Genève
Un système antibouchons testé aux abords de la ville
Par Caroline Zuercher. Mis à jour le 25.05.2012 3 Commentaires
Comment rendre les autoroutes intelligentes? C’est la question sur laquelle planchent des chercheurs du Laboratoire des systèmes de transports urbains de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Depuis deux mois, ils développent un système combinant feux de signalisation aux entrées des autoroutes et limitations de vitesse variables pour prévenir les embouteillages. Le projet est soutenu par l’Office fédéral des routes (Ofrou) et les scientifiques espèrent le tester dans deux ans sur un tronçon entre Lausanne et Genève.
Depuis 1990, le nombre de kilomètres parcourus sur les autoroutes a doublé. Entre 2009 et 2010, une hausse de 2,6% du trafic a même augmenté d’un tiers les bouchons! La même année 2010, on a recensé 208?jours avec des embouteillages sur le contournement de Genève (46% de plus qu’en 2009). Et sur l’ensemble de la Suisse, deux tiers des encombrements sont dus à la surcharge du trafic. «Nous en sommes au stade où une légère perturbation locale enraie tout le système de transport», résume Michaël Thémans, directeur adjoint du Centre de transport de l’EPFL.
Mesures d’urgence
Les autorités arrivent à la même conclusion: il faut agir! En janvier, Doris Leuthard a annoncé que la vitesse autorisée serait abaissée temporairement sur certains tronçons à 100?km/h, voire à 80?km/h, en fonction du trafic. Aujourd’hui déjà, 85?kilomètres d’autoroutes en Suisse fonctionnent de cette façon. A terme, 30% du réseau autoroutier pourrait être concerné. Dans la même logique, la bande d’arrêt d’urgence a été ouverte aux véhicules, à certaines heures, entre Morges et Ecublens, et les camions ne pourront plus dépasser dans certains secteurs engorgés.
Une autre solution consiste à installer des feux de signalisation à l’entrée des autoroutes pour en réguler l’accès. En Suisse, ce système de goutte-à-goutte est notamment employé à la jonction d’Affoltern, près de Zurich. Selon l’Ofrou, un délai de quelques secondes peut déjà faire beaucoup. Malheureusement, notre pays présente une particularité: les entrées d’autoroute étant courtes et proches des centres, le risque est alors que les files atteignent les villes.
Pour éviter de déplacer le problème, les scientifiques proposent de combiner ces deux mesures: le goutte-à-goutte et la limitation de vitesse dynamique en fonction du trafic. A l’EPFL, ils cherchent un algorithme qui permettra de définir, sur la base d’observations automatiques du trafic en ville et sur les autoroutes, quand il faut intervenir et comment. Pour mettre au point cette formule magique, ils collectent actuellement des données. Suivront des simulations sur deux tronçons – l’autoroute Lausanne-Genève, notamment, est pressentie. Finalement, ils espèrent mener un test grandeur nature. L’objectif, à terme, étant d’utiliser cette solution partout où le trafic pose problème.
Gain de temps: 10 à 20%
«La vitesse maximale autorisée sera moins élevée à certains endroits, résume Michaël Thémans. Mais en évitant les bouchons et les effets d’accordéon, les temps de parcours seront réduits de 10 à 20% aux heures de pointe.» Et puis la sécurité sera augmentée et la consommation de carburant réduite. Selon Thomas Rohrbach, porte-parole de l’Ofrou, cette combinaison de deux mesures devrait permettre d’augmenter le trafic de 8 à 10%. Ce qui signifie que chaque heure, 400 à 500 véhicules supplémentaires pourraient emprunter un tronçon donné. De quoi alléger un peu le quotidien des automobilistes. (24 heures)
Créé: 25.05.2012, 11h03
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3 Commentaires
Il faudrait aussi et surtout sensibiliser tous les "mauvais" conducteurs, j'entend par là, ceux qui accélèrent ou roule trop lentement et surtout ceux qui bloquent les voies de dépassement! Certes cela ne réglerait pas le problème partout, mais sur certains tronçons, il y aurait tout simplement plus de fluidité... Répondre
ET Y A CEUX QUI FONT DES SMS EN CONDUISANT !!!! Répondre
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