Union syndicale suisse
Plus de 111’000 signatures pour l'initiative sur les salaires minimums
Mis à jour le 23.01.2012 3 Commentaires
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Le peuple pourra probablement se prononcer sur l’introduction d’un salaire minimum garanti de 4000 francs. L’Union syndicale suisse (USS) a déposé lundi à Berne son initiative munie de plus de 111’000 signatures. Le texte veut aussi encourager les conventions de travail (CCT).
En Suisse, plus de la moitié des travailleurs ne bénéficient pas d’un salaire minimum protégé par une CCT. Et près de 400’000 personnes employées à plein temps gagnent trop peu pour pouvoir vivre décemment avec leur famille. «C’est un scandale!», a lancé Paul Rechsteiner, président de l’USS, lors de la remise des paraphes à la Chancellerie fédérale.
Pour y remédier, l’organisation syndicale veut que la Confédération et les cantons encouragent les CCT. Dans les branches qui en sont dépourvues, encore trop de personnes sont sous-payées, a dénoncé Vania Alleva, membre du comité directeur du syndicat Unia.
Et de citer des exemples de rémunérations de 15 francs de l’heure dans l’industrie de l’emballage ou de sous-traitants industriels, ou de 17 francs pour des employés de stations-services et de kiosques. «Tout travail mérite un salaire décent», a-t-elle souligné.
Surtout des femmes
Parmi les 400’000 personnes qui ne gagnent pas assez pour vivre dignement, 300’000 sont des femmes, ont relevé Katharina Prelicz- Huber, présidente du Syndicat suisse des services publics (SSP) et Alain Carupt, coprésident de Syndicom, le syndicat des médias et de la communication. Elles seraient donc les grandes gagnantes en cas de succès de l’initiative.
Selon les syndicats, des CCT prévoyant des salaires minimums obligatoires restent le meilleur moyen de protéger les revenus des pressions accrues et de pouvoir les faire tous augmenter. Mais dans bien des branches, les employeurs ne sont absolument pas disposés à conclure une CCT, a dénoncé Mme Alleva.
Salaire minimum pour tous
C’est pourquoi l’USS, par son initiative soutenue par plusieurs autres organisations, exige aussi d’ancrer dans la constitution un salaire minimum. Il doit être d’au moins 22 francs de l’heure, soit 4000 francs par mois pour un horaire de 42 heures par semaine. «Aucun travail mérite moins de 4000 francs», a martelé Giorgio Tuti, président du Syndicat du personnel des transports (SEV).
Paul Rechsteiner a estimé que cette initiative est une étape importante. «Nous ouvrons un nouveau chapitre pour la Suisse en matière de politique salariale», a-t-il dit. Et contrairement à ce qu’affirment les adversaires du projet, Alain Carupt ne croit pas qu’il va ruiner l’économie et les entreprises.
Les syndicalistes ont également mis en parallèle les salaires les plus bas avec les millions de francs que se réservent les «top- managers». «Les gens en on marre», a estimé Vania Alleva.
L’USS a profité de l’occasion pour rappeler que son initiative rencontre un grand écho dans la population. Selon un sondage réalisé l’année passée, 85% des personnes interrogées sont favorables à l’introduction d’un salaire minimum. En outre, l’USS note qu’il a été facile de récolter le nombre de signatures requis. (ats/Newsnet)
Créé: 23.01.2012, 10h52
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3 Commentaires
il faut qu'il y ait une décence, tout simplement de la DECENCE. Si l'économie suisse volait aussi bas, les salaires des managers devraient baisser en premier ? Car ce sont des sommes colossales.
Un salaire minimum de 4000 frs est bien plus important pour la population que les six semaines de vacances.
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