Les 250 ans de 24 heures
1951: La télé au banc d’essai
Par Gérald Cordonier. Mis à jour le 01.10.2012 1 Commentaire
Dossiers
La première télé locale
Durant ces trois mois, Télé-Lausanne propose 104 émissions, d’une durée de 5 à 20 minutes, avec 290 artistes et 193 personnalités. Le studio est installé dans la chambre d’écho de Radio-Lausanne, à La Sallaz. On se regroupe en masse devant les variétés, les émissions pour enfants, le théâtre, les démonstrations sportives et les films. Le 28 mai, première séance du journal télévisé. Par-dessus tout, les téléspectateurs apprécient les émissions radiophoniques filmées et sont ravis de pouvoir mettre enfin un visage sur des voix connues: l’actrice Véronique Deschamps (première speakerine suisse), le journaliste Roger Nordmann ou l’animateur Roland Jay.
Rétrospective
Cette année-là...
12 février Première d’une série d’avalanches qui feront 92 morts dans les Alpes suisses. La ligne ferroviaire du Gothard est coupée durant plusieurs jours.
9 avril Les époux Rosenberg, soupçonnés d’espionnage au profit de l’URSS, sont condamnés à mort aux Etats-Unis.
Juin Le canton de Zurich fête les 600 ans de son entrée dans la Confédération.
10 juin Le Lausanne-Sport est champion de Suisse de foot.
12 octobre Inauguration de l’Ecole cantonale d’agriculture de Moudon.
Einstein le facétieux
Le jour du 72e anniversaire d’Albert Einstein, le 14 mars 1951, le photographe Arthur Sasse lui demande de faire un sourire pour la postérité. Au lieu de cela, le génie de la physique tire la langue. L’instantané va devenir une des images les plus célèbres de tous les temps. Einstein lui-même adore la photo, qu’il utilise comme carte de vœux. En 2009, un tirage original dédicacé par le père d’E = MC2 atteint la somme record de 72 300 dollars lors d’une vente aux enchères.
Le public s’amuse des erreurs techniques. L’image parfois médiocre donne «un peu d’authenticité» à l’expérience. Mais quand le son devient inaudible, la foule montre des «signes de mécontentement». Du 12 mars au 29 juin 1951, on vient de toute la Suisse romande à Lausanne pour découvrir la «télévision» en vrai.
Pionnière en Suisse, Télé-Lausanne diffuse un programme régulier d’émissions pendant trois mois. Cent quatre émissions sont produites en direct depuis le studio radio de la Sallaz, envoyées par ondes hertziennes et réceptionnées à travers la région.
Jusqu’ici, l’invention restait encore une chose lointaine. Rares ont été les démonstrations expérimentales qui ont permis de découvrir le nouveau média. Les visiteurs de l’Exposition nationale de 1939 avaient pu observer un poste-récepteur en action. Et en 1947 – à Lausanne déjà – la première véritable exhibition d’une installation complète de TV avait constitué le clou du Comptoir Suisse. Les caméras filmaient en direct, mais aucune émission n’était réellement diffusée.
La Suisse en retard
Lorsque les Lausannois découvrent réellement la petite lucarne, en 1951, la presse en parle depuis une bonne petite dizaine d’années. La boîte à images fait déjà la joie des Américains, des Anglais, des Allemands ou encore des Français. Alors qu’en Suisse l’ère est encore aux grandes craintes. Dans la presse romande, certains détracteurs diabolisent la télé, vue comme un «jouet pour grands enfants neurasthéniques» ou une «machine à malaxer le cerveau» qui «rendra le vice désirable» et «stériliserait les chefs de famille».
Qu’à cela ne tienne. Pour l’heure, la petite lucarne fascine déjà. Dans les rues de la capitale vaudoise, le rendez-vous devient rapidement incontournable. Tous les lundis, mercredis et vendredis, de 18 h 15 à 18 h 45 et de 20 h 40 à 21 h 30, la foule se masse devant les postes-récepteurs disposés aux Galeries du commerce, dans le hall de la gare ou celui de l’Hôtel des postes à Saint-François, dans les vitrines des Services Industriels ou celles du Théâtre municipal.
Le public peut également se réunir chez les marchands de radio – qui flairent rapidement le nouveau marché. Le Palace demande, début avril, l’autorisation de placer un récepteur dans ses salons pour contenter sa clientèle huppée.
«Il y a des habitués qui se pressent très longtemps avant le début des émissions pour s’assurer une bonne place, relaie l’hebdomadaire Radio Télévision. En règle générale, plus de 200 personnes assistent à la diffusion des programmes devant l’appareil situé à la place Chauderon.» Les Lausannois auraient même demandé de retarder le début des émissions d’un quart d’heure afin de pouvoir y assister après le travail.
Comme le syndic Jean Peitrequin l’écrira au cours des quatorze mois de préparation de Télé-Lausanne, l’expérience doit servir à «familiariser le public avec la télévision». L’opération doit, surtout, positionner avantageusement la ville dans la course à cette nouvelle technologie. Car la concurrence est rude: au bout du lac, les Genevois verraient eux aussi d’un bon œil l’installation future d’un studio fixe de Télévision romande, dès que la Confédération se sera – enfin – décidée à la développer. Pour être aux avant-postes, Lausanne investit 50 000 francs.
Côté technique, elle appelle le professeur Ernest Julliard, de l’Ecole polytechnique. Pour les contenus, les gens de Radio-Lausanne. Le tout est mené avec l’accord des PTT, sous l’égide de la SSR qui prépare, très lentement, le lancement de la télévision nationale. Celle-ci ne décollera officiellement qu’en 1957, après quatre années d’une phase expérimentale qui verra finalement la Ville et le Canton de Genève délier très largement les cordons de leurs bourses. Et réussir à intégrer le programme expérimental national développé depuis Zurich. (24 heures)
Créé: 01.10.2012, 21h50
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
1 Commentaire
euhh! Mais je me rappelle avoir été (avec d'autres enfants) intérrogée lors de la fête des mères.Ce devait être en 1950-51! C'est fou ça! MERCI 24H Répondre
ASSURANCES AUTO
Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 

























