Première: un petit aigle circaète jean-le-blanc naît en Suisse

NatureHistorique, cette naissance est une première dans nos contrées, habituellement trop froides pour cet oiseau.

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En avril dernier, un observateur attentif du monde ornithologique signale la présence de deux circaètes jean-le-blanc dans la région de Loèche-les-Bains. Les spécialistes avaient déjà, depuis quelques années, repéré dans le ciel valaisan cet aigle superbe, au plumage pâle qui lui vaut son nom. Mais il s’agissait d’individus solitaires qui ne faisaient que passer pour profiter de la chaleur de la région. De mémoire d’homme, le circaète n’avait jamais niché en Suisse. Ses terres de reproduction les plus proches se situent dans le sud de la France (2000 couples) et dans le Val d’Aoste (500 couples), en Italie, des régions dans lesquelles il trouve en suffisance ses proies préférées, presque exclusives: les serpents, en particulier les grandes couleuvres.

Quand il apprend que deux circaètes sont apparemment installés en Valais, Lionel Maumary, l’ornithologue lausannois, va y voir de plus près. Et ce qu’il découvre le 13 avril le laisse ébahi: il aperçoit un circaète qui attrape un serpent et s’envole vers le nid pour y nourrir sa compagne qui couve déjà. C’était donc vrai: le couple de circaètes était effectivement arrivé assez tôt dans la saison – en mars, sans doute – pour avoir le temps de bâtir son nid, de pondre son œuf unique, de le couver, et de voir apparaître, si tout se passe bien, un «Jeannot-le-blanc» dans le courant de l’été.

La chance est avec l’ornithologue: les rapaces ont installé leur nid en un lieu à découvert, qu’il est aisé de photographier en restant très discret. «Ce point de vue, c’était miraculeux. J’ai fait dix-huit mille photos sans que jamais les oiseaux ne soupçonnent même ma présence. J’ai passé plusieurs nuits sur place, sous tente, pour à la fois apprécier le spectacle de l’aube au soir, et surtout pour observer toute l’aventure dans les moindres détails.»

Les détails? «Le mâle avait un comportement familial exceptionnel. Il a participé très largement à l’incubation, restant jusqu’à cinq heures et demie sur l’œuf pendant que la femelle allait se nourrir. C’est beaucoup plus long que ce que disent les statistiques. Il a ensuite assumé deux tiers des nourrissages du petit, né le 30 mai, et pris le jeune en charge après son envol. Un père exemplaire!» Et puis: «Toute cette histoire reste une des plus belles de ma vie d’ornithologue. J’ai vu cent quatorze fois les parents amener un serpent au nid. Mais j’ai calculé qu’en tout ils ont dû, de mars à octobre, jusqu’à leur départ, capturer environ 1200 serpents, dont 940 vipères aspics. Il faut savoir que cet oiseau est capable, en vol stationnaire, de repérer un serpent immobile à 400 mètres…» (24 heures)

(Créé: 27.12.2012, 11h28)

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