Prévention
Un quiz sur les addictions pour faire parler les jeunes
Par Patrick Monay. Mis à jour le 16.01.2012 1 Commentaire
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Un exemple à suivre en Suisse?
Si le quiz «Je gère» aborde à la fois les dangers de l’alcool, du tabac, du cannabis et de la cyberdépendance, c’est que le mandat confié par le canton à Addiction Valais couvre tous ces domaines. Ailleurs en Suisse, la prévention en milieu scolaire reste plus segmentée, puisque dans les mains de plusieurs acteurs. «La démarche valaisanne est intéressante. Elle permet d’éviter le morcellement des thèmes», estime Ségolène Samouiller, porte-parole d’Addiction Info Suisse.
Cette animation, réalisée en français et en allemand, pourrait aisément être exportée hors du Vieux-Pays. La Ligue pulmonaire jurassienne s’y intéresse déjà, elle qui prépare une intervention dans les écoles sur les différentes problématiques addictives. Et Patrick Suard, responsable de la prévention au sein d’Addiction Valais, la présentera à ses confrères lors d’une prochaine réunion du Groupe romand d’études des addictions (GREA).
Pour Jean-Félix Savary, secrétaire général du GREA, cette approche préventive globale correspond parfaitement aux connaissances actuelles, issues de la recherche scientifique en matière d’addictions. «Les campagnes d’il y a trente ans, qui martelaient «La drogue, c’est mal», ont eu un effet quasi nul. L’idée, aujourd’hui, est d’agir sur la promotion de la santé.» Pour cela, il s’agit de renforcer les mécanismes de protection (estime de soi, capacité à dire non, etc.) et d’aider les individus à réagir dans les situations à risques (pression du groupe, stress).
«Peu à peu, une politique globale au sujet des addictions se met en place, se réjouit Jean-Félix Savary. Mais il y a des résistances. Dire que l’alcool et les drogues répondent aux mêmes mécanismes, c’est souvent très mal vu…»
Tablette tactile en main, Corinne Cipolla-Mariaux choisit une nouvelle question, qui s’affiche sur l’écran. Face à elle, quatre petits groupes d’adolescents, debout derrière quatre pupitres. «Comment appelle-t-on une intoxication alcoolique aiguë, qui provoque une perte de conscience pouvant être mortelle?» Sandra, 13?ans, est la première à appuyer sur le buzzer: «Un coma éthylique?» Tout juste. Un point pour l’équipe numéro 2.
Ce jeudi après-midi, les vingt élèves d’une classe de 1re?année du cycle d’orientation de Troistorrents (VS) ont droit à un quiz sur la prévention des addictions. Alcool, tabac, internet, jeux vidéo: en une heure et demie, une large palette de comportements à risques sera abordée. Seule la problématique du cannabis sera laissée de côté cette fois-ci, faute de temps.
Cette action de sensibilisation, intitulée «Je gère», a été conçue de A à Z par la Fondation Addiction Valais – l’ex-Ligue valaisanne contre les toxicomanies (LVT). Proposée aux écoles du canton depuis septembre, elle vise les 12-14?ans. Son mode participatif et ludique a déjà séduit des centaines d’élèves, de Vouvry à Brigue. «Ils se montrent bien plus réceptifs à un jeu qu’à une simple conférence», constate Patrick Suard, responsable de la prévention auprès d’Addiction Valais.
Riche en surprises
Une fois la question posée et la bonne réponse tombée, les deux animatrices lancent la discussion. «Avez-vous déjà entendu parler d’une biture express dans votre entourage?» Un ado lève une main timide: «Un garçon que je connais a été forcé à boire pendant une fête de fanfare. Je crois que ça s’est assez mal terminé.» Corinne Cipolla-Mariaux et sa collègue évitent soigneusement d’adopter un ton moralisateur. Mais elles appellent un chat un chat: «Il ne faut pas banaliser ce genre de situation. Ce n’est pas drôle. Le coma éthylique, c’est le stade avant la mort.»
Le quiz s’avère riche en enseignements. Et en surprises: «Quoi, il y a de l’arsenic dans les cigarettes?» s’inquiète Solène, du haut de ses 13?ans. Quant à la nicotine, elle ne met pas une ou deux heures pour atteindre le cerveau, comme beaucoup le pensaient, mais 7 petites secondes…
Et les réseaux sociaux, les jeux vidéo? Zoé, comme les autres, ne se sent pas en danger d’addiction. Pourtant, la cyberdépendance guette bel et bien les jeunes de leur âge. Au détour d’une question sur ce thème, l’animatrice lance le témoignage vidéo d’un Valaisan de 17?ans qui passait jusqu’à seize?heures par jour devant son écran d’ordinateur, avant de solliciter l’aide de la LVT. Perdu dans son univers virtuel, il n’a retrouvé une certaine stabilité qu’au prix de gros efforts. La classe n’en revient pas.
«Il faut rester humble quant à l’impact réel de telles actions, admet Patrick Suard. Elles permettent surtout de renforcer les jeunes qui vont bien. Les situations délicates demandent un suivi bien plus important.» C’est le travail mené au quotidien par les intervenants d’Addiction Valais, en collaboration avec les médiateurs scolaires. A Troistorrents, Solène et ses copains ont battu l’équipe 1 sur le score de 14 à 13. Mais en Suisse, 13% des garçons de 15?ans – et 10% des filles – disent fumer tous les jours. (24 heures)
Créé: 16.01.2012, 22h04
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1 Commentaire
Est il possible de se procurer votre quiz pour un de nos lecteurs ?
Merci de bien vouloir répondre sur http://drogaddiction.com/2012/01/17/un-quiz-sur-les-addictions-pour-faire-parler-les-jeunes/
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