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Elections cantonales: reportage dans les régions (7/10)

A Morges, la crise du logement plombe toute une région

Par Emmanuel Borloz. Mis à jour le 08.02.2012 12 Commentaires

Idéalement situé sur l’arc lémanique, le district est victime de son succès. Ils sont nombreux à vouloir y vivre, mais les places sont chères

1/3 Le major Eric Henry, commandant du SDIS Morget, craint pour ses effectifs: faute de logement, des pompiers doivent quitter la région.
Image: Philippe Maeder

   

A peine installée, une jeune Morgienne s'est fait agresser chez elle. Traumatisée, elle a développé plusieurs phobies. Pour les surmonter, elle tient absolument à déménager. Mais cela fait près de deux ans qu'elle cherche, sans succès. (Video: Anetka Muehlemann)

Les visites devaient commencer à 12?h?15… Mais, sur le coup de midi, ils sont déjà nombreux devant la porte de l’immeuble situé à deux pas de la gare de Morges. S’interrogeant les uns les autres du regard, ils cherchent le bon étage. Dans leurs poches, leur «convocation», en fait une annonce immobilière publiée sur internet. Et qui contient l’objet de toutes leurs convoitises: un appartement de 2,5 pièces sur le point de se libérer.

«Je multiplie les visites, mais je ne trouve rien. Dénicher un logement dans la région relève vraiment du parcours du combattant», déplore Joao Pereira, comme pour traduire l’état d’esprit qui règne dans la cour ce jour-là. Mais l’homme, en instance de divorce, a tout de même décidé de tenter sa chance. Comme tous les autres. Avec souvent les mêmes difficultés. Ainsi, chaque histoire est différente, mais le sentiment général de ceux qui cherchent ne varie guère. «Manque de logements», «recherches longues et souvent vaines» et autres «craintes de ne pas trouver» sont dans tous les soupirs.

Avec, pour Morges et ses alentours, un taux de vacances de 0,5% et même de 0,03% dans le chef-lieu quand l’équilibre s’obtient à 1,5%, le terme de «pénurie» n’est plus un tabou, même dans la bouche des autorités. Et, dans la cour de cet immeuble où l’appartement bientôt disponible cristallise tous les espoirs, le concept quitte le terrain des statistiques pour devenir une réalité des plus concrètes. Qui plus est dans l’exercice imposé de la visite groupée, qui réunit tant de futurs déçus pour un seul élu.

Marché totalement saturé
En quête d’un logement pour sa fille depuis des mois, élargissant sans cesse sa zone de recherche, Jemma Perraillon en sait quelque chose: «Pour s’inscrire auprès d’une régie, il m’est arrivé de voir des files d’attente courir sur plusieurs étages. Quant aux visites groupées en soirée, c’est terrible! Lorsque plus de 50?personnes attendent devant la porte, l’effet est tellement démoralisant qu’on n’entre même pas.»

Dans l’appartement du deuxième étage, le salon est vide, la chambre à coucher pleine de cartons. Sara Pollino quitte son 2,5 pièces dans quelques jours. Mais, avant de déménager, elle doit encore faire visiter les lieux. L’occasion, pour la jeune femme, de prendre la mesure d’un marché du logement totalement saturé. «Le téléphone a déjà sonné une centaine de fois et j’ai fait visiter l’appartement plus de cinquante?fois en trois jours. Concilier les cours, le boulot et ces visites n’est vraiment pas évident, je le vis assez mal», confie la jeune femme. Derrière elle, la valse ininterrompue des visiteurs commence.

Des logements pour les jeunes
Dans son bureau d’administrateur du groupe Cogestim, Pierre Aguet a son idée pour sauver le marché de l’immobilier. «Il est au bord de l'asphyxie et le problème du logement ne se réglera pas sans une réelle volonté politique», explique-t-il. Un conseil avisé que les autorités du petit village viticole de Féchy n’ont pas attendu. A l’Auberge Communale, halte matinale obligée, tous connaissent ainsi «la bonne nouvelle»: la commune fait construire un immeuble de 17 appartements à loyers modérés, qui seront prioritairement destinés aux jeunes du village.

Devant leur tasse qui fume, Rudolf, Werner et Frédéric Baumgartner clament d’une seule voix que «l’initiative est excellente», aussi bien pour répondre au manque de logements que pour permettre aux jeunes Fezzolans de rester au village, contribuant à en préserver l’identité. Situé à la sortie de Féchy, l’immeuble sera livré en juin.

Scrutant l’avancée des travaux, Katyla Labhard, municipale, évoque la genèse du projet. «L’impulsion vient du Conseil général. Nous avons ensuite acheté un terrain dézoné qu’il a fallu réhabiliter. Au final, grâce à cet immeuble, nous entendons contrer la flambée des prix en proposant aux jeunes des loyers acceptables, à l’image d’un 2 pièces de 50?m2 à 1100?francs. Beaucoup de jeunes ont manifesté leur intérêt.»

Exode forcé
Problème reconnu dans toute une région, la crise du logement a des conséquences parfois plus inattendues. Dans la caserne des soldats du feu, à Morges, le major Eric Henry est inquiet. «Arrivés à 22 ou 23?ans, les jeunes que nous avons mis six ans à former veulent s’établir. Mais, entre la crise du logement et les loyers qui flambent, beaucoup d’entre eux ne peuvent rester vivre près de la caserne et partent habiter ailleurs, ce qui nous cause de gros problèmes pour les interventions», souligne le commandant du SDIS Morget.

Que l’on apprenne encore que le canton exige que deux véhicules avec six hommes doivent être prêts à partir dans les six minutes en cas d’alerte et l’inquiétude du major Henry prend tout son sens. «70% de mes effectifs habitent à moins de 4?minutes de la caserne. Mais nous avons aussi perdu des gens au seul motif du logement. Peut-être la solution passerait-elle par un accord avec les communes voisines, qui pourraient nous prévenir dès qu’un logement se libère. En somme, il s’agirait de nous aider à aider notre prochain…»

Le reportage de la Télé

(24 heures)

Créé: 08.02.2012, 22h37

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12 Commentaires

Kim Jones

09.02.2012, 08:05 Heures
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Quelle crise du logement?. J'habite Pully et cela n'arrête pas de construire. Dans des immeubles tout proches, cela fait quelques mois que des 2.5, 3.5 et 4.5 pces sont libres...Ha oui, j'oubliais de dire que les prix de location sont respectivement CHF 2'900.-, 3'400.- et 3'746.- par mois (sans les charges et places de parcs bien sûr)! Répondre


nicko ardesia

09.02.2012, 06:57 Heures
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Si morges arrêtait de construire des appartements dévolu à la vente plutôt qu'à la location elle n'en serait pas là.
les appartements du centre ville devraient être pour la location et non pas pèour faire du fric a tout va .
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