Initiative Ecopop
«Idéalement, la Suisse compterait 4 millions d'habitants»
Par Xavier Alonso. Mis à jour le 02.11.2012 16 Commentaires
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Sabine Wirth
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Les membres d'Ecopop ne s'en cachent pas. Le soutien de Franz Weber a boosté la récolte des signatures depuis cet été. Albert Fritschi, membre du comité directeur de l’association Ecologie et Population (Ecopop), explique sa satisfaction: «Des personnalités importantes et sérieuses nous ont soutenus. Cela a libéré les gens de certains préjugés et ils ont pris contact avec notre association», explique-t-il.
La bataille qui s’ouvre promet d’être terrible, dans un climat qui n’est pas sans rappeler les années septante de James Schwarzenbach. Si techniquement, la problématique posée n'est pas du même ordre, émotionnellement, c'est la question de l’immigration en Suisse qui est sous-jacente. Albert Fritschi le sait: «La deuxième phase de la campagne, celle pour la votation, sera un champ de mines.» Mais la récolte de signatures a permis à l’association de peaufiner son discours. Notamment celui en lien avec les soupçons de xénophobie.
Également membre du comité directeur d'Ecopop et du comité d'initiative «Halte à la surpopulation», Sabine Wirth (57 ans) a répondu à nos questions. Cette mère de quatre enfants, habitante de Buchberg (SH), était jusqu'en 2011 juge de paix.
Sabine Wirth: Nous nions avec vigueur être des xénophobes. Malheureusement, le simple fait de s'interroger «quelle est la population idéale de la Suisse?» – en exprimant le constat que nous ne pouvons recevoir tout le monde – fait que beaucoup de gens nous étiquettent comme xénophobes. Pour nous, il est clair que la question de la surpopulation est cruciale. Elle doit être débattue.
S.W.: A ma connaissance, vous parlez d’une personne: Valentin Oehen qui faisait partie des membres fondateurs d'Ecopop au début des années septante. Mais quand son action politique a évolué vers le nationalisme au sein des Démocrates suisses, il a quitté notre association. Et Ecopop a pris ses distances avec lui. Et d'autres membres fondateurs de notre association, comme le professeur de l’école polytechnique fédérale de Zurich Theo Ginsburg, étaient aussi des «gauchistes».
S.W.: La préoccupation écologique est ce qui a réuni des personnalités de tous bords. Je ne peux pas répondre pour tous les gens à l'origine du mouvement il y a 40 ans. Mais dans le comité directeur actuel d’Ecopop, il n'y a personne que l'on puisse soupçonner de xénophobie. J'en mets ma main au feu. Ça vaut aussi pour le comité de l'initiative.
S.W.: On nous fait souvent ce reproche. Mais l'aide au développement construit des écoles, des hôpitaux et soutien la formation dans ces pays sans qu'on l’accuse de colonialisme. La planification familiale volontaire est aussi une des avancées majeures des sociétés occidentales. Pourquoi devrait-on promouvoir l'un et pas l'autre? D'ailleurs la proclamation de Téhéran lors de la Conférence des droits de l’homme en 1968 dit que les parents ont le droit fondamental de déterminer librement et consciemment la dimension de leur famille et l'échelonnement des naissances.
S.W.: Oui, ce serait d'ailleurs le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté en Afrique. En Suisse aussi dans les années soixante et septante, l'apparition de la pilule contraceptive a permis à beaucoup de familles de vivre mieux. Au lieu d'avoir 6 à 8 enfants, les familles ont choisi d'en avoir deux. Leurs conditions de vie et de prospérité s'en sont trouvées nettement améliorées, c'est un fait. Sans compter que la contraception a facilité et encouragé la formation des femmes.
S.W.: J'ai lu qu'on nous accuse de vouloir empêcher les Suisses de faire des enfants, c'est ridicule. Avec un taux de natalité de 1,5 enfant, nous sommes très loin du 2,1 nécessaire au renouvellement. Ceux qui veulent avoir des enfants peuvent donc se réjouir. Il y a de la marge. J'ai moi-même eu quatre enfants mais c'est un choix fait en toute liberté. Ce qui nous préoccupe, c'est le flux migratoire de ces dernières années qui, avec la surnatalité mondiale actuelle, fait que chaque année une population de la taille de la ville de St.-Gall arrive en Suisse.
S.W.: Vous avez raison. Mais notre motivation est avant tout écologique. Nous voulons préserver l'environnement: c’est le cœur de notre action. Nous savons que notre démarche pourrait avoir des conséquences sur l’économie. Il serait aussi temps que l'on parle de croissance en termes de qualité et non seulement en quantité. Ces dernières années, le PIB suisse a augmenté dans l'absolu, mais il est descendu par habitant. C'est inquiétant.
S.W.: Nous en sommes aujourd'hui à 8 millions. Elle peut en contenir encore plus si l'on pense à Londres, Singapour ou Mexico City. Mais veut-on vivre aussi nombreux dans un si petit espace? La vraie question est combien voulons nous être? Idéalement, la Suisse compterait 4 millions d'habitants. Mais il est trop tard. Alors il faut sauver l'espace vital qui peut encore être sauvé.
(Newsnet)
Créé: 02.11.2012, 07h12
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16 Commentaires
Dans notre pays, c'est béton. Un verbe : Je bétonne tu bétonnes etc. Vous avez vu une plaine ou une montagne sans habitations à moins de 2 kms ? Si on laisse ainsi, la Suisse sera une grande ville au milieu de l'Europe ou il fait bon vivre avec la pollution que cela entraine. !!!!!! Répondre
Il est plus intelligent de penser maintenant à un problème qui se posera plus tard, conséquence inévitable du modèle économique mondial actuel. Comment peut-on entretenir le moindre espoir pour l'avenir dans une économie basée sur une croissance? Nos ressources et notre espace sont limités, c'est un fait. Ne rien faire, c'est favoriser le retour des guerres ou des maladies. L'histoire se répète. Répondre
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