Effectifs insuffisants
Broulis fait suspendre la grève des amendes
Par Philippe Maspoli . Mis à jour le 15.02.2012 12 Commentaires
Quelle menace?
Les gendarmes font planer le spectre d’une grève des amendes sur les négociations. Mais de quoi parle-t-on?
Uniquement des amendes d’ordre à la suite d’une infraction n’entraînant pas de dénonciation au préfet ou au juge d’instruction. Les légers excès de vitesse pourraient ainsi échapper à une sanction, mais pas le «run» à 200?km/h sur l’autoroute qui représente clairement un délit réprimé par le Code pénal.
Autres exemples de «petites infractions»: ne pas boucler sa ceinture de sécurité, oublier d’enclencher ses feux clignotants à la sortie d’un giratoire ou pour indiquer un changement de piste sur l’autoroute, traverser en dehors d’un passage pour piétons.
Une grève des amendes d’ordre a failli commencer. Réunis mercredi soir en assemblée générale, les membres de l’Association professionnelle des gendarmes vaudois (APGV) et du Syndicat de la sûreté vaudoise (SSV) s’apprêtaient à voter une action qui aurait pu alléger quelque peu le porte-monnaie des citoyens surpris en infraction légère. Les syndicats entendaient ainsi faire monter la pression en vue d’obtenir des renforts.
Coup de fil du président
Mais juste avant la réunion, Jean-Philippe Rochat, nommé hier soir à la tête de l’APGV, recevait un coup de fil personnel du président du Conseil d’Etat, Pascal Broulis. «Il nous a promis de nous faire des propositions concrètes de renforcement lors de la réunion prévue le 21 février.» La pression syndicale a-t-elle porté ses fruits? Impossible de le dire pour l’instant, Pascal Broulis n’ayant pas communiqué de chiffres.
L’assemblée a toutefois voté le maintien des mesures prévues, dont la grève des amendes, si la réunion du 21 février ne porte pas ses fruits. «Soit la convention qu’on nous présentera est dans la cible de nos demandes, et nous ressortons avec le sourire; soit elle est trop éloignée de nos attentes, et nous passons à l’action dès le 22 février», a déclaré Jean-Philippe Rochat.
Actions depuis l’été
Comment en est-on arrivé là? Les gendarmes et les inspecteurs exigent des effectifs supplémentaires depuis le mois de juin dernier. Très exactement, ils réclament cent postes de plus pour les premiers, sur environ six cents actuellement, et cinquante pour les seconds, sur deux cent cinquante aujourd’hui. «Nous ne sommes pas des pigeons», scandaient-ils, lâcher d’oiseaux à l’appui.
En septembre, ils offraient un dindon au Conseil d’Etat. Car «nous ne sommes pas les dindons de la farce», affirmaient-ils. Ces actions étaient purement symboliques. Les gendarmes ont remplacé, sur leurs uniformes, l’inscription «police» par le mot «gendarmerie», afin de se distinguer des forces de l’ordre municipales, alors même que des discussions avec une délégation du Conseil d’Etat étaient engagées à l’automne.
Au début de 2012, le ton est monté. Les syndicats des gendarmes et des inspecteurs avaient le sentiment que rien n’était en train de bouger sur le front des effectifs. Le report d’une séance de négociation agendée à la fin du mois de janvier a formé la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Seuil minimum
Pourtant, des renforts ont été alloués récemment à la police cantonale. «On nous a accordé six places, mais pour les radars. Au budget 2012 figurent dix nouveaux postes: six pour la Sûreté, trois à la gendarmerie et un à la Centrale d’engagement. C’est vraiment symbolique!» déclare Jean-Philippe Rochat. Les syndicats des forces de l’ordre exigent des mesures plus consistantes: «Si le Conseil d’Etat s’engage à nous accorder trente postes de gendarmes et vingt pour la Sûreté en 2012, nous serions prêts à entrer en matière. Ce serait un signe clair que nous avons été entendus», affirme le président de l’APGV.
«Une stratégie globale»
Le président du Conseil d’Etat et grand argentier n’a pas voulu se prononcer sur les effectifs hier soir. «Il faut préparer une stratégie de renforcement, mais pas seulement. Il s’agit d’établir une feuille de route intelligente. Nous voulons aussi tenir compte de la mise en œuvre de la réforme policière (ndlr: polices cantonale et municipales coordonnées) et du malaise lié à l’introduction du nouveau Code de procédure pénal fédéral. Mais nous viendrons avec des propositions concrètes de renforts», assure Pascal Broulis.
Réalité ou écran de fumée visant à éviter de voir les gendarmes et les inspecteurs ruer dans les brancards? Le bras de fer avec les syndicats se déroule à un moment sensible, quelques semaines avant les élections cantonales du 11 mars. La radicale Jacqueline de Quattro, cheffe du Département de la sécurité, s’est engagée à «la création de 300 postes pour rassurer la population», tous corps de police confondus, cantonal et municipaux.
Mais jusqu’à maintenant, son collègue de parti Pascal Broulis a toujours tenu bien serrés les cordons de la bourse cantonale. De son côté, le socialiste Pierre-Yves Maillard s’est invité dans le débat au début du mois en prônant, dans nos colonnes, «une enveloppe budgétaire adaptée à l’évolution démographique». (24 heures)
Créé: 15.02.2012, 23h07
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12 Commentaires
Les gendarmes acceptent de suspendre la grève des amendes. On nous annonce ça sur le ton de la bonne nouvelle ! Ben mince alors, je dirais plutôt Répondre
Pendant les élections Rien ne Bouge, tout le monde attend, Gendarmes compris. Vaut mieux augmenter les Députés déjà les mieux payés de suisse, que d' engager des policiers qui manquent . Ils vont vous faire patienter avec des promesses, et pendant ce temps là , les braqueurs, voleurs et cpie vont s'en donner à coeur joie. D'ici que voud trouviez les policiers manquant . Répondre


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