Ecologie
Faut-il se débarrasser des sacs plastiques en Suisse?
Par Laureline Duvillard. Mis à jour le 28.06.2012 3 Commentaires
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Interdiction dans plusieurs pays
Alors que l'Union européenne réfléchit à une interdiction générale des sachets en plastique, plusieurs pays ont déjà franchi le pas, à l'image de l'Italie, de la Chine, de l'Australie et de plusieurs pays d'Afrique parmi lesquels, l’Érythrée, la Tanzanie, le Kenya et l'Afrique du Sud.
La France, après avoir voté l'interdiction des sacs plastiques en 2005 ne l'a toujours pas appliquée et elle a repoussé à 2014 la taxation des sacs plastiques à hauteur de 10 euros par kilo.
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Le plastique c'est fantastique. Pas pour tout le monde. Et surtout pas pour Dominique de Buman. Depuis quatre ans, le député démocrate-chrétien mène une croisade contre les sachets plastiques gratuits qui squattent les caisses des magasins suisses. Après une première motion déposée en 2008 et prescrite, le conseiller national a remis l'ouvrage sur le métier en 2010, avec sa motion «Halte à la pollution des sacs plastiques».
«Je suis frappé par le gaspillage de ces petits sachets de caisse que de nombreuses personnes abandonnent dans la nature. Les deux plus grands distributeurs, Migros et Coop consomment 240 millions de sacs en plastiques par an et leur durée de vie est seulement estimée à 25 minutes», souligne Dominique de Buman.
Si le député souhaite conserver les sachets en plastiques du rayon fruits et légumes, il veut remplacer «les sacs de caisse» par des cabas biodégradables ou réutilisables, par exemple en toile ou en polypropylène. «Car un sac en carton utilisé qu'une fois n'aura pas un bilan écologique meilleur qu'un sac plastique», précise le conseiller national.
Pollution peu élevée
Le 12 juin, le Conseil national a voté l'interdiction des «sacs de caisse» à 110 voix contre contre 73. «Des personnes de tous les partis ont accueilli ma motion. Elle a donc des chances de passer au Conseil des Etats», remarque Dominique de Buman. Mais rien n'est encore joué, surtout que le Conseil fédéral propose de rejeter la motion. «La pollution engendrée par les sacs plastiques n'est pas élevée en Suisse et une interdiction ne serait pas conforme au principe de proportionnalité», écrit-il.
En Suisse, les sacs représentent 3000 tonnes de plastique par année. «Parmi les un million de tonnes de matières plastiques consommées chaque année, cela constitue une proportion très faible. De plus le sac plastique est conçu de manière légère pour n'être utilisé qu'une seule fois, alors que les sacs en coton ou en carton, dont la fabrication nécessite beaucoup d'eau doivent être utilisés au moins dix fois pour un bilan écologique similaire», relève Isabelle Baudin, collaboratrice scientifique à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).
Interdiction non justifiée
Et d'ajouter qu'en Suisse, contrairement aux pays en bord de mer comme la France ou l'Italie, les sacs plastiques ne représentent pas un véritable problème environnemental. Car le pays est doté d'un excellent système de collecte et de gestion des déchets. Dans son Annuaire 2011, le Programme des Nations Unies pour l'environnement souligne que le taux de recyclage des matières plastiques pour la production d'énergie s'élève à plus de 80% en Suisse. Avec la Norvège, le pays obtient la palme du meilleur élève européen.
«Certes nous sommes dans un pays où le réflexe de protection de l'environnement est un des plus élevés, mais nous consommons aussi beaucoup plus que dans d'autres pays. Interdire les sacs plastiques aux caisses représente une petite mesure contre le gaspillage d'énergie mais il est important de sensibiliser la population à cette question écologique», remarque Dominique de Buman. D'ailleurs, le conseiller national souligne que les cantons du Tessin, du Jura et de Berne ont décidé d'interdire ces sachets aux caisses.
Pour Migros comme pour Coop, l'interdiction de ces sachets n'est pas justifiée. «Ces sacs plastiques ont un bilan écologique meilleur que toutes leurs alternatives. Les sacs en papier, plus épais, demandent beaucoup plus de matériaux, alors que les sacs biodégradables doivent être compostés pour un bilan écologique favorable, ce qui n'est pas toujours le cas», note Sabine Vulic porte-parole de Coop. En cas d'interdiction, le grand distributeur craint également une augmentation du préemballage des produits.
Le plastique, fléau des océans
La Communauté d'intérêt du commerce de détail suisse (CI CDS) souligne pour sa part que l'incinération de sacs plastiques ne libère pas de dioxine, contrairement aux croyances et que peu de sacs plastiques sont abandonnés dans la nature. «La part des sacs en papier ou en plastique dans les déchets abandonnés dans les lieux publics n'est que de 5%», relève-t-elle dans un dossier.
Une quantité très faible en comparaison aux milliers de tonnes de matières plastiques déversées dans les mers et océans. Un problème d'envergure pour l'environnement mais aussi pour la faune qui confond les déchets avec de la nourriture.
Mais les lacs helvétiques ne sont pas l'Océan Pacifique. «En Suisse, trois facteurs influencent principalement l'empreinte écologique, la mobilité et l'encouragement de la mobilité douce, les infrastructures et l'objectif d'obtenir notamment un meilleur bilan énergétique pour les bâtiments et la nourriture, avec l'incitation à consommer local. Cela dit, nous encourageons tout de même les consommateurs à réutiliser leurs sacs en plastique» conclut Isabelle Baudin. Car le plastique, c'est loin d'être fantastique.
(Newsnet)
Créé: 28.06.2012, 06h52
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3 Commentaires
Le meilleur déchet est celui qui n'est pas produit. La société "cleanex" dans laquelle nous vivons serait ainsi bien inspirée de commencer à limiter la prolifération des objets à usage unique. Des régions dont l'image environementale est moins positive que la Suisse ont franchi le pas. Penser à prendre un contenant avec soi avant d'aller au marché me semble être à la portée du Suisse. Répondre
Je trouve qu il s agit d une excellente idée. J'ai personnelement toujours un cabas usagé ou un panier avec moi lorsque je fais les courses. Nos grands parents et les générations plus anciennes n avaient pas cornets plastique et cela ne leurs a jamais manqués. Répondre





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