Bruxelles
Le chauffeur mis en cause dans le drame de Sierre
Mis à jour le 15.06.2012 18 Commentaires
«Mon mari était un homme responsable»
L’épouse du chauffeur qui conduisait le car au moment de l’accident de Sierre souligne le professionnalisme de son mari et sa bonne santé. Elle n’exclut pas que l’origine du drame soit un problème lié au «cruise control» (régulateur de vitesse) du véhicule.
Les familles des 28 victimes, dont 22 enfants, ainsi que des 24 blessés, ont été informées vendredi des dernières évolutions de l’enquête, avant les médias et dans un endroit tenu secret. Les journalistes avaient été invités à les laisser en paix et à attendre la conférence de presse en début d’après-midi.
«Je n’ai aucune raison de me cacher. Je n’ai pas l’impression que les familles des enfants m’en veulent», a observé l’épouse du chauffeur, présente lors de l’information aux familles mais aussi à la conférence de presse. «Mon mari était un chauffeur responsable et je suis sûr que son seul objectif était de ramener les enfants sains et saufs à la maison», a-t-elle déclaré selon l’agence Belga.
«Le ’cruise control’ est complètement détruit et cette piste ne peut plus être approfondie», a-t-elle déploré. «J’ai l’impression que les familles des enfants envisagent aussi cette possibilité.» Le ministère public valaisan considère quant à lui qu’un problème avec le régulateur de vitesse ne constitue pas une piste.
L’épouse du conducteur a aussi expliqué que son mari était en bonne santé et qu’il ne prenait pas de médicament. Elle ne peut cependant pas exclure qu’il ait eu un malaise, a-t-elle admis.
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Trois mois après l’accident du car belge à Sierre (VS) qui a fait 28 morts, les enquêteurs suisses se concentrent désormais sur le jeune chauffeur qui avait pris le volant deux minutes avant le drame. Les autres causes sont exclues avec une «quasi certitude», a déclaré le procureur valaisan Olivier Elsig.
Les investigations se focalisent «sur une cause en lien avec le chauffeur de l’autocar», a expliqué vendredi le premier procureur du Valais central devant une presse nombreuse réunie au Parquet fédéral, situé juste à côté du Palais de justice de Bruxelles. S’agit-il d’un malaise ou d’une erreur humaine, il est trop tôt pour le dire, et peut-être ne le saura-t-on jamais, a-t-il reconnu.
Jeune chauffeur
Au fil de leurs travaux, les enquêteurs ont pu écarter une série de causes possibles. L’intervention d’un tiers sur la route, la vitesse excessive, l’alcoolisation du chauffeur, des problèmes techniques ou d’entretien du véhicule: toutes ces pistes sont abandonnées et laissent place à des examens plus poussés sur le chauffeur de 34 ans. Le 13 mars vers 19h45, le car belge a quitté Saint-Luc dans le val d’Anniviers à l’issue des vacances de ski des enfants. Le chauffeur le plus expérimenté (52 ans) a conduit le car sur la route de montagne, a raconté Olivier Elsig. En arrivant en plaine à 21h10, le véhicule s’est arrêté et le jeune chauffeur a pris le relais.
Très bref trajet
Le car s’est alors élancé sur l’autoroute A9. Il a roulé deux minutes et parcouru 2222 mètres jusqu’à ce qu’il s’encastre au fond de la place d’évitement contre un mur en béton, causant la mort de 22 enfants. Durant ce bref trajet, le car n’a pas heurté la gauche du tunnel, comme certains l’ont cru. Il a seulement touché la bordure droite de la chaussée à quelque 75 mètres de l’accident.
Le procureur a répété ce qu’il avait déjà dit au sujet de l’hypothèse du DVD qui aurait dérangé le chauffeur. «C’est une explication pas plausible», a affirmé Olivier Elsig. Dans ce type de car, le DVD est derrière le chauffeur et il faudrait donc que le conducteur se soit levé et ait lâché son volant.
Pas imaginable
C’est «difficilement imaginable» et s’il s’agit d’une distraction, le choc contre la bordure aurait dû entraîner une réaction. Le procureur a écarté aussi la piste du régulateur de vitesse défectueux qui aurait pu provoquer le drame.
Si la présence d’alcool a pu être exclue très vite, des examens toxicologiques des chauffeurs ont été requis et ont pris plus de temps. Sur cette base, les enquêteurs suisses ont demandé en Belgique les dossiers médicaux des deux responsables. Les analyses de ces différents éléments ne sont pas encore terminées, a indiqué Olivier Elsig qui espère mettre un terme à ses travaux d’ici la fin de l’été.
L'épouse du chauffeur pas d'accord
Interrogé sur la place occupée par les deux chauffeurs au moment de l’accident, le procureur a clairement laissé entendre qu’ils se trouvaient tous les deux devant. Autre élément troublant et difficile à comprendre: tout démontre que les freins n’ont pas été actionnés. «Ca interpelle forcément», a reconnu Olivier Elsig.
Le procureur a indiqué qu'il ne devrait plus revenir en Belgique. Il s’est dit «très satisfait» d’avoir pu rencontrer vendredi matin les familles touchées par le drame, loin des médias auxquelles elles demandent de les laisser en paix. La convalescence des enfants les plus grièvement blessés se passe bien, à sa connaissance.
Emotion très forte
Pour rappel, l’accident a causé un choc considérable en raison du décès des 22 enfants. La présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf et le premier ministre belge Elio Di Rupo se sont retrouvés à Sion le lendemain de la catastrophe. Les témoignages de sympathie ont afflué de partout, des personnalités les plus connues comme de la population valaisanne. La Belgique a observé une minute de silence.
(afp/Newsnet)
Créé: 15.06.2012, 14h49
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La rédaction
18 Commentaires
Ily a trop risques financiers pour l'Etat en mettant les infrastrucures en cause et pour l'industre en accusant le vehicule. Donc mettre en cause le chauffeur mort est la solution idéale. Répondre
Selon un chauffeur de car qui passe souvent dans la région, une personne ne connaissant pas les lieux aurait pu croire à un début de troisième voie....... Répondre
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