Conseil d’Etat
Comment dégripper la machine électorale UDC
Par Laure Pingoud. Mis à jour le 28.03.2012 23 Commentaires
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Le candidat UDC pourra-t-il rassembler la droite et rattraper son retard? La question revient au fil des élections. Municipalités, Conseil des Etats, Conseil d’Etat. Malgré sa progression, l’UDC a manqué les récents scrutins majoritaires vaudois.
Pourquoi en irait-il autrement dimanche? Ce mode d’élection favorable aux candidats consensuels est compliqué pour l’UDC. «Avec des candidats moins marqués, il est plus facile de ratisser large auprès de l’électorat modéré», remarque le politologue Oscar Mazzoleni. Voilà pourquoi les conseillers d’Etat PLR Jacqueline de Quattro, Pascal Broulis et Philippe Leuba, déjà élus, soutiennent Claude-Alain Voiblet sur les affiches.
Mais l’élection du 1er avril n’est pas la complémentaire de décembre, qui a chassé l’UDC du gouvernement. Aujourd’hui, cinq candidats sont en lice pour trois places. «Dans un scrutin majoritaire, plus il y a de sièges en jeu, plus l’élection est ouverte, car il y a plus de marge de manœuvre», confirme Oscar Mazzoleni. Pas besoin d’être le meilleur, il suffit de ne pas se retrouver derniers. L’équation a de nombreuses inconnues.
Qui ira voter?
Au premier tour, Claude-Alain Voiblet affichait un retard de 10 000 voix sur le trio de gauche Anne-Catherine Lyon, Nuria Gorrite et Béatrice Métraux, toujours en lice. Le démocrate du centre a été biffé par plus de 5000 électeurs PLR. La droite doit maintenant les convaincre d’aller voter pour l’UDC, alors même que leurs trois ministres sont déjà élus.
Les électeurs sont généralement moins nombreux à se déplacer au second tour. D’autant qu’ils étaient motivés par des votations fédérales le 11 mars. «Il y a des gens qui ont voté au premier tour pour soutenir un candidat au Grand Conseil et qui ne se déplaceront plus, explique le Vert Daniel Brélaz. Sont-ils plutôt à droite ou à gauche?» Il en va de même pour ceux qui ont perdu leur candidat préféré au Conseil d’Etat.
Le vote sera-t-il compact?
Biffer un candidat fragilise son camp, tout comme rajouter un candidat de l’autre bord. A droite, on espère donc que l’électorat rose-vert doute de la victoire, et se divise, au point de faire trébucher une candidate. Mais laquelle? La Verte Béatrice Métraux ferait-elle les frais des socialistes? Anne-Catherine Lyon, ajoutée à droite, biffée à gauche le 11 mars? Le trio était dans un mouchoir de poche. «Si l’une avait décroché, cela donnerait une cible, remarque le socialiste Pierre Dessemontet. Là, Claude-Alain Voiblet doit viser les trois.» Le mot d’ordre est le même partout: «Votez compact!» Une consigne souvent plus suivie au second qu’au premier tour.
Trois contre un
A ce jeu du vote uni, est-il préférable de présenter un trio ou d’être seul? La solitude de Claude-Alain Voiblet peut lui éviter les coups de crayon qui menacent à gauche. Mais la tentation de lui adjoindre des noms peut aussi être forte.
Et le centre?
Pour calculer sa force électorale, supérieure à celle de la gauche au Grand Conseil, la droite s’appuie sur le soutien plus ou moins affirmé des Vert’libéraux, et du PBD. Mais que pèse vraiment cet électorat? Vu le faible score de leur liste centriste au premier tour, beaucoup ont déjà voté à gauche ou à droite, rappelle Daniel Brélaz. Dans ce contexte, à quel camp le candidat de Vaud Libre Emmanuel Gétaz fera-t-il du mal? A gauche, comme à droite, on affirme que l’adversaire en fera les frais.
Un parti en pleine convalescence
Les libéraux-radicaux n’en reviennent toujours pas. Ils assurent pour ce deuxième tour une grande partie de la campagne électorale de Claude-Alain Voiblet. La réputation de l’UDC d’être une redoutable machine, parfaitement huilée, pour gagner les élections, semble surfaite. A l’occasion de cette course au Conseil d’Etat, la section vaudoise se révèle un géant au pied d’argile, incapable d’assurer la logistique d’une telle campagne.
Après tout, Claude-Alain Voiblet ne peut pas être à la fois au four et au moulin. Devenu candidat, le secrétaire général de l’UDC peine à faire tourner en même temps la machine de son parti. La formation n’a plus son chef d’orchestre à plein-temps. Elle avait auparavant perdu sa figure tutélaire, capable d’apaiser toutes les tensions, et notamment celles entre agrariens et urbains. Depuis le décès de Jean-Claude Mermoud en septembre dernier, l’UDC vaudoise vit une crise profonde.
«Nous n’avons pas encore réussi à surmonter le départ tragique de notre conseiller d’Etat, constate le député Jean-Luc Chollet. Depuis, nous multiplions les erreurs stratégiques.» A commencer par le lancement dans la course à l’élection complémentaire d’un Pierre-Yves Rapaz qui ne faisait pas l’unanimité dans le parti, et encore moins chez les alliés libéraux-radicaux. L’attente de l’homme providentiel, le conseiller national Guy Parmelin, a aussi fait perdre beaucoup de temps au parti. Enfin, le lancement un peu forcé de Claude-Alain Voiblet dans la course a aussi marqué les esprits.
Bref, l’UDC a découvert tardivement l’importance d’avoir un ministre pour son fonctionnement interne. «Une élection de Claude-Alain Voiblet nous permettrait de reconstruire le parti en profitant de l’élan de la victoire», estime Jean-Luc Chollet. En revanche, un échec dimanche ne l’empêcherait vraisemblablement pas de retrouver son rôle d’homme fort de l’UDC vaudoise. (24 heures)
Créé: 28.03.2012, 22h55
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La rédaction
23 Commentaires
Vouloir toujours critiquer les défauts de la machine électorale UDC est contreproductif et démagogique! Pourquoi-pas s'intéresser à la Conseillère d'Etat en place depuis 2002 à réélire dimanche. Faire son bilan en nous exposant ses qualités et ses défauts afin que l'électeur soit aussi renseigné à son sujet.Je ne suis pas UDC, mais je trouve que vous exagérer à diaboliser Voiblet de la sorte ! Répondre
Pourquoi Voiblet n'affiche-t-il pas la couleur sur ses affiches? Il n'ose même pas dire qu'il est UDC.Un tout petit bonhomme ... Répondre
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