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250 ans dans la vie des Vaudois

1846: Dur début pour la BCV

Par Olivier Wurlod. Mis à jour le 01.05.2012

La banque cantonale peine à réunir son premier capital de 2 millions.

1/3 Ce bâtiment, au numéro 1 actuel de la rue Saint-Pierre, a abrité les premiers bureaux de la BCV.
Musée historique de Lausanne

   

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Ce lundi 29 juin 1846, de nombreux curieux s’attroupent devant l’Hôtel du Faucon au numéro 1 de la rue Saint-Pierre. Le bâtiment, choisi par le Grand Conseil comme local de la future banque vaudoise, reçoit le coffre-fort des anciens évêques de Lausanne. Décrit par le Courrier suisse comme un meuble de fer d’une capacité gigantesque, son installation est au centre de toutes les attentions. Jugée très dangereuse pour l’époque, l’opération se solde par un accident qui coûte la jambe à l’un des ouvriers chargés de le hisser dans la première banque commerciale que compte le Pays de Vaud. Son ouverture suscite une vaste polémique. Est-il judicieux d’ouvrir une banque cantonale dans un pays dont la grande majorité de la population réside encore à la campagne? Cette question divise les autorités et la presse pendant plusieurs années. Dans son édition du 17 juin 1845, le Courrier suisse s’interroge sur la nécessité d’un tel établissement, puisque le «canton de Vaud a su atteindre un haut degré de prospérité sans autre secours que le travail intelligent de ses habitants». Ce à quoi le Nouvelliste vaudois réplique «que l’heureux succès obtenu dans d’autres cantons (Berne et Zurich) engage quelques citoyens amis de leur pays à appliquer au Pays de Vaud cette utile institution».

Depuis Genève
Jusqu’ici, le canton ne dispose d’aucune banque émettrice de crédits ou de papiers monnaie, et les quelques institutions privées installées sur place concentrent leurs activités dans la gestion de fortune. Du coup, toutes les opérations financières sont réalisées depuis Genève, voire depuis Paris.

La donne change en 1845, suite à la révolution radicale qui touche le Pays de Vaud. L’économie vaudoise connaît alors de fortes et profondes perturbations. Cet état des lieux pousse la population à réclamer, par le biais de nombreuses pétitions, la création d’un établissement financier cantonal.

Les nouvelles autorités vaudoises, sous l’influence du conseiller d’Etat Veret, adoptent le 28 mai 1845 le projet de constitution d’une banque. Une pierre d’achoppement subsiste pourtant quant à la nature de l’établissement. Faut-il encourager la mise en place d’une banque d’Etat, d’une banque privée ou d’un modèle mixte? Finalement, la mixité emporte les faveurs du Grand Conseil et la banque cantonale est fondée à la fin de l’année comme établissement de droit public, sous forme d’une société anonyme.

Actions de 400 francs
Elle est censée être dotée d’un capital de 2 millions dont la moitié des fonds doit sortir des poches de l’Etat et l’autre provenir des 2500 actions de 400 francs émises pour l’occasion. Plusieurs obstacles vont ralentir la réunion d’un tel capital. Du côté de l’Etat de Vaud, la crise économique qui frappe l’empêche de mettre immédiatement à disposition l’entier de sa part. Quant aux actions nominatives de 400 francs, leur placement s’avère beaucoup plus ardu que prévu. Au 28 mai 1846, seules 800 actions, sur les 2500 prévues, ont un souscripteur et cela après une vaste campagne menée par la Chambre de commerce et des monnaies. Mettant en évidence ses difficultés, elle en propose même à la place financière genevoise. Une opération de séduction qui ne débouche sur rien.

La banque cantonale finit par combler une partie de ce manque de fonds propres grâce à la Banque Cantonale de Berne. Cette dernière, créée en 1834, avance à la BCV la somme de 200 000 francs. Le 31 décembre 1847, seuls 725 000 francs figurent à son bilan, bien loin des 2 millions envisagés lors de la signature du décret à l’origine de la banque. En haussant l’intérêt de son dividende de 3 à 5%, elle finit par rendre ces actions intéressantes aux yeux des investisseurs potentiels. Il faudra atteindre la fin de l’année 1852 pour que le fonds social de la banque dépasse les 2 millions et respecte enfin les normes souhaitées à sa création. (24 heures)

Créé: 01.05.2012, 21h25

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