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Elections cantonales: reportage dans les régions

Face à la violence, Montreux mise sur la cohésion sociale

Par Anne Rey-Mermet. Mis à jour le 14.02.2012 2 Commentaires

La sécurité est un sujet sensible en ville et sur La Riviera depuis une émeute en marge du dernier Montreux Jazz et deux bagarres au couteau

1/3 Chargé de prévention pour Police Riviera, l'adjudant Pierre-André Emery rencontre les jeunes de la région dès leur enfance.
Vanessa Cardoso

   

Chaudes, les nuits montreusiennes? En ce samedi soir de début février, ce n’est pas le premier adjectif qui vient à l’esprit. Nullement refroidis par les températures sibériennes, étudiantes en jupettes et jeunes hommes en chemise battent le pavé de Montreux. L’ambiance semble plutôt bon enfant, même si l’ivresse amène avec elle son cortège de désinhibitions et d’éclats de voix.

Pourtant, plusieurs voitures de police quittent à l’instant la Grand-Rue. «Un de nos amis vient de se faire agresser pour une cigarette!» explique Estelle Zarka, une Parisienne étudiant à Glion, entre deux bouchées de pizzas. Nulle trace de l’agresseur ou de sa victime dans les parages. Estelle et sa copine Marie n’en savent pas beaucoup plus. «Je ne sais pas ce qu’ils lui ont fait, il n’avait pas de marques visibles. Mais en tout cas il était choqué.» Arrivées depuis peu sur la Riviera, les deux étudiantes jugent Montreux moins sûre que Paname. «On ne se sent pas rassurées, on ne voit pas de sécurité dans les rues.»

Rencontrés quelques mètres plus loin, des autochtones commentent, frigorifiés. «Si on connaît les gens, ça va. Pour ceux qui débarquent, ça craint un peu plus», observe Fabio Mele, 18?ans, qui vit à Clarens. «Ce n’est pas le ghetto non plus, il ne faut pas diaboliser, tempère son amie, Katia Leite, de Montreux. Les gens qui ne sortent pas peuvent croire que c’est la zone, à cause des événements de l’an dernier, mais ce n’est pas le cas.»

Des événements isolés
Ces fameux «événements» squattent encore les mémoires. Le 16 juillet dernier, une émeute entache la dernière soirée du Montreux Jazz Festival. Le premier week-end d’octobre, deux faits divers sanglants offrent à la ville une publicité dont elle se serait bien passée. A Corsier, à La Tour-de-Peilz ou à Vevey, la question de la violence préoccupe. Pour preuve: plus de 200?personnes ont pris part aux trois heures de débat des premiers Etats généraux de la cohésion sociale, le 28 janvier dernier.

Alors Montreux, ville du crime? «L’émeute du Montreux Jazz et les coups de couteau d’octobre sont survenus à peu de temps d’intervalle, constate l’adjudant Pierre-André Emery, de Police Riviera. Sur le reste de l’année il n’y a pas d’autre problème de ce genre à déplorer.»

Dans le bureau du chargé de prévention, les dépliants colorés côtoient les affiches aux messages positifs. L’adjudant se montre aussi optimiste que ses posters. «Seule une poignée de jeunes créent des problèmes. La plupart se comportent très bien.» Une fois encore, quand on aborde le sujet de la violence sur la Riviera, on évoque l’existence de certains éléments perturbateurs, souvent connus des services de police, et régulièrement contrôlés lors des patrouilles. Surtout le week-end, où la situation dégénère plus facilement à cause de l’alcool et des drogues, ces «catalyseurs de violence».

Malpolis à tout âge
A quelques mètres des locaux de Police Riviera, dans le dépôt des transports publics VMCV à Clarens, un chauffeur et un contrôleur racontent les incivilités du quotidien. «Nous sommes surtout victimes d’agressions verbales, témoigne Giuseppe Ferace, conducteur de bus. Ces comportements sont plus fréquents lors de fêtes, comme le Carnaval de Châtel-Saint-Denis par exemple, ou les week-ends, quand les clients sont avinés.»

Un contrôleur, qui souhaite garder l’anonymat, précise cependant que les jeunes ne sont pas les seuls à se montrer malpolis et peu coopératifs. «Le comportement des adultes laisse souvent à désirer, explique-t-il. On constate que plus on avance dans le mois, plus les porte-monnaie se vident et plus les gens se montrent désagréables.»

Dans les dépôts de l’entreprise, les chauffeurs ne semblent pourtant pas à cran à l’heure de s’installer au volant. Souriants, les deux collègues relativisent la situation de la région. «Sur la Riviera, on est encore épargnés. La preuve: il n’y a qu’une vitre pour séparer le chauffeur des clients. A Lausanne ou Genève, la cabine est entièrement fermée.»

Une jeunesse encadrée et intégrée
Au cœur de la ville, difficile d’interroger Simon Smith, délégué à la jeunesse, sans qu’il soit hélé par une connaissance. Sous le marché couvert, un jeune homme interpelle le quadragénaire débonnaire. S’ensuivent quelques plaisanteries sur la célébrité du délégué, qui passe à La Télé. «Vous voyez qu’on a de bons jeunes à Montreux, rigole Simon Smith. Ceux-là ont organisé le JIB (manifestation de sports de glisse en ville), et maintenant ils démontent et rangent tout.»

A l’heure où la commune réfléchit à créer un poste d’éducateur de rue, le délégué précise le rôle des travailleurs sociaux. «Nous ne sommes pas là pour régler les problèmes que les jeunes font, nous sommes là pour régler les problèmes qu’ils ont. Notre rôle est de les accompagner, de les intégrer à la société et de favoriser la cohabitation entre les habitants.»

Comme la police, Simon Smith vante les mérites de la prévention. «Il est important d’agir en amont, en créant des liens avec les jeunes dès leur enfance. Le seul problème de la prévention, c’est qu’on ne peut pas chiffrer le nombre de coups de couteau qu’on a évités!»

La vidéo de la Télé:

(24 heures)

Créé: 14.02.2012, 22h26

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2 Commentaires

Jean-François Chappuis

15.02.2012, 07:49 Heures
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Ce que Montreux a vécu lors du dernier Jazz Festzival, incite la commune à envisager d'engager un éducateur de rue afin d'essayer de remédier à cette violence ainsi qu'aux incivilités.
Habitant une commune où les incivilités et la violence font partie du pain quotidien, je salue l'initiative de la commune de Montreux afin d''aller de l'avant dans dans ce domaine.
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philippe lagrange

15.02.2012, 13:44 Heures
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Il est sympa l'adjudant ....ca va faire 2 ans que mon vehicule a ete vendalise devant l'auditorium .... be vous savez quoi ....j'attends toujours un petit mot de la part de la police, qu'il me dise simplement ou ils en sont ....bon c'est vrai je pense qu'ils sont deborde de travail .... Répondre




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