Genève
Le tonton abuseur est condamné pour contrainte sexuelle et pornographie
Par Catherine Focas. Mis à jour le 08.05.2012
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Alors qu’il devait garder sa nièce de 9?ans durant un week-end, un homme d’une trentaine d’années est accusé d’avoir fait preuve à son égard d’une conduite totalement inappropriée. Il a été jugé hier à Genève par le Tribunal de police et condamné à 18?mois de prison avec sursis pour actes d’ordre sexuel avec des enfants, contrainte sexuelle et pornographie.
Les faits se sont déroulés voici trois ans. Le prévenu les admet. Pendant que sa nièce et son neveu (6?ans) regardaient la télévision, il visionnait des films pornographiques sur son ordinateur. Mais de leur place, les gamins ont vu les images qui défilaient. Leur oncle a changé l’orientation de l’ordinateur lorsqu’il s’en est rendu compte.
Puis, il a décidé de prendre une douche. Alors que sa nièce était en train de se brosser les dents, il lui a demandé de lui savonner le dos. Plus tard, il s’est retourné vers elle, son sexe était en érection, et l’a priée de le savonner «partout». Comme elle ne s’exécutait pas tout de suite, il a insisté. L’enfant, dégoûtée, a fini par lui savonner le sexe en fermant les yeux. L’acte d’accusation précise que «le prévenu a contraint la fillette à subir ou à accomplir des actes d’ordre sexuel, profitant de l’emprise qu’il exerçait sur elle et de ce qu’elle n’oserait lui opposer aucune résistance vu son jeune âge.»
La petite fille a rapidement parlé de ces faits à sa mère. Plainte a été déposée. L’oncle a admis ses agissements mais sans en comprendre la portée. Aujourd’hui, après trois ans de psychothérapie, le discours a changé: «Je regrette ce qui s’est passé, ce n’est pas digne de moi, j’ai honte, dit-il. Je me demande encore comment j’ai pu en arriver là.» Les liens familiaux se sont évidemment distendus. «Quelque chose s’est cassé entre nous, indique sa sœur. Ce ne sera plus jamais comme avant.» Ils se rencontrent encore deux ou trois fois par année, pour Noël et les anniversaires. Mais le malaise est palpable. Le prévenu: «Des fois, j’ai l’impression que ma nièce me voit comme un monstre.» Quelques mois après l’agression pourtant, l’enfant a insisté pour téléphoner à son oncle et lui dire qu’elle lui pardonnait.
Selon l’expertise psychiatrique, le prévenu présente une personnalité dépendante et une pédophilie légère. Au moment des faits, il n’avait pas de travail et sortait d’une rupture sentimentale. Des conditions qui auraient favorisé le passage à l’acte. Aujourd’hui, malgré des dettes et des poursuites, il a une activité et une copine stable.
Le procureur Joël Schwarzentrub réclame 18?mois de prison avec un sursis de cinq ans. Sursis durant lequel le prévenu devra obligatoirement suivre une psychothérapie pour pallier le risque de récidive. Le tribunal a suivi son réquisitoire.
Catherine Focas (24 heures)
Créé: 08.05.2012, 08h18
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