L’avenir de Sion 2026 se joue désormais en terrain politique

Jeux olympiques d'hiverLe parlement du sport dit oui au projet. Reste à convaincre la Berne fédérale et sans doute le peuple.

Hans Stöckli(BE), coprésident de la candidature (à g.), et Jean-Philippe Rochat, président de Sion 2026, à l’annonce du feu vert

Hans Stöckli(BE), coprésident de la candidature (à g.), et Jean-Philippe Rochat, président de Sion 2026, à l’annonce du feu vert Image: Keystone

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«Cette unanimité du monde sportif est précieuse pour la suite.» Jean-Philippe Rochat, président de Sion 2026, avait le sourire mardi soir. Non seulement le parlement du sport donnait son feu vert à la candidature olympique qui regroupe les cantons du Valais, de Vaud, de Berne et de Fribourg, mais il débloquait aussi un premier crédit de 8 millions.

Un répit plus qu’une victoire. Il s’agit désormais de finaliser les contours financiers du dossier d’ici au 31 juillet afin que le Conseil fédéral puisse se prononcer durant l’automne. Dans cette longue course d’obstacles, la prochaine embûche est donc politique.

«Je suis prêt à défendre une candidature olympique, a toujours répondu Guy Parmelin, ministre des Sports. Pour autant qu’elle soit soutenue par la population et les autorités locales.» Malgré la prudence du Vaudois, l’histoire récente montre que le gouvernement est plutôt enclin à soutenir des jeux d’hiver.

Avec un feu vert des sept Sages, le dossier entrera en 2018 dans l’arène chahutée du parlement. Les Verts n’ont d’ailleurs pas attendu ce délai pour porter la première estocade. Regrettant qu’aucun référendum n’ait été entrepris, ils ont déposé une interpellation pour que le peuple puisse se prononcer. «Avec les changements climatiques, nous pensons que c’est une erreur de miser sur les sports d’hiver, explique Lisa Mazzone (Verts/GE). Un tel événement va aussi poser de grands problèmes de mobilité.»

Méfiance de la gauche

Des arguments qui trouvent un certain écho au PS. Si certains élus socialistes roulent en faveur de Sion 2026, à l’image d’Hans Stöckli (BE), coprésident de la candidature, il est difficile de parler d’un enthousiasme débordant au sein du parti. Le CIO traîne avec lui ses scandales de corruption, des souvenirs d’infrastructures en ruine et des dépassements de crédit. «Je suis sceptique depuis le début, reconnaît Mathias Reynard (VS). On nous promet des JO durables qui ne plombent pas les budgets. J’attends de voir. Alors qu’on coupe dans tous les domaines, dont l’éducation, j’ai du mal à accepter qu’on dépense des millions pour des jeux.»

Face à la méfiance de la gauche, la droite part unie. Au sein de la commission compétente pour ce dossier, le premier coup de sonde est positif. «Depuis les dernières candidatures, il y a eu une réelle évolution, explique Géraldine Marchand Balet (PDC/VS). On a un projet fédérateur sur quatre cantons et il y a peu d’infrastructures à construire.» Un optimisme partagé par Alice Glauser (UDC/VD). «Ce serait une formidable carte de visite pour le tourisme. La Suisse peut prouver qu’il est possible d’organiser des jeux à taille humaine.»

Même les Vert’libéraux sont de la partie. «C’est un oui sous condition, précise toutefois Isabelle Chevalley (PVL/VD). Pour éviter des dépenses pharaoniques, une commission de surveillance doit être créée. Il faut marquer les responsables à la culotte.» Que répond-elle aux doutes du parti écologiste? «C’est l’occasion rêvée pour repenser notre mobilité et notre tourisme de façon durable.»

Vers un vote populaire?

Compte tenu des majorités sous la Coupole, l’affaire est-elle déjà entendue? «En tant que président de Swiss Olympic, Jürg Stahl qui préside aussi le Conseil national, peut convaincre pas mal d’indécis, analyse le conseiller aux Etats Olivier Français (PLR/VD), soutien de la première heure. Ce sera plus compliqué dans notre Chambre. Les citoyens des Grisons ont déjà refusé à deux reprises d’organiser des jeux. Les Bernois aussi. Il faudra convaincre leurs sénateurs.»

Reste alors la question d’une éventuelle consultation populaire. Géraldine Marchand Balet estime que les citoyens des cantons concernés doivent avoir leur mot à dire. Lisa Mazzone va plus loin. «C’est toute la population qui doit pouvoir voter sur ce projet. La Confédération participera financièrement et les JO se soldent en général par un dépassement massif du budget.»

Jürg Stahl (UDC/ZH) est bien plus réservé. «Les règles du jeu sont claires. Dans une démocratie directe, certains projets peuvent être attaqués par référendum, d’autres pas.» Face à une consultation populaire, Jean-Philippe Rochat, lui , est serein. «Je n’ai pas peur d’un débat sur ce projet.» (24 heures)

Créé: 12.04.2017, 10h11

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