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Les 250 ans de 24 heures

1863 : Club alpin si masculin

Par Philippe Dumartheray. Mis à jour le 28.05.2012 1 Commentaire

Le CAS est fondé à Olten pour contrer la domination anglaise dans les Alpes

1/2 Le profil de la Dent-Blanche et la cabane du Mountet, construite en 1887.
Image: E. Busset/CLUB ALPIN SUISSE

   

Cette année-là

1er janvier?En pleine guerre de Sécession, Lincoln signe la Proclamation d’émancipation: les esclaves des Etats qui continuent à se battre contre l’Union sont affranchis.
6 février?Napoléon III exprime l’idée que le territoire algérien ne saurait être considéré comme une «colonie, mais comme un royaume arabe».
23 avril Le roi du Cambodge, Norodom Ier, signe un traité par lequel la France établit un protectorat au Cambodge.
14 novembre?Londres cède les îles Ioniennes à la Grèce. Ces îles sont sous protectorat britannique depuis 1815.

L'Olympia de Manet scandalise

?Olympia, peint par Edouard Manet, enclenche une polémique plus féroce encore que celle suscitée par son Déjeuner sur l’herbe. Le tableau est jugé «immoral et laid». Et le fait que l’odalisque soit une prostituée richement entretenue n’arrange pas les choses.

Rétrospective

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En ce temps-là, l’âge d’or de l’alpinisme (1854-1865) touche à sa fin. Les principaux sommets sont conquis, le Cervin le sera en 1865. Mais ce sont les Anglais (des universitaires et des aristocrates principalement) qui mènent les cordées. Ne viennent-ils pas de fonder, en 1857, l’Alpine Club? Eh oui, le premier club alpin est British.

La création du Club alpin suisse (CAS), en 1863, se lit donc comme une réponse patriotique à cette mainmise d’outre-Manche. Ce que confirment les propos du premier président, Rudolf Theodor Simler, craignant que pour s’informer sur les Alpes, les Suisses doivent recourir aux publications anglaises: «Une telle chose serait pour nous fâcheux, voire honteux.»

Le Club est fondé par 35?personnes au Buffet de la Gare d’Olten, le 19 avril. Il compte à ce jour huit sections, dont celle des Diablerets de Lausanne. Son ambition est moins la promotion des premières ascensions que l’exploration des Alpes et leur mise en valeur par l’implantation de refuges et de cabanes. On sait aussi qu’un Bollinger de Vevey, membre du CAS, réussit, le 23 juillet de la même année, l’ascension du Mont-Blanc par un temps de brouillard et de vent.

Première expédition officielle à Glaris Quatre jours plus tard, dans la Gazette de Lausanne, une petite annonce prévient «MM. les membres du Club que le départ de l’expédition officielle dans les environs du Toedi et des glaciers des Clarides (ndlr: dans les alpes glaronaises) a été fixé du 9 au 17 du mois d’août. On se rassemblera immanquablement dimanche 9 aux Bains de Strachelberg, station centrale d’où partiront les différentes expéditions.» En 1863 toujours, sera construite la première cabane, la Grünhornhütte, tout près du Tödi.

Durant ses premières années d’existence, le club est un repaire de notables. Pas moins de quatre conseillers fédéraux appartiennent à la section bernoise. Et, à Winterthour, les membres se recrutent parmi les grands noms de l’industrie, les Sulzer, les Bühler. Les étrangers ne sont pas toujours les bienvenus, comme le précise bien plus tard (en 1960) cet extrait des statuts: «La section Chasseral est une association nationale de citoyens suisses. Des étrangers peuvent y être admis, mais en nombre limité.»

Quant aux femmes, dès le début, elles sont exclues du Club alpin suisse. En 1838 pourtant, la Genevoise Henriette D’Angeville avait marqué les esprits en gravissant le Mont-Blanc.

L’amour de la montagne va naturellement inciter les femmes à fonder leur propre club national. C’est chose faite le 24 mai 1918, à Lausanne, sous la houlette d’Aline Margot-Colas. Cette hôtelière de Montreux préside déjà le Club des femmes alpinistes (CSFA). A ses débuts, l’association compte sept sections (Montreux, Genève, Vevey, Lausanne, Neuchâtel, Lugano et La Chaux-de-Fonds) et, très vite, pas moins de 700 membres.

Il faudra beaucoup de temps pour que le CAS, véritable bastion macho, accepte l’union des deux clubs. Le 31 mars 1978, Jean-Bernard Desfayes relève, dans 24?heures, que les alpinistes de la section lausannoise ont admis le principe d’agrandir leur clan en acceptant les femmes. «Ainsi donc, les mâles vaudois, après avoir été les premiers en Suisse à octroyer le droit de vote à leurs compagnes, récidivent. Sage prise de position qui n’a pourtant qu’une valeur consultative.» Mais comme le relevait René Mayor, toujours dans les colonnes de 24?heures, «on prétendait, en coulisses, que certains membres opposants craignaient de voir s’écrouler, avec l’arrivée des femmes, le dernier bastion de leur indépendance vis-à-vis de leur épouse».

Deux ans plus tard, la fusion opère entre le Club suisse des femmes alpinistes et le Club alpin suisse. Il regroupe, de nos jours, les amoureux de la montagne dès l’âge de 6 ans. Avec ses 112 sections, ses 120?000 membres et ses 45 cabanes, il fait partie du patrimoine helvétique. (24 heures)

Créé: 28.05.2012, 22h40

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1 Commentaire

Nathalie Deriaz

29.05.2012, 19:37 Heures
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Petite précision, à fin 2011 le CAS compte plus de 135'000 membres, effectivement répartis dans 112 sections, et gère 153 cabanes.Pour l'anecdote, la cabane du Grünhorn existe toujours, elle n'a jamais été modernisée et aujourd'hui c'est un musée ! Répondre



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