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Marché du travail

De plus en plus de chômeurs titulaires d'un doctorat

Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 14.08.2012 6 Commentaires

Il n'y a pas qu'en Espagne où des jeunes très qualifiés sont sans emploi. La Suisse compte aujourd'hui pas moins de 2337 chômeurs au bénéfice d'un doctorat.

Après un doctorat, l'accès au marché de l'emploi peut se révéler encore plus glissant. (archives)

Après un doctorat, l'accès au marché de l'emploi peut se révéler encore plus glissant. (archives)
Image: Keystone

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Sur les 116'294 personnes inscrites au chômage en Suisse, 2337, soit environ 2%, sont titulaires d'un doctorat, selon les chiffres du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) pour le mois de juillet. C'est deux fois plus qu'en 2009.

Cette forte hausse, qui semble ne pas être à son terme, s'explique en partie par l'augmentation du nombre d'étudiants qui choisissent de faire une thèse. Pas moins de 3488 thèses de doctorats ont été déposées l'an dernier en Suisse, contre 2822 en 2000, relève le Tages-Anzeiger dans une enquête publiée lundi.

Gros écarts selon les spécialités

La progression du nombre de «docteurs chômeurs» est toutefois sensiblement plus forte. Elle frappe en outre particulièrement les sciences humaines et les lettres. Les doctorants qui approfondissent leurs connaissances dans ces branches ne sont que 61% à trouver un emploi dans l'année.

Les designers sont parmi les plus touchés par la désaffection du marché de l'emploi: selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS), ils ne sont que 38% à trouver un job dans les douze mois qui suivent l'obtention de leur titre. En comparaison, le quota de réussite est de 81% à 93% chez les docteurs en médecine, en droit ou spécialisés dans les sciences techniques.

Pas une solution de secours

Il est vrai aussi que le nombre de dissertations en sciences sociales et en lettres a doublé entre 2000 et aujourd'hui à 525 par année. Une hausse due pour une partie à la difficulté des intéressés à trouver un job correspondant à leurs aspirations, une fois passés le Bachelor et le Master.

Le doctorat devient en quelque sorte la troisième étape des études, résume Markus Diem, docteur en psychologie et directeur de l'orientation professionnelle de l'Université de Bâle. Ceux qui voient dans le doctorat une échappatoire sont toutefois mal inspirés.

Pendant leur thèse, qui en général s'étend sur six semestres, ils se coupent la possibilité de faire des stages pratiques et des programmes d'insertion, note l'expert bâlois. Lorsqu'ils ont terminé, à 30 ans et plus, «ils sont tout simplement trop vieux pour beaucoup de choses».

Entrer sur le marché pendant les études

Autrement dit: «ne doivent embrasser une thèse que celles et ceux qui se destinent ensuite à la recherche, à l'expertise ou à une carrière académique». Un constat que recoupe l'analyse de Natalie Breitenstein, conseillère en orientation de l'Université de Zurich.

Celle-ci conseille même aux étudiants de ne pas attendre la fin de leur cursus universitaire pour entrer sur le marché du travail. «Il faut aujourd'hui planifier de bonne heure son avenir professionnel», explique-t-elle. «Même avec la réforme de Bologne, il est possible de travailler à côté des études».

Un contact précoce avec le marché du travail est déterminant pour la carrière future. Ce d'autant plus, notent les experts des Offices régionaux de placement, que les entreprises peuvent aujourd'hui recruter de nombreuses personnes qualifiées qui arrivent de l'étranger en étant déjà au bénéfice d'une ou plusieurs expériences professionnelles. (Newsnet)

Créé: 14.08.2012, 06h32

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6 Commentaires

Jean-François Chappuis

14.08.2012, 09:21 Heures
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Aujourd'hui trop de jeunes choisissent la voie gymnasiale, ensuite les meilleurs vont à l'Université ou L'EPFL,Certains arrivent au terme de leurs études et sont sur qualifiés, mais sans expérience! Ne trouvant pas de travail dans leur branche, après le master, ils font un doctorat, en négligeant de rentrer dans le marché du travail..Plus en plus d'entreprises étrangères arrivent avec leurs cadres Répondre


David Rouzeau

14.08.2012, 09:20 Heures
Signaler un abus 7 Recommandation 0

A 30 ans, en quoi est-on «tout simplement trop vieux pour beaucoup de choses» ainsi que le dit le directeur de l'orientation professionnelle de l'Université de Bâle? On n'arrête pas de constater que la vie se rallonge, que l'âge de la retraite sera sans doute encore repoussé, pourquoi dire cela? C'est absurde. On voit ici l'arrogance et le mépris du monde du travail, aux règles parfois arbitraires Répondre



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