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Energie hydroélectrique

Les électriciens craignent pour les milliards de l'«or blanc»

Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 05.09.2012 5 Commentaires

Les électriciens suisses voient fondre leurs marges sur «l'énergie de pointe», produite à la demande à partir des barrages. Ce alors qu'ils sont en train d'investir des milliards dans de nouvelles stations de pompage.

1/5 Le tunnelier perce les derniers mètres de la galerie d'accès à la future centrale de pompage-turbinage de «Nant de Drance», située à Finhaut (VS). Cette nouvelle installation va permettre de ramener l'eau du lac de retenue de Vieux-Emosson vers celui d'Emosson. (11 juillet 2012)
Image: Keystone

   

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Depuis des décennies, les électriciens suisses font de bonnes affaires: avec l'eau des barrages, ils produisent et vendent leur courant à la demande, aux heures de forte consommation, soit aux prix les plus élevés. Au point que l'eau est ensuite récupérée dans les vallées pour être pompée la nuit dans les barrages, quand le prix de l'électricité est faible.

Ce modèle à succès est pourtant battu en brèche par une nouvelle donne énergétique. La demande en «énergie de pointe» recule chez nos voisins européens à mesure que se développent les nouvelles sources d'énergie éoliennes et solaires. A quoi s'ajoute l'impact du gaz naturel, dont le prix tend vers le bas.

Plus de 6 milliards investis

Le «think tank» avenir suisse s'inquiète de cette situation depuis quelques mois déjà. Il observe que les écarts entre les prix les plus élevés et les plus bas du courant se sont fortement réduits depuis la mi-2009. Depuis, la marge évolue entre 10 et 15 euros, alors qu'elle était auparavant proche de 20 euros en moyenne et pouvait connaître des pointes à plus de 30 voire de 40 euros.

Par fort vent, les prix échangés sur le marché sont même parfois négatifs, note avenir suisse. Ce parce que les producteurs de courant «en ruban», telles les centrales nucléaires, ne peuvent pas débrancher.

Cette nouvelle constellation n'est pas de bon augure pour les producteurs suisses d'électricité. D'autant moins qu'ils sont justement en train d'investir près de 6,4 milliards de francs dans cinq stations de pompage-turbinage. Celles-ci vont offrir tantôt une capacité supplémentaire de 4000 MW, soit plus de dix fois la puissance de la centrale nucléaire de Mühleberg.

Cinq projets pour presque 4000 MW

Axpo injecte ainsi actuellement près de 2,1 milliards de francs dans la nouvelle station de pompage-turbinage de Linth-Limmern, dans le canton de Glaris. Cette nouvelle station réservera une capacité de 1000 MW. En Valais, Alpiq avec les CFF et les Forces motrices valaisannes investissent 1,8 milliard de francs dans la nouvelle centrale de pompage de Nant-de-Drance, sous le barrage d'Emosson, d'une capacité de 900 MW.

A Veytaux (VD), les Forces Motrices Hongrin-Léman et Alpiq construisent, pour 330 millions de francs, une installation de 480 MW. Le projet «Grimsel 3» (BE) apportera une capacité supplémentaire de 660 MW pour un coût de 660 millions de francs. Enfin, le projet «Lago Bianco» de Repower, dans le Val Poschiavo, amènera une capacité nouvelle de 1000 MW pour un coût devisé à 1,5 milliard de francs.

Ponction sur le solaire et l'éolien

Autant de projets qu'avenir suisse qualifie désormais d'investissements «à haut risque», dans la mesure où leur rentabilité n'est pas assurée à long terme. Kurt Rohrbach, président de l'Association des entreprises électriques suisses s'en inquiète également mardi dans les colonnes du Tages-Anzeiger, dès lors que les membres de l'association ont vu effectivement «la situation de leurs revenus se détériorer dramatiquement» ces dernières années dans le négoce d'électricité.

Celui qui dirige également les Forces motrices bernoises (FMB) verrait ainsi d'un bon oeil une solution politique. Il évoque ainsi la possibilité d'«un cofinancement (des nouvelles installations hydroélectriques) par le solaire et l'éolien».

Officiellement, les producteurs d'électricité se défendent de demander des subventions. Mais comme le relève aussi le porte-parole d'Alpiq dans le Tagi, la branche saluerait l'adoption de mécanismes de soutien en faveur des usines de pompage-turbinage, «dès lors que celles-ci sont nécessaires à la stabilité du réseau électrique mais que les rendements font défaut». (Newsnet)

Créé: 05.09.2012, 07h30

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5 Commentaires

Jean-François Chappuis

05.09.2012, 08:57 Heures
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Cette nouvelle situation était prévisible dans le temps, mais pas déjà maintenant! Ces nouveaux investissements dans le pompage turbinage sont pharaoniques et les groupes comptaient sur l'apport financier important que cette énergie de pointe dégageait! Mais nos voisins Européens ont paré au plus pressé en construisant des centrales à gaz, car le coût de l'énergie est meilleur marché pour eux! Répondre


Cyril Robin

05.09.2012, 08:57 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

La concurrence diurne, qui fait baisser les prix de ventes, n'est qu'une face du problème. Qu'en est-il de la disparition programmée des centrales nucléaires et donc de la possibilité d'utiliser l'énergie produite la nuit par ces installations pour pomper l'eau. Le solaire et l'éolien, qui produisent aléatoirement, auront-ils des besoins d'accumulation suffisants pour rentabiliser ces projets ? Répondre



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