250 ans dans la vie des Vaudois
1818: Le doyen Bridel voterait UDC
Dossiers
«Le Suisse devrait avoir une poésie qui lui fût inspirée par sa patrie» Philippe-Sirice Bridel
(Image: REPRODUCTION SEDRIK NEMETH/EDIPRESSE)
Cette année là...
5 février?
12 février?Après la bataille de Maipù, O’Higgins proclame l’indépendance du Chili.
Dès septembre Le congrès d’Aix-la-Chapelle met fin à l’occupation de la France.
4 décembre?L’Illinois devient le 21e Etat des Etats-Unis, donnant la majorité aux anti-esclavagistes.
Expédition?Gaspard Théodore Mollien explore le Sénégal et la Gambie avec un âne et un interprète peul. Ce voyage s’avère très riche en trouvailles ethnographiques.
Les vélocipèdes du Luxembourg
L’image dit tout: en cette année 1818, de curieuses bécanes de bois passionnent les foules au jardin du Luxembourg, à Paris. (Image: DR)
Vous avez dit pommes et poires
1818 est une année d’abondance bienvenue pour l’agriculture. Au marché se trouvent, côté pommes, les reinettes jaunes, les reinettes vertes, les douces rouges, les douces blanches, les françoises et les pommes à beignets. Et les poires ne s’en laissent pas compter. Il y a les martin-sec, les virgoulettes, les ombrettes ou ambrettes, les bergamotes, miam, les louises-bonnes que l’on connaît encore, les prodiges, les beurré-gris, les échasseries
mrm
Philippe-Sirice, plus connu sous l’appellation de doyen Bridel, naît à Begnins en 1757. Ce fils et petit-fils de pasteurs fait paraître en 1818, chez Orell Füssli à Zurich, un Essai statistique sur le canton de Vaud. Il y recense tout, des rivières et de leurs poissons jusqu’aux origines du patois, en passant par la population et le découpage en 18 districts (lire ci-dessous). Revenons à son parcours. Son aïeul de 90?ans, en poste à L’Abbaye, lui inculque l’amour du latin, des montagnes, des lacs et de la patrie. Le petit entre ensuite au collège de Lausanne et à l’Académie, où il est toujours premier de classe. Il cultive néanmoins sa passion pour la nature en solitaire et se met à écrire des vers (assez médiocres) et à théoriser. «Le Suisse devrait avoir une poésie qui lui fût inspirée par sa patrie.» Il lit Virgile, Théocrite, Gessner, Cervantès et Rabelais. Et la mélancolie le guette. Lors d’une promenade en montagne, il s’attache à un vieux pâtre en qui il voit la vertu. «En sortant de ses bras, il me semblait que j’étais disposé à faire le bien avec un nouvel empressement.» Aimé de ses pairs, il devient consul du Sénat des étudiants. En 1781, il est consacré pasteur et épouse la fille de Jean-Abram Secretan, le banneret de Lausanne.
Introduit dans la haute société
Devenu vicaire de Prilly, il publie Poésies helvétiennes. «Nos lacs et nos torrents me tiendront lieu de mers.» L’écrivain Deyverdun l’introduit auprès du médecin Tissot, du docteur Verdeil et du prince de Wurtemberg. Un séjour de convalescence à Gryon l’ouvre à la botanique. Dans ses Etrennes helvétiennes (qui paraissent dès 1782), il loue les beaux faits des noueux ancêtres, les valeurs, la simplicité et tout ce qui flatte son nationalisme.
La Révolution française le surprend pasteur de l’Eglise française à Bâle, où il passe dix ans. Un cercle littéraire, la secte des Illuminés, tente de le gagner aux idées nouvelles, mais, ne pouvant prêter serment d’être fidèle aux chefs de la secte, il coupe court. Ce qui ne l’empêche pas de refuser d’écrire une défense du gouvernement de Berne. Ses sermons se font l’écho de la vie patriarcale. Ses écrits respirent l’amour de la vieille Confédération. Il aime marcher.
«Je suis né pour les champs et non pour la ville.» Comme si on avait entendu son appel, le pasteur se retrouve en poste à Château-d’Œx. Belles années, malgré l’incendie de 1800… et la libération du Pays de Vaud. «Son cœur était à la vieille Suisse, idéalisée dans son imagination: la révolution, qui venait de renverser cette idole, devint à ses yeux le génie du mal», écrit son biographe Louis Vulliemin. La consolation, le pasteur la cherche auprès de la grassette, de la saxifrage et de la gentiane. Il avoue deux muses: la poésie et l’histoire. D’où son goût pour les légendes héroïques.
Lorsqu’il arrive à Montreux, en 1905, 3000?personnes y vivent. Il ouvre trois nouvelles écoles. Et de se définir: «Je ne suis ni catholique ni réformé mais chrétien; ni démocrate ni aristocrate, mais patriote dans l’ancien sens de ce mot.» L’un des fondateurs de la Société suisse des sciences naturelles s’intéresse de plus en plus au patois. En porte-à-faux avec son temps, il a quelques démêlés avec la justice suite à des sermons réactionnaires. On l’invite à la modération et à la prudence. Le Conservateur Suisse , qui a supplanté les Etrennes, cesse de paraître faute de lecteurs. Une dernière confession: «Je ne désire point être lu par des étrangers.» En 1845, il meurt à 88?ans. Dix ans plus tard, son biographe témoigne: «Comme écrivain, il ne saurait être rangé parmi les modèles.»
Source: Le doyen Bridel, Louis Vulliemin, chez Georges Bridel, Lausanne, 1855.
Un Vaudois sur cinq dépend du vignoble
La vigne rayonne en ce début du XIXe siècle. Elle requiert l’emploi annuel de
Et dans le Pays d’En-haut, on tresse beaucoup de paille pour les chapeaux. La Vallée se signale par plusieurs ateliers d’horlogerie.
Le principal commerce consiste en transit de marchandises de France pour la Suisse et l’Allemagne.
Les écoles primaires enseignent à lire, à écrire, l’arithmétique, le chant des Psaumes et les éléments de la religion. Les enfants y entrent à 7?ans, la loi punit les parents négligents. Dans les collèges de Lausanne, de Vevey, de Moudon, d’Yverdon, de Morges, de Payerne et d’Aubonne s’apprend le latin, le grec, la langue française, la géométrie, l’histoire et la géographie. Existent aussi des écoles de charité. L’Académie de Lausanne possède sa bibliothèque et des établissements comparables, mais publics, se sont ouverts à Morges, à Yverdon et à Vevey «dans le but louable de favoriser l’instruction de leurs concitoyens et d’empêcher autant que possible la circulation si dangereuse des mauvais livres».
Créé: 20.03.2012, 19h28
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
ABONNEMENTS MOBILE
Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.
ASSURANCES AUTO
Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 


























