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Les 250 ans de 24 heures

2003: Victoire à l’America’s Cup

Par Philippe Dumartheray. Mis à jour le 12.12.2012

Le Vaudois Bertrand Cardis participe au triomphe de Bertarelli à Auckland

Bertrand Cardis, directeur du chantier naval Decision SA, qui a fabriqué le bateau Alinghi.

Bertrand Cardis, directeur du chantier naval Decision SA, qui a fabriqué le bateau Alinghi.
Image: OLIVIER MAIRE/KESYTONE

Le bateau suisse dans la deuxième manche de la régate. (Image: Keystone )

Cette année-là...

15 février Une manifestation gigantesque réunit plus de 40 000 personnes, à Berne, pour protester contre la guerre en Irak.
9 avril Les forces américaines prennent le contrôle de Bagdad.
19 octobre L’UDC gagne les élections législatives et obtient, grâce à cette victoire, un deuxième siège au Conseil fédéral.
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Columbia explose

La navette Columbia, après une mission de 16 jours, disparaît lors de sa rentrée dans l’espace. Sept astronautes trouvent la mort. Sur cette image d’un satellite météo, les débris de la navette s’affichent en jaune et rouge. Sous la tache verte, Shreveport, la troisième ville de la Louisiane (USA).

Notre dossier

Dans la baie d’Auckland, la 31e édition de la Coupe de l’America connaît son épilogue le dimanche 2 mars 2003. Vainqueur des cinq régates, le voilier suisse Alinghi remporte la dernière course avec 45 secondes d’avance sur le voilier néo-zélandais.

Ce n’est pas une victoire, c’est un triomphe. La Suisse, pays sans façade maritime, enlève l’aiguière d’argent, le plus vieux trophée sportif du monde remporté la première fois en 1851 par les Américains sous les yeux de la reine Victoria. Grâce à un milliardaire fou de voile, Ernesto Bertarelli, grâce à une brochette de mercenaires néo-zélandais. Grâce enfin à la technologie suisse qui a permis de construire deux bateaux exceptionnels, le Sui64 et le Sui75. Bertrand Cardis, le patron du chantier naval, se rappelle très bien la genèse de cet incroyable succès. «Avril 2000, je travaille sur le catamaran d’Ernesto Bertarelli. Il me dit commencer sérieusement à penser à la Coupe de l’America. Qu’il cherche les personnes clés pour cette opération. Et que, s’il participe, c’est pour gagner.»

Quelques jours plus tard, Ernesto Bertarelli a trouvé sa «dream team» avec l’arrivée dans l’équipe de Russell Coutts et Brad Butterworth, les détenteurs de la Coupe de l’America. «Ernesto Bertarelli m’a téléphoné pour me prévenir que les deux prochains week-ends serviraient à affiner le projet, à évoquer les gens à engager, à prévoir le planning et à définir les valeurs que devait porter notre aventure.» C’est chose faite, en juillet, et le milliardaire annonce laconiquement: «On y va.»

Au-dessus de Vevey
La vie de Bertrand Cardis bascule. «Pour la Coupe de l’America, le chantier devait être en Suisse. Nous étions justement en train de construire un grand four chez nous, à Décision, à Fenil, au-dessus de Vevey. Nous pouvions mettre en avant nos années de collaboration avec l’EPFL. Un bel atout.» Les architectes sont choisis (Judel-Vrojlik) et le Chantier Décision est chargé de construire les bateaux.

«Le Sui64, commencé en septembre 2000, est livré début 2002. Tout s’est passé très vite. Nous avons dû adapter nos méthodes de travail aux Anglo-Saxons. Les architectes, heureusement, travaillaient dans des bureaux en face du chantier.» La suite se trouve encore dans la mémoire de Bertrand Cardis. Les premiers entraînements en Nouvelle-Zélande, l’arrivée du deuxième bateau, le Sui75, le début des régates, la finale des challengers, la Louis Vuitton qu’Alinghi gagne haut la main.

«Je suis arrivé à Auckland pour les quarts de finale de la Louis Vuitton. J’expliquais en direct à la Télévision romande les phases de course. Je pensais m’adresser à quelques insomniaques. Je ne savais pas l’engouement que suscitaient ces régates en Suisse.» Puis arrivent les courses de la Coupe de l’America contre le voilier néo-zélandais. «Lors de la première régate, le bateau des Kiwis a pris l’eau, le génois s’est déchiré. Première victoire. La deuxième course, Alinghi l’a gagnée sur le fil grâce à une manœuvre géniale de Russell Coutts. Ensuite tout s’est enchaîné. A la quatrième régate, les Néo-Zélandais ont perdu leur mat. A la cinquième, j’étais sur un canot moteur, le bateau suisse allait tout simplement plus vite. Je me suis dit, notre petite boîte a réussi à construire le voilier qui gagne la Coupe de l’America. Fabriquer des bateaux, c’est pour moi un rêve de gamin.»

Le constructeur se souvient enfin de la fête incroyable qui s’est ensuivie. De l’accueil mémorable en Suisse. «40 000 personnes sur les quais de Genève, alors qu’il faisait froid, c’était fabuleux.» Cette victoire a été un extraordinaire tremplin pour lui. Dans la foulée, il construit le Sui100 qui défend victorieusement la Coupe à Valence. Puis il s’est focalisé sur les Décision 35 qui remportent tous les Bols d’Or. Et, aujourd’hui, c’est le Solar Impulse de Bertrand Piccard qui est en cours de construction chez lui. (24 heures)

Créé: 12.12.2012, 21h07

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