Exit Blattmann, Parmelin se cherche un bras droit

ArméeLe chef de l’armée va prendre une retraite anticipée. Guy Parmelin veut un homme neuf pour mettre en place la réforme militaire.

Le commandant de corps André Blattmann (à gauche) est en poste à la tête de l'armée suisse depuis août 2008.

Le commandant de corps André Blattmann (à gauche) est en poste à la tête de l'armée suisse depuis août 2008. Image: Keystone/Keystone

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«Nous sommes à la fin d’un cycle. Et tous deux, nous sommes arrivés à la conclusion que c’était le moment idéal pour un changement à la tête de l’armée.» Le nouveau patron du Département fédéral de la Défense (DDPS), Guy Parmelin, a désamorcé mercredi toute tentative de voir dans le départ du No 1 de l’armée autre chose qu’un passage de témoin somme toute logique au vu du calendrier des projets militaires.

A 60 ans, André Blattmann va donc prendre une retraite anticipée en mars 2017, et recevra un an de salaire jusqu’à sa retraite complète, en 2018. Son successeur, lui, entrera en fonctions en janvier 2017. «André Blattmann a travaillé à la conception du projet DEVA (ndlr: la grande réforme de l’armée, approuvée par le parlement lors de la session de mars). La mise en œuvre du projet, qui prendra trois à quatre ans, sera menée par une autre personne. Ce sera une nouvelle page de l’histoire de l’armée», a précisé le conseiller fédéral.

«André Blattmann a réussi à rassurer, à calmer et à stabiliser l’armée»

Le départ d’André Blattmann était dans l’air à Berne, où il semblait logique qu’en reprenant le DDPS, Guy Parmelin se choisisse un nouveau chef de l’armée. La transition semble se faire en douceur, pour preuve l’hommage appuyé que le conseiller fédéral a rendu à André Blattmann. Ce dernier avait pris ses fonctions en août 2008 après le départ forcé de Roland Nef, accusé de harcèlement par son ancienne petite amie. «André Blattmann a réussi à rassurer, à calmer et à stabiliser l’armée. Et il a restauré sa crédibilité aux yeux des entreprises et du public», a relevé Guy Parmelin.

Franc-parler ravageur

Au sein des forces militaires, on reconnaît les qualités de pacificateur du chef de l’armée. Pourtant, son franc-parler a régulièrement provoqué la polémique en Suisse, notamment lorsqu’il avait évoqué les risques d’attaques terroristes à la suite du Printemps arabe ou les dangers d’un effondrement économique de la Grèce sur la stabilité européenne. Les Verts avaient alors exigé sa démission.

«On s’est beaucoup moqué de ses déclarations, mais on voit aujourd’hui qu’il avait raison. Il avait une vision d’avenir», analyse Hugues Hiltpold (PLR/GE), membre de la Commission de la politique de sécurité du National. Reste à lui trouver un successeur. Guy Parmelin va nommer une commission de recrutement, composée de militaires et de politiques, qui sera chargée de lui faire des propositions. Le choix final devra ensuite être approuvé par le Conseil fédéral.

Le ministre de la Défense s’est bien gardé d’avancer des noms, mais a dressé un premier profil type. Pas besoin d’un consultant ou d’un administrateur – «Il n’y a rien à assainir au sein de l’armée», a-t-il insisté. Le nouveau No 1 devra être pragmatique pour pouvoir mettre en œuvre la réforme, avoir une certaine sensibilité politique, bien connaître la maison et avoir la confiance de l’armée.

Un successeur romand?

Devra-t-il aussi être un Romand? Guy Parmelin n’en fait pas une priorité: «Il y a une question de feeling personnel, bien sûr, mais je fais aussi confiance à la commission de recrutement pour me faire des propositions.» Dans les noms qui circulent déjà, celui du divisionnaire Philippe Rebord, actuel commandant de la formation supérieure des cadres, revient avec insistance.

L’ancien président de la Société suisse des officiers et spécialiste des questions sécuritaires Denis Froidevaux relativise pourtant l’importance de cette nomination: «Si Guy Parmelin veut laisser sa marque au DDPS, il doit surtout développer une stratégie d’ensemble en matière de politique de sécurité. C’est là qu’est le plus grand défi aujourd’hui.» (24 heures)

Créé: 23.03.2016, 14h12

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