Imprimerie
Fermeture des IRL: le fatalisme règne parmi les salariés
Par CI.M. . Mis à jour le 19.07.2012 7 Commentaires
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Les employés arrivent sur leur lieu de travail au compte-gouttes, jeudi après la pause de midi. Ils ont été convoqués par courrier voici quelques jours. Certains interrompent leurs vacances pour l’occasion.
Rares sont ceux qui souhaitent s’exprimer sur la nouvelle qui annonce la fermeture de leur entreprise.
Aurélien Espinasse, imprimeur devenu conseiller clientèle trentenaire, fait exception. «On s’y attendait. Je ne suis pas énervé, ça ne sert à rien. Je trouverai autre chose, mais pas dans l’imprimerie! Après tout, je suis encore jeune…» Pour lui, pas de doute, son travail est perdu.
Christophe et Thierry sont plus réservés. Mais ils restent stoïques, sans colère. D’une part, ils ont conscience des difficultés que connaît leur branche. D’autre part, face à la possibilité de perdre leur travail ils tentent de voir le bon côté. «La perspective de retrouver un emploi me réjoui!» s’exclame Christophe.
Dans l’après-midi, et parce que «c’est calme aujourd’hui», Multani Jarnail, vingt-trois ans dans l’entreprise, rentre chez lui. Il reviendra demain, à 6?heures. «Ils nous disent que non, mais j’en suis sûr: nous allons recevoir nos congés dans quelques semaines. Rien n’est sauvé. Ce n’est pas facile mais il faut accepter.»
Même fatalisme pour Bounmi Vilaysane, employé depuis onze ans. «Peut-être qu’une partie des travailleurs sera sauvée mais la majorité va être licenciée.» Toutefois, pas d’aigreur, ni de colère. Oui, j’ai mal au cœur. J’ai vécu et vu beaucoup de choses ici. Mais il faut prendre la réalité comme elle est.» Bounmi avait senti le vent tourner, surtout lors de la mise en place du chômage technique en octobre dernier. «De toute façon, ça fait déjà 6?mois que je me suis mis à chercher du travail. Et là, je suis en vacances et je vais en profiter!» Pas d’envie de lutter? «Non, ça ne servira à rien, la décision est prise. Certains de mes collègues parlent de grève, moi je ne suis pas convaincu. Si ça arrive, je serai solidaire.»
Yan Giroud, secrétaire régional du syndicat des médias et de la communication (Syndicom), s’inquiète du manque d’implication des employés. «Il y a deux semaines, j’ai organisé une réunion du personnel. Une seule personne est venue. Il y a du fatalisme chez les gens, ils n’ont pas envie de se battre. Mais nous allons tout de même tenter de les mobiliser.»
(24 heures)Créé: 19.07.2012, 19h15
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La rédaction
7 Commentaires
Sauf que des solutions existent pour sauver une bonne partie des emplois. Mais pas en baissant les bras. Répondre
C'est bien d'accepter avec dignité son sort surtout s'il n'y a plus rien à faire. C'est une branche de l'industrie qui est partiellement sinistrée. Internet y est sans doute pour quelque chose. On imprime moins car on consulte maintenant son écran. L'avenir est aux journaux et à la publicité sur le NET. Tout évolue, il faut l'accepter! Répondre
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