A la recherche du meilleur hacker de Suisse

InternetLes surdoués du piratage informatique sont très recherchés par les secteurs privés et publics pour assurer leur sécurité.

En mars 2014, 300 hackers européens s’étaient retrouvés à Genève pour la 7e?édition du «Insomni’hack», une compétition de hacking éthique.

En mars 2014, 300 hackers européens s’étaient retrouvés à Genève pour la 7e?édition du «Insomni’hack», une compétition de hacking éthique. Image: AFP

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Du 11 au 13 septembre, Sursee (LU) accueillera la finale du très moderne Cyber Security Challenge, une compétition destinée à départager les meilleurs hackers de Suisse. Des représentants d’entreprises du secteur privé et public seront présents. Outre les honneurs, les 20 finalistes auront peut-être l’occasion de décrocher un emploi.

Soutenir et engager des pirates informatiques? Autant dérouler le tapis rouge avant de laisser entrer le loup dans la bergerie! «Le terme «hacker» possède une connotation négative, nuance Bernhard Tellenbach, membre du jury et président de l’association organisatrice Swiss Cyber Storm. En réalité, il s’agit de personnes expertes en sécurité informatique.»

Dans le monde d’Internet, les «mauvais» hackers côtoient les «bons»: les premiers forcent illégalement les systèmes informatiques dans le but d’en voler des données, les seconds s’efforcent de construire les protections les plus efficaces possibles contre les intrus. Le concours ne tolère d’ailleurs pas la première catégorie: un candidat coupable d’un acte illégal ne peut participer.

Grand manque

La première phase du concours a réuni 201 participants et a eu lieu sur une plateforme Internet. A Sursee, les jeunes talents seront soumis à diverses épreuves qui testeront, dans un temps limité, leurs aptitudes à maîtriser certains programmes, résoudre des problèmes, repérer des failles dans un système et savoir comment y remédier. Des capacités aujourd’hui très recherchées par de nombreux employeurs, dans les banques, la grande industrie, la recherche ou encore les pouvoirs publics.

Comme la plupart des pays européens, la Suisse manque cruellement de personnel spécialisé dans la sécurité informatique. Les cas de cyberattaques sont devenus réguliers, à l’exemple récent, survenu il y a quelques jours, du vol de données d’un site de rencontre réservé aux personnes en recherche d’aventures extraconjugales. Les pirates ont publié des dizaines de milliers de noms sur la Toile, dont ceux d’employés des services du Vatican, des Nations Unies… et même de l’administration vaudoise.

Urgence

La situation devient urgente. «De nombreuses entreprises sont en train d’investir d’importantes sommes d’argent pour renforcer leur sécurité», révèle Bernhard Tellenbach. Or comme dans la plupart des formations du domaine des MINT (mathématique, informatique, sciences naturelles et technique), les candidats ne se ramassent pas à la pelle. «Il s’agit d’une formation technique qui requiert de plus une spécialisation», explique l’informaticien. Résultat, ce sont surtout les spécialistes au bénéfice d’une expérience pratique qui manquent. L’association Swiss Cyber Storm, fondée en 2012, s’est ainsi fixé pour but de motiver les talents à s’engager dans la voie de la cybersécurité. Raison pour laquelle la compétition vise en particulier de très jeunes informaticiens, âgés de 14 à 30 ans. La Confédération, consciente de la pénurie, a jugé l’idée excellente; le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et celui des Finances (DFF) soutiennent la manifestation, de même que des Hautes Ecoles, à l’instar de celles de sciences appliquées de Zurich et de Berne.

Les dix gagnants formeront l’équipe suisse pour le premier European Cyber Security Challenge, réunissant six pays, l’Allemagne, l’Autriche, l’Angleterre, l’Espagne, la Roumanie et la Suisse. Les épreuves ultimes auront lieu à la fin d’octobre au Palais de la culture et des congrès (KKL) de Lucerne. (24 heures)

Créé: 10.09.2015, 10h13

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