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Suisse

L’enseignement du français à l’école encore attaqué outre-Sarine

Par Caroline Zuercher. Mis à jour le 03.10.2013

Une initiative vient d'être lancée dans le canton de Lucerne pour exiger qu'une seule langue étrangère soit enseignée à l'école primaire.

Image: Pascal Frautschi

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Entre le français et l’anglais, la guerre est repartie en Suisse alémanique. La semaine dernière, une initiative a été lancée à Lucerne pour exiger qu’une seule langue étrangère soit enseignée dans les écoles primaires du canton. Le français, dont les leçons débutent en 7e année HarmoS (5e primaire dans l’ancien système), est visé. Un texte similaire est en préparation en Thurgovie, alors que le Grand Conseil nidwaldien a demandé à son gouvernement de réaliser un rapport sur le sujet.

Dans ce combat, des enseignants figurent en première ligne. «Nous ne sommes pas contre le français, mais il peut être enseigné dans le secondaire, assure la députée lucernoise Trix Dettling (PS), institutrice. La cohésion nationale ne sera pas en danger si les enfants s’y mettent deux ans plus tard. Et dans les entreprises, beaucoup me disent qu’ils communiquent en anglais avec les Romands.»

Retour en arrière Après plusieurs batailles linguistiques dans les années nonante puis au milieu des années 2000, un front s’est donc à nouveau ouvert depuis 2011. Avec tout d’abord des attaques contre l’italien, qui n’est plus enseigné dans le canton d’Obwald. Puis contre le français. En janvier 2012, un postulat a été déposé dans le canton de Zurich demandant que les élèves en difficultés scolaires soient dispensés de cet enseignement. Le gouvernement a balayé l’idée. En juin 2012, les conférences des maîtres du niveau intermédiaire de Glaris, de Schwytz, de Saint-Gall, de Thurgovie, de Zurich et d’Appenzell Rhodes-Intérieures ont à leur tour proposé de reporter ces leçons au secondaire.

«La stratégie officielle de la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) est d’introduire deux langues étrangères dès le primaire. Ces initiatives veulent revenir en arrière», s’inquiète Paolo Barblan, directeur du Forum Helveticum. L’organisation faîtière des enseignants suisses (LCH), elle, estime qu’il faut attendre jusqu’en 2015 pour tirer un bilan de la stratégie de la CDIP. Mais elle a elle aussi tiré la sonnette d’alarme. En juin, elle a adopté une résolution demandant davantage de moyens pour l’enseignement des langues en Suisse alémanique – avec notamment des cours par demi-classes et une meilleure dotation horaire.

Si ces améliorations ne sont pas apportées, la LCH précise qu’elle demandera de revoir l’obligation d’enseigner une deuxième langue étrangère au niveau primaire. Son président, Beat Zemp, espère toutefois ne pas en arriver là. «Ce que nous devons surtout éviter, conclut-il, c’est que les cantons alémaniques se mettent à choisir chacun leur solution. Nous aurions alors des Röstigraben supplémentaires dans notre pays!» (24 heures)

Créé: 03.10.2013, 09h14

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