démocratie directe, dénoncer la trop grande facilité avec laquelle il est possible de déposer une initiative.
Mais, ils insistent, donner à Zurich sa bonne place reste le but premier. «Zurich domine en matière d’économie, de culture et d’infrastructures, argumente l’un des initiants, le socialiste Simon Jacoby. La ville possède le plus grand aéroport de Suisse, par lequel transitent 23 millions de passagers par an. Quel est le nom de l’aéroport de Berne, déjà?» L’initiative a pourtant peu de chances d’aboutir. A Zurich comme ailleurs, à gauche comme à droite, on secoue la tête. Corinne Mauch, maire de Zurich, estime que sa ville, avec ses hautes écoles réputées, est en quelque sorte la capitale de la recherche et de l’éducation, ce qui est, selon elle, amplement suffisant.
Capitale de l’arrogance
Et puis, Zurich, c’est un peu la Genève des Romands. La métropole reflète souvent une image d’arrogance pour le reste des Suisses alémaniques. Alors, évoquer l’idée d’une ville de Zurich promue au rang de capitale produit le même effet que de l’eau sur un chat. «Il est hors de question que la capitale devienne zurichoise!» On l’aura compris, l’Argovien Cédric Wermuth possède aussi le fameux tic antizurichois. Bien qu’il écrive dans le magazine éponyme Dieperspektive, l’idée enthousiasme peu le chef des Jeunes socialistes suisses. «Au Palais, les Zurichois se présentent déjà suffisamment comme les leaders de la Suisse, jouent les «je-sais-tout» de la politique. Donc on ne va pas encore en rajouter.»
Mais pourquoi Berne est-elle notre capitale? En réalité, il faut plutôt dire «ville fédérale», car il n’est écrit nulle part dans la Constitution que Berne possède le statut de capitale. Mais, en 1848, la ville prospère et puissante jouit d’une aura particulière au sein de la Jeune Suisse. C’est ainsi tout naturellement que Berne a été désignée Ville fédérale par le premier parlement national. Sa position centrale, pile au milieu de la frontière entre la Suisse romande et alémanique, la désignait comme candidate idéale. Tout comme son bilinguisme, même si, partant de ce critère, il est possible de trouver encore mieux. «La capitale idéale, ce serait Bienne! plaisante Cédric Wermuth. Oui, déplaçons le Palais là-bas!» (24 heures)
Créé: 14.07.2012, 08h42
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8 Commentaires
Si Berne ne peut plus prétendre être aussi bilingue que Bienne (bien que tout le monde ne soit pas bilingue à Bienne), il convient peut-être d'en rechercher la raison dans la pauvreté de l'enseignement du français en Suisse alémanique. Il y a encore 25 ans, n'importe quelle vendeuse de kiosque à journaux de Berne s'exprimait dans un français correct. Ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. Répondre
Dans cette démarche on retrouve un peu l'arrogance zurichoise si décriée par nos autres compatriotes alémaniques. Bon, à part ça, bien des capitales du monde ne sont pas le plus grand centre économique de leur pays et personne ne s'en plaint! C'est très bien que les tâches soient judicieusement et géographiquement réparties dans notre pays, c'est ce qui fait sa force. Répondre
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