Un Fribourgeois abusé par un prêtre publie un livre

ReligionAvec son ouvrage «Mon Père, je vous pardonne», Daniel Pittet espère encourager d'autres victimes à parler.

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Violé pendant des années par un prêtre pédophile dans son enfance, un Fribourgeois publie un livre-témoignage qui fait grand bruit. L'auteur accorde son pardon, mais appelle aussi les victimes d'abus à parler. L'Eglise promet une enquête.

L'affaire avait déjà été médiatisée en 2008. Elle revient sur le devant de la scène avec le témoignage détaillé de la victime Daniel Pittet, dans son ouvrage intitulé «Mon Père, je vous pardonne». Le livre, préfacé par le pape François, sortira en librairie vendredi.

Le bibliothécaire âgé de 58 ans y raconte qu'il a été violé par un prêtre capucin dès l'âge de 9 ans à Fribourg entre 1968 et 1972. Aujourd'hui père de famille, il a gardé la foi, et il a pardonné à son abuseur. Il lui a même permis de s'exprimer dans le livre. Mais il espère que ce récit aidera d'autres victimes à parler.

Justice impuissante

En 1989, Daniel Pittet a alerté le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, après avoir rencontré un enfant victime du prêtre pédophile. Les capucins ont déplacé le prêtre en France à Grenoble, puis à Lyon après de nouveaux soupçons. Aujourd'hui, il est âgé de 76 ans et vit dans un couvent de capucins en Suisse alémanique.

Dans les années 2000, Daniel Pittet a témoigné à la télévision. Le Ministère public fribourgeois a enquêté. Son rapport rendu public en 2008 recensait en Suisse 22 victimes entre 1958 et 1995 (Fribourg, Vaud, Valais, Genève). Mais tous ces cas étaient prescrits. Daniel Pittet, lui, estime que le prêtre a fait une centaine de victimes.

Le bourreau n'a pas passé un seul jour en prison. Sa seule sanction a été une peine de deux ans et demi avec sursis, pour des abus sur son neveu et sur un autre enfant dans les années 1990. Ce jugement a été rendu par le Tribunal de grande instance de Grenoble en 2012.

Mea culpa des capucins

Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg et président de la Conférence des évêques suisses, a été interpellé par les informations détaillées dans l'ouvrage de Daniel Pittet. Il souhaite faire la lumière sur la possible implication d'autres personnes. Aidés par une instance juridique indépendante, les capucins de Suisse vont établir dans quelle mesure d'autres victimes pourraient être identifiées. Les résultats des enquêtes du diocèse et des capucins seront communiqués «en temps voulu».

Les victimes sont vivement invitées à se faire connaître de la justice. Les cas prescrits que la justice suisse ne pourra pas prendre en compte feront au moins l'objet d'une procédure canonique.

Les capucins et le diocèse déplorent les erreurs commises à l'époque. Les capucins reconnaissent que leur façon d'agir alors envers les auteurs d'abus n'a fait que permettre d'autres viols. Ils n'ont pas pris assez au sérieux les dénonciations. Et ils ont agi uniquement à l'interne par des déplacements ou des interdictions de ministère, afin de préserver la réputation de l'ordre ou de l'Eglise. (ats/nxp)

Créé: 13.02.2017, 20h43

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