Aide au suicide
Exit fête ses trente ans
Mis à jour le 18.05.2012 3 Commentaires
Tout le monde ne peut pas être membre
Certaines conditions doivent être remplies pour être membre d’Exit, rappelle le vice-président de l’association Bernhard Sutter.
Les personnes recourant à l’assistance au suicide doivent être atteintes d’une maladie incurable, avec un pronostic fatal ou une invalidité importante.
Le diagnostic de loin le plus fréquent est un cancer, suivi d’autres maladies graves. Le souhait de mourir peut également surgir lorsqu’un patient souffre de plusieurs maladies (polymorbidité). Celles-ci ne sont peut-être pas mortelles, mais leur cumul entraîne des souffrances insupportables.
«Exit n’accompagne pas les personnes en bonne santé», souligne Bernhard Sutter. Idem pour celles qui se trouvent dans une crise psychique aiguë. De plus, la personne concernée doit habiter en Suisse.
Ce point est l’une des différences fondamentales avec l’autre organisation d’aide au suicide, Dignitas, qui accompagne également dans leur choix des personnes de l’étranger.
Exit Suisse alémanique et Exit Suisse romande, également fondée en 1982, poursuivent les mêmes buts. Seuls les statuts divergent quelque peu.
Elles se basent sur l’article 115 du code pénal suisse, qui n’interdit pas l’assistance en vue du suicide tant qu’il n’y a pas de mobile égoïste.
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Quand Exit Suisse alémanique voit le jour en 1982 à Zurich avec 69 membres, l'aide au suicide n'est depuis longtemps plus un sujet réservé à quelques médecins, juristes ou politiciens. Le médecin Urs Haemmerli, qui avait fait les gros titres outre-Sarine en 1975, avait largement contribué à alimenter le débat.
Accusé d'homicide volontaire, ce directeur d'un hôpital zurichois avait reconnu publiquement avoir soutenu une aide passive au suicide. Refusant l'acharnement thérapeutique, ce spécialiste en maladies organiques avait renoncé à prolonger la vie de patients en phase terminale, par exemple au moyen de machines.
Même si le ministère public zurichois a classé le dossier l'année suivante, «l'affaire Haemmerli» a fait du bruit loin à la ronde. Plusieurs initiatives parlementaires ont été déposées au Conseil national, de même qu'une initiative populaire dans le canton de Zurich. Mais surtout, la question de l'aide au suicide pour des malades condamnés à mort s'installait dans la conscience publique.
Libre choix
Dès le début, la question du libre choix du patient fut centrale pour Exit. Elle protégeait ainsi le médecin, à qui on retirait le pouvoir de décision.
L'organisation a fait oeuvre de pionnier à maints égards. Elle a ainsi importé en Suisse la notion de «directives anticipées», qui était déjà connue aux Etats-Unis.
Ce document appelé aussi «testament biologique» ou «testament de vie» permet à une personne saine d'esprit d'indiquer ses dernières volontés au médecin si elle venait à ne plus être capable de les exprimer. Jusqu'à aujourd'hui, il est le critère principal pour devenir membre d'Exit.
Depuis 1985
L'accompagnement des personnes ayant choisi l'aide au suicide a été mis en place en 1985. L'aide s'adresse aux personnes malades encore en possession de leurs facultés intellectuelles, mais qu'une mort très douloureuse attend. Ces personnes prennent un puissant somnifère, le natrium-pentobarbital, prescrit par leur médecin.
Si cinq à six membres de l'organisation ont ainsi mis fin à leurs jours les premières années, leur nombre a nettement progressé depuis, pour atteindre 305 l'an dernier.
«Dans 98% des cas, les personnes qui souhaitent mourir s'éteignent à la maison, dans leur lit, entourés de leur famille et amis», explique le vice-président d'Exit Bernhard Sutter. Dans de rares cas, elles meurent dans les locaux d'Exit.
Tensions et conflits
Dix ans après sa fondation, Exit dépasse la barre des 50'000 membres. Mais à l'interne, les tensions se multiplient. La désignation du comité donne régulièrement lieu à de vives discussions lors des assemblées générales annuelles. L'association est constamment en crise et il est question de putsch.
Les conflits personnels et les différends factuels atteignent leur point culminant lors de l'assemblée générale de 1998. De nombreux membres quittent l'organisation, notamment Ludwig A. Minelli, qui fonde immédiatement l'organisation d'aide au suicide Dignitas.
Après ces événements, Exit se dote d'une nouvelle direction et retrouve peu à peu le calme. La structure de l'organisation a notamment été professionnalisée et le comité redimensionné.
Ses principaux détracteurs restent aujourd'hui encore les milieux chrétiens. Mais ils ne parviennent pas à rallier la population, du moins urbaine: en mai 2011, les citoyens du canton de Zurich ont rejeté à 84,5% une initiative populaire de l'Union démocratique fédérale qui demandait que l'aide au suicide soit punissable.
Vaud pourrait devenir le premier canton à se doter d'une loi sur l'assistance au suicide. Les citoyens se prononceront le 17 juin sur une initiative d'Exit qui obligerait les établissements médico- sociaux (EMS) subventionnés à accepter des suicides assistés dans leurs murs. (ats/Newsnet)
Créé: 18.05.2012, 13h02
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3 Commentaires
Le suicide n'est jamais une mort digne. Comment notre société en arrive-t-elle à marginaliser à ce point ses ainés qu'ils n'aient plus envie de vivre? Le problème est la manière dont on traite les personnes âgées actuellement. Les tuer est la solution de facilité. Pourquoi ne pas plutôt s'en occuper plus, les aimer véritablement, les intégrer dans la vie de la société? VOTEZ 2XNON LE 17 JUIN. Répondre
16'000 membres paient une cotisation d'environ 40 francs par mois. On peut estimer qu’Exit a encaissé en 2011 entre 560'000 et 640'000 francs suisses. Où va cet argent? Personne ne le sait puisque J.Sobel, l'altruiste, refuse de publier les comptes d'Exit... C'est un buisness pas du tout désintéressé : Argent, gloire, pouvoir. Et Mort. Surtout. Le criminel problème. Répondre
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