Grande mosquée de Genève: un imam controversé est engagé

ReligionYoussef Ibram, officiant à Volketswil (ZH), arrivera en janvier à la mosquée du Petit-Saconnex.

Youssef Ibram

Youssef Ibram Image: Patrick Gillieron Lopreno

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La Fondation culturelle islamique de Genève (FCIG), qui gère la mosquée du Petit-Saconnex, n’a pas tardé à remplacer l’imam algérien Ziane Mehadjri, écarté et qui conteste son licenciement. Il est remplacé par le Marocain Youssef Ibram, installé en Suisse depuis une trentaine d'années, officiant à Volketswil (ZH). Controversé, l’homme revient pour la troisième fois à la grande mosquée.

Engagé en 1982 à Genève, il est licencié en 1991 par la FCIG pour ses discours contre l’intervention américaine en Irak. Resté à Zurich une dizaine d’années, il défraye la chronique en 2004 lorsqu’il affirme dans une interview ne pas être contre la lapidation des femmes adultères. La mosquée du Petit-Saconnex l’accueille de nouveau en 2005. Deux ans plus tard, quatre employés sont licenciés avec fracas pour être remplacés par des représentants d’une ligne dure. Youssef Ibram est accusé par certains fidèles d’avoir monté le directeur de l’époque contre eux. Il démissionne en 2011, selon lui parce qu’il a été appelé en France, en région parisienne, avant de rejoindre Lyon, puis Zurich. Formé à Ryad, en Arabie Saoudite, Youssef Ibram a représenté la Suisse au Conseil européen de la fatwa et de la recherche, créé pour répondre aux questions des musulmans contraints de vivre leur foi dans un environnement où ils sont minoritaires.

Youssef Ibram confirme son retour à Genève pour le mois de janvier, affirmant que des musulmans l’ont réclamé. Tant pis s’il ne fait pas l’unanimité: «J’accepte les critiques.» Il ne veut pas revenir sur la polémique des licenciements. Ni sur celle de la lapidation. La question mérite pourtant d’être reposée: est-il pour ou contre la lapidation? «Je suis pour le respect et la pratique de la loi suisse», finit-il par nous répondre. S’il revient à Genève, c’est en fait pour être plus proche de deux de ses enfants. Que pense-t-il de la crise traversée par la mosquée? «Les musulmans sont assez intelligents pour dépasser la crise passagère.» Compte-t-il oeuvrer à son niveau contre la radicalisation? «Oui, mais ce ne sont plus les lieux de culte qui font les terroristes. Regardez le profil de ceux qui ont commis des attaques en France. C’est le grand imam Internet qui forme ces gens-là.» Lui affirme en tout cas avoir dissuadé du côté de Zurich quatre jeunes de se rendre en Syrie.

Agé de 62 ans, il compte officier deux ans et demi avec l’ambition «d’œuvrer pour les jeunes, au niveau religieux, culturel, social et sportif». Quel message portera-t-il? «Les jeunes sont souvent assis entre deux chaises, entre leurs origines et la culture locale. L’imam doit donner un message de grande tolérance.» Ne pas serrer la main à une femme, est-ce normal à ses yeux? «Serrer la main ou pas à une femme ne fait pas partie de la foi islamique.» Revenant sur cette polémique qui a éclaté à Bâle, il affirme avoir joué un rôle de médiateur. «Avec d’autres, nous sommes allés convaincre le père et ses deux jeunes de réintégrer les cours, car c’est beaucoup plus important que de refuser de serrer la main à une femme.»

Il se décrit comme sunnite. «Je ne suis pas orthodoxe ou libéral, je n’exclus personne dans mes messages. Je n’ai jamais fait l’éloge d’un gouvernement ni la critique d’un autre.» Certains estiment que son discours s’adapte aux circonstances et qu’il manie le double langage. «Une personne intelligente s’adapte à celui qui est en face d’elle. Mais je n’ai pas de double langage. En 2016, il ne faut pas tenir un discours religieux du Moyen âge.» (24 heures)

Créé: 14.11.2016, 18h44

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