250 ans dans la vie des Vaudois
1822: bestialité entre frères
Par Michel Rime. Mis à jour le 26.03.2012 1 Commentaire
Dossiers
Cette année-là...
13 janvier?L’Assemblée nationale d’Epidaure proclame l’indépendance de la Grèce.
Zanzibar?L’interdiction de la traite provoque une baisse sensible du prix des esclaves (40?dollars par tête vers 1780, 25 vers 1815, 20 en 1825).
7 septembre?Proclamation de l’indépendance du Brésil.
6 octobre?Pie VII rétablit 30 diocèses français, supprimés à la Révolution.
12 décembre?Le Congrès américain reconnaît l’indépendance de l’Argentine, de la Grande-Colombie, du Chili, du Pérou et du Mexique.
Aujourd’hui comme hier, le crime court par monts et par vaux. Aucun recoin de la terre n’en est préservé. Même pas ces hautes vallées alpines où, après Rousseau, les romantiques imaginaient le repaire du bon sauvage.
Nous sommes en 1822 dans le Kandertal si cher à l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi. Au lieu dit Schwandy, ce 25 septembre, Elisabeth Grossen, sœur de Jean Wandfluh (48?ans), de Kandergrund, entre dans la maison isolée de son frère, où elle le trouve baignant dans son sang. Alarmée par les rapports des voisins disant que depuis plusieurs jours on n’avait pas vu le Jean, elle s’était décidée à l’aller trouver.
Le spectacle la terrasse. Le sang sec et l’odeur attestent que le forfait a été commis quelques jours auparavant. Vingt et une blessures à la tête, épine dorsale et plusieurs côtes brisées, le corps couvert de meurtrissures, tel sera le constat du rapport de la préfecture de Frutigen. Ce haut lieu de l’Oberland bernois, que l’on atteint aujourd’hui facilement depuis Rougemont par la ligne du MOB jusqu’à Zweisimmen, puis Spiez, sur la rive sud du lac de Thoune, donne accès à Adelboden ou à Kandersteg. En ce début du XIXe siècle, point de Maison tropicale là-haut à Frutigen, comme c’est le cas depuis le percement du tunnel de base du Lötschberg, mais une agglomération paisible, rurale, que les touristes n’ont pas encore découverte.
Ils nient d’abord
Rapidement, le préfet fait arrêter Paul Wandfluh (45?ans), frère de la victime et père de deux enfants, ainsi que Chrétien (53?ans), l’autre frère célibataire. Les deux vivent au même endroit non loin du chef-lieu. Ils nient tout d’abord, puis avouent ce que le Messager boiteux, relatant ce fait divers, nomme «une action abominable, un des exemples les plus terribles de l’endurcissement du cœur humain». Il y en a eu bien d’autres depuis…
Citons l’Almanach pour comprendre les motivations du forfait. «Ils avaient conçu contre leur malheureux frère une haine irréconciliable, qu’ils manifestaient depuis longtemps par des menaces, parce qu’il avait été favorisé dans le testament de leur oncle Pierre Kollen, chez lequel il avait servi pendant vingt-deux?ans. Ils se croyaient lésés dans le partage de cette succession par leur frère, qu’ils accusaient d’avoir soustrait quelques fromages. Aussi avaient-ils tenté plusieurs fois de s’en défaire, soit en l’empoisonnant, ou en lui tirant des coups de fusil; ou, comme l’impie superstition le croit, de le faire mourir par des charmes ou des maléfices. Comme aucun de ces projets n’avait réussi, Chrétien Wandfluh prit, le 19 septembre, la barbare résolution de commettre le fratricide et y engagea Paul, son frère cadet.»
Le 20 septembre, ils se rendent donc chez Jean et se cachent. Lorsqu’ils le voient sortir de l’écurie, ils l’accablent d’une grêle de pierres. Le malheureux se réfugie dans la cuisine, sans parvenir à en verrouiller la porte. Ses frères le rouent de coups de bâton et le renversent à terre. Il se relève, se saisit d’un maillet pour se défendre et gagne la chambre où ils le poursuivent. Ils lui frappent sur la tête violemment.
L’un se saisit d’un marteau, l’autre d’un bâton noueux et l’assaillent de coups au visage, sur le dos et les reins. Jean tombe à terre, ils continuent à le frapper et le foulent aux pieds. Après une demi-heure de lutte acharnée, ils le laissent sans mouvement. S’envoient une bonne rasade de kirsch, dérobent vingt pièces de fromage de chèvre, deux chemises, deux draps et une paire de souliers, avant de fuir.
Aux ecclésiastiques venus les voir en prison, ils raconteront comment leurs parents toujours en dispute les avaient abandonnés à eux-mêmes, sans instruction, ne sachant ni lire ni écrire. Les Wandfluh sont condamnés au supplice de la roue en février 1823. «Les deux coupables furent d’abord étranglés, ensuite rompus; puis leurs corps exposés sur la roue, où ils demeurèrent jusqu’au soir. Après quoi, ils furent enfouis sous la potence.» (24 heures)
Créé: 26.03.2012, 22h53
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1 Commentaire
Je suis un peu étonnée que vous publiez ce crime des Bernois, à part que c'est publié dans le messager boiteux, je ne vois pas le rapport avec l'histoire des Vaudois??? Par contre pourqoi n'avez-vous rien publié concernant 1822, ou un certain Vaudois Tardent est parti de Vevey pour devenir les Vignerons du Tsar, c'est une histoire connue et vaudoise. Salutations Gaelhac J. Maes guide à Vevey. Répondre
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