Durcissement de l'asile
«Nous l'avons fait avec la conscience du devoir accompli»
Par Patrick Chuard. Mis à jour le 15.06.2012 16 Commentaires
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Les critiques de Claude Ruey passent mal dans son parti. Dans une interview publiée avant-hier sur notre site, l’ancien conseiller national et conseiller d'Etat PLR vaudois évoquait l’Allemagne des années 30. Durcir les conditions d’accueil des requérants d’asile, comme vient de le faire le Conseil national, est selon lui inacceptable. Il juge qu’il y a parmi ses anciens collègues «des lâches, des opportunistes et ceux qui n’ont rien compris». Réplique en bonne et due forme du Parti libéral-radical, par la voix de son vice-président, le Genevois Christian Lüscher.
Pourquoi les propos de Claude Ruey vous font-ils réagir ?
Ses propos sont excessifs et donc insignifiants. Les décisions que nous avons prises cette semaine sur l’asile ne violent aucune loi internationale. Oui, il y a un durcissement des conditions pour les requérants d’asile, mais par rapport à une situation qui a changé depuis le départ de Claude Ruey: les demandes ont augmenté de près de 50%. J’ajoute que les propositions libérales-radicales – dont Claude Ruey n'avait pas connaissance au moment de sa réaction – ont permis de rejeter toutes les demandes de l’UDC (43!) qui n’étaient pas conformes aux droits de l’homme ou aux normes internationales. Je peux vous dire que nous avons mené ces modifications de loi avec la conscience du devoir accompli.
Aucune voix discordante… Le parti a-t-il perdu «l’aile humaniste» dont se réclamait Claude Ruey?
Pas du tout, dans notre groupe tous les courants d’idées s’expriment en permanence, et ceux des Romands plus centristes ou des ex-libéraux sont bien présents. Le fait que nous ayons voté d’une seule voix montre que nous étions tous d’accord. D’ailleurs nous avons mis le curseur au bon endroit puisque nos propositions étaient celles de la majorité. Claude Ruey est assez fin pour savoir qu'on ne peut pas avoir raison contre tout le monde.
Pourquoi avoir imposé l’aide d’urgence, c’est-à-dire retiré quelques francs par jour à tous les réfugiés?
C’est un nouveau concept élaboré par l’administration, que beaucoup n’ont pas compris. On garantit tout ce qu’on peut garantir à un requérant: de l’argent mais pas trop, un logement, des assurances, de la nourriture, de l’assistance juridique gratuite. En clair il s’agit d’éviter que des jeunes hommes qui viennent en tant que réfugiés économiques (c’est le cas de 80% d’entre eux) puissent dépenser l’argent de la collectivité pour des téléphones portables et envoyer de l’argent à leurs familles. La Suisse fait de l'aide au développement dans les pays défavorisés, et l’asile n’est pas fait pour cela. Au final, les requérants d’asile ne sont pas plus maltraités que les soldats de l’armée suisse. Personne n’a jamais dit qu’une recrue subissait des traitements inhumains.
Claude Ruey n’a-t-il pas raison de souligner que les durcissements, comme celui de 2007, n’ont rien changé à la situation?
En 2007, je rappelle que c’est le peuple qui avait voulu durcir la loi, et Claude Ruey devrait l’entendre. Le PLR a défini une politique des migrations claire en avril 2011. Ce qui me rassure aujourd’hui c’est que la politique dans le domaine de l’asile est en train d’être définie par le PLR, parfois avec l’aide du PDC, et non plus par les extrêmes de droite ou de gauche. Nous avons repris la main et nous avons agi avec responsabilité.
La proposition de Philipp Müller de refuser le regroupement familial aux réfugiés statutaires était-elle vraiment responsable ?
Elle n’a pas été acceptée. Mais j’ai le souvenir, il y a quelques années, que lorsque des saisonniers européens venaient en Suisse pour chercher du travail, ils travaillaient, s’intégraient puis faisaient venir leur famille plus tard. Cessons d’invoquer les droits de l’homme à tout propos lorsqu’ils ne sont pas violés. Le parlement a voté avec de la nuance, cette nuance qui fait défaut dans les propos tenus par Claude Ruey.
Si l’attaque de votre ancien collègue était hors de propos, pourquoi lui répondre?
Dans la mesure où vous avez permis à quelqu'un d'exprimer un point de vue caricatural, il est normal que nous répondions. Notre parti est constitué de gens responsables, humanistes et respectueux des droits de l’homme. Concernant Claude Ruey, j’ai le sentiment que le fait de ne plus être au parlement oblige une personne à s’exprimer de façon exagérée si elle veut accéder aux médias. Mais je ne lui en veux pas personnellement. L’exercice de la libre parole est une tradition dans le libéralisme. Connaître les faits également. (Newsnet)
Créé: 15.06.2012, 08h22
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16 Commentaires
M. C. Luscher, vous dites : avec la conscience du devoir accomplie est un durcissement des autorités administratives (sans déclassifié le fond intervenant). Vous avez était a la tète des pansent de l’initiative aux renvois des criminelle étranger en territoire anticonstitutionnelle dont cela a impliqué une insurrection catégorique en vos responsabilités constituante auprès du peuple (preuve implacable). Et a défaut d’avoir changé de fusil d’épaule je crains que vos dossier soient tout autant fagoté que votre arriéré. Ainsi pour mieux vous assimiler, je serai en prendre un ton tout aussi décalé dans son droit le plus vivement actif, en toute humanité considéré. Répondre
"de l’argent mais pas trop, un logement, des assurances, de la nourriture, de l’assistance juridique gratuite. En clair il s’agit d’éviter que des jeunes hommes qui viennent en tant que réfugiés économiques (c’est le cas de 80% d’entre eux) puissent dépenser l’argent de la collectivité pour des téléphones portables et envoyer de l’argent à leurs familles" Le tout est bien dit, rien à ajouter... Répondre
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