Qui pour succéder au père fondateur des Vert’libéraux?

DémissionMartin Bäumle quitte la présidence, après avoir dirigé le parti depuis sa création. Début d’une nouvelle ère.

Martin Bäumle a annoncé vendredi son retrait de la présidence des Vert'libéraux après avoir passé 10 ans à cette fonction.

Martin Bäumle a annoncé vendredi son retrait de la présidence des Vert'libéraux après avoir passé 10 ans à cette fonction. Image: Keystone

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C’est la démission d’un homme qui incarne l’idée vert'libérale en Suisse alémanique. Martin Bäumle quitte la présidence d’une formation qu’il a lui-même fondée. «Notre parti fêtera ses dix ans cet été, c’est le moment idéal pour laisser la place, explique-t-il dans une salle bondée de journalistes. Nous avons réussi à imposer l’alliance de l’économie et de l’écologie dans l’agenda politique.» La suite? «Je continuerai mon mandat de conseiller national, et poursuivrai mon engagement au sein du comité.» Pour le reste, Martin Bäumle ne ferme aucune porte.

La favorite et l’outsider

Sa succession se fera lors de l’assemblée du parti le 26 août. Mais à Berne, toute la sphère politico-médiatique s’intéresse déjà à celui qui reprendra le flambeau. Compte tenu de la force du parti, la perle rare devrait être alémanique. Un nom revient sur toutes les lèvres: Tiana Moser, la favorite. Son parcours fait d’elle la candidate idéale. Conseillère nationale, la Zurichoise est l’actuelle présidente du groupe vert’libéral. Solide et compétente, cette mère de famille de 38 ans est diplômée de l’EPFZ. Sous la Coupole, elle est respectée tant par les siens que par les autres partis. Urbaine, elle est à l’image de cet électorat jeune, citadin, écolo et progressiste que drague le parti. Sa maîtrise du français, lui permettrait aussi de rayonner en Romandie, là où Martin Bäumle a échoué.

Parmi les outsiders, le Bernois Jürg Grossen. Entrepreneur, le conseiller national de 48 ans est un homme du terrain, et pourrait représenter une alternative. Côté romand, la seule personnalité qui a une chance, c’est Isabelle Chevalley, vice-présidente du parti. Mais pour le moment, la Vaudoise a d’autres priorités. Elle se bat pour une place au Conseil d’Etat. Les élections ont lieu dimanche.

Quelle que soit la personnalité qui reprendra la tête des Vert’libéraux, sa tâche ne sera pas aisée, tant l’empreinte de Martin Bäumle est omniprésente. Président dès la création du parti en 2007, il l’aura accompagné vers des sommets. L’année 2011 est à marquer d’une pierre blanche. La formation obtient 5.4% des voix lors des élections fédérales. En s’emparant de douze sièges de conseillers nationaux et de deux fauteuils de sénateur, le parti fait sensation.

Alors qu’il était le seul élu en 2004, voici le Zurichois à la tête d’un groupe parlementaire. Il devient le faiseur de rois. Son parti amène des thèmes progressistes comme le «mariage civil pour tous». Dans la foulée, 19 sections cantonales sont créées. Les Vert’libéraux poussent la porte de 17 parlements cantonaux. C’est le temps des conquêtes.

Homme de caractère

La chute n’en sera que plus brutale. La première initiative des Vert’libéraux «Remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie» obtient l’un des pires résultats de l’histoire. Et beaucoup pointent du doigt l’acharnement de Martin Bäumle à maintenir le texte alors que plusieurs appellent à un retrait. L’homme n’aime pas la contradiction. Il dirige le parti d’une main de fer, jusqu’à l’épuisement. En 2014, c’est son corps qui dit stop. Il est victime d’une crise cardiaque. Pas de quoi calmer la bête politique. Rétabli, mais affaibli, il annonce poursuivre l’ensemble de ses mandats. Une année plus tard son parti traverse une Berezina, décimé de moitié lors des élections fédérales. Certains regrettent aujourd’hui qu’il n’ait pas profité de son pépin de santé pour mieux préparer sa succession.

L’homme est têtu. Ceux qui le connaissent ne le nient pas et voient cela comme une qualité plus qu’un défaut. «Avec son énergie et son opiniâtreté, il a fait du parti ce qu’il est aujourd’hui, témoigne Laurent Seydoux qui l’a beaucoup côtoyé lorsqu’il était à la vice-présidence des Vert’libéraux. C’est un homme qui sait prendre ses responsabilités.»

Isabelle Chevalley ne dit pas le contraire. «Il faut du caractère pour lancer un parti comme les Vert’libéraux. Ce n’est pas toujours facile de travailler avec lui, mais lorsque vous avez réussi à créer un lien, alors il s’établit une vraie confiance. Jamais il ne m’aurait trahie.» (24 heures)

Créé: 19.05.2017, 15h54

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