Les 250 ans de 24 heures
1931: 1er vol stratosphérique
Par Philippe Dumartheray. Mis à jour le 02.09.2012
Dossiers
Rétrospective
Cette année-là...
30 janvier A Hollywood, Charlie Chaplin reçoit un accueil triomphal pour Les lumières de la ville. C’est son premier film après l’avènement du parlant. Il est pourtant presque entièrement muet.
3 mars Création de l’hymne national américain, The Star-Spangled Banner.
14 avril Les républicains espagnols, grands vainqueurs des élections, proclament la République. Le roi Alphonse XII abdique et s’exile en France.
1er mai Inauguration de l’Empire State Building, véritable symbole économique de New York.
«M» le mythique
S’il existe un film culte, c’est bien celui-ci: M le Maudit, tourné par Fritz Lang et sorti en 1931.
Un tueur d’enfants, interprété par Peter Lorre, terrorise les habitants d’une ville, si bien que la police déclenche une vaste opération pour le capturer. La pègre le traque aussi. Et c’est un aveugle qui le repère grâce à la chanson que le tueur siffle: Dans l’antre du roi de la montagne. Il lui dessine alors un M à la craie sur l’épaule…
Il fait encore nuit, ce 27 mai 1931, à Augsbourg. C’est de cette ville romantique de Bavière que le Vaudois Auguste Piccard a prévu de s’envoler en ballon en compagnie de son fidèle équipier, Paul Kipfer, pour gagner la stratosphère. Le départ est prévu à 5 h 30, juste avant l’aube, mais le sort en décide autrement. Car, très vite, les ennuis s’accumulent. Suite à une erreur, le ballon prend subitement de l’altitude juste après l’embarquement des deux scientifiques dans leur capsule de 2 mètres de diamètre. Puis l’appareil à oxygène donne des signes de faiblesse. Quant à leur engin, il n’est plus étanche après le choc du départ et l’oxygène si précieux pour la survie de l’équipage commence à s’échapper dangereusement. A 4 h 25 du matin, les deux hommes sont déjà à une altitude de 15 781 mètres, premiers êtres à accéder à la stratosphère.
Attendre la nuit pour revenir sur terre
La partie n’est pourtant pas encore gagnée. Deux heures plus tard, ils s’aperçoivent avec angoisse que la soupape qui permet de libérer de l’hydrogène pour redescendre a été bloquée par un cordage lors du décollage. Ils vont devoir attendre la nuit pour revenir sur terre. Un nouveau problème surgit alors. Le système permettant de réguler la température tombe à son tour en panne. Il commence à faire très chaud dans la capsule et les deux scientifiques risquent de mourir déshydratés.
Après dix-sept heures de vol, ils posent néanmoins pied à terre, en pleine nuit, sur le glacier de Gurgl, dans le Tyrol autrichien, à près de 2000 mètres d’altitude. Et ce n’est qu’au petit matin, après être restés prudemment près de leur capsule, qu’ils parviennent à rejoindre les habitants du village, qui leur font un accueil triomphal. Un journaliste à Auguste Piccard: «Il est dangereux de s’aventurer dans la stratosphère sans matériel de montagne.» Pince-sans-rire, Piccard lui rétorque que, s’il s’était posé sur le Palais des Festivals à Venise, il aurait dû emporter un smoking. Une remarque sans doute appréciée par Hergé, qui s’est inspiré du physicien suisse pour croquer le professeur Tournesol après l’avoir croisé à plusieurs reprises à Bruxelles.
Né à Bâle en 1884, Auguste Piccard a naturellement suivi la voie scientifique. Son grand-père est certes commissaire général du Canton de Vaud, mais son père dirige le département de chimie de l’Université de Bâle. Quant à son oncle, il a fourni les premières turbines installées au pied des chutes du Niagara.
Le jeune physicien vaudois réussit son premier exploit dans la stratosphère grâce à la Belgique. Plus précisément grâce au Fonds national de la recherche scientifique créé à l’initiative du roi Albert, qui lui octroie 400 000 francs belges pour son projet d’exploration de la stratosphère en ballon. Une entreprise qui sort de l’ordinaire, comme l’a du reste reconnu avec détachement Auguste Piccard dans une émission de télévision, en 1960: «On me disait: «Il y a peut-être des rayons de la mort à cette altitude.» Des rayons de la mort... Il n’y avait aucune raison qu’ils existent.»
Le plus grand danger n’était pas là. L’ancêtre des capsules spatiales, selon la NASA, a été construite par un fabricant de tonneaux de bière qui ne savait même pas à quoi était destiné ce drôle d’engin. Et, on l’a vu, Auguste Piccard a bénéficié d’un petit coup de pouce du destin lors de sa tentative dans la stratosphère.
Quelques vols plus tard avec un nouveau record à la clé (16 201 mètres au baromètre; 16 940 mètres selon des théodolites au sol), Auguste Piccard se tourne vers un autre de ses rêves: plonger dans les abysses. Après une longue interruption due à la guerre, il atteindra la profondeur de 3150 mètres à bord du Trieste, au large de l’Italie, en compagnie de son fils, Jacques, en 1953. (24 heures)
Créé: 02.09.2012, 19h15
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
ASSURANCES AUTO
Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 
























