L.S. sera jugé pour homicide volontaire

Affaire SégalatLe procureur général a rendu un acte d’accusation aussi bref que cinglant dans l’affaire.

Le 9 janvier 2010, l’ancienne municipale de Vaux-sur-Morges Catherine Ségalat décédait de mort violente dans sa maison.

Le 9 janvier 2010, l’ancienne municipale de Vaux-sur-Morges Catherine Ségalat décédait de mort violente dans sa maison.

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Le procureur général Eric Cottier a écarté la qualification la plus grave, celle d’assassinat, mais il retient celle de meurtre volontaire. Son acte d’accusation renvoie L.S. devant le tribunal criminel dans l’affaire de la mort violente de Catherine Ségalat survenue en janvier 2010 dans sa maison de Vaux-sur-Morges. D’une rare sobriété, le document ne fait qu’une page et demie. Il ne dit rien de l’arme du crime ou d’un éventuel mobile. «Il n’y a rien dans cet acte d’accusation!» lance Me Marie-Pomme Moinat, l’un des défenseurs de L.S. au côté de Me Stefan Disch et de Me Gilles-Jean Portejoie. «Cet acte extrêmement épuré dit tout!» estime au contraire Me Jacques Barillon, avocat des proches de Catherine Ségalat.

De fait, le procureur a choisi de cibler des éléments factuels qu’il se propose de démontrer au procès. Le document retient ainsi que L.S. se trouvait le 9 janvier 2010 entre 18?h?30 et 21?heures au domicile de son père Jean Ségalat et de Catherine Ségalat. «Il y a tué sa belle-mère Catherine Ségalat, la frappant à de multiples reprises avec une violence extrême dans la buanderie. (…) Il lui a également serré le cou.» Le procureur soutient ensuite que Catherine Ségalat a tenté de se défendre en griffant L.S. au visage, puis que celui-ci a traîné la victime dans une autre pièce en prétendant que le sol y était moins froid «afin de faire croire à une chute accidentelle ou l’intervention d’un tiers». Et d’ajouter: «Il affirme par ailleurs avoir pratiqué des mouvements de réanimation qu’il a tout au plus simulés». L’acte d’accusation se poursuit et pratiquement se conclut en avançant que L.S., qui a appelé les secours à 20?h?15, «a nettoyé la scène de manière importante, détruisant de ce fait un nombre de traces considérables et a caché ses habits maculés de sang dans la machine à laver».

Me Moinat: «Notre client, qui est en détention provisoire depuis janvier 2010, est soulagé d’apprendre que le procès se tiendra à fin mai déjà, mais il espérait un classement pur et simple de l’affaire après le rapport d’expertise concluant, d’après le contenu de l’estomac de la victime, qu’il est extrêmement invraisemblable que le décès soit survenu après 18?heures».

La défense estime qu’un acte d’accusation aussi sobre permettra un procès très ouvert, ce qui est à ses yeux une bonne chose. Me Barillon souligne au contraire qu’en procédant de la sorte, cela permettra un débat circonscrit: «Eric Cottier évite de se perdre dans des détails qui donneraient prise à la contestation, avec le risque qu’on se noie dans des complications. Je me réjouis pour mes clients. L’accusation aura bien sûr à charge de le prouver, mais nous avons la conviction que L.S. est coupable».

Le procès est agendé du 23 mai au 1er juin dans une salle spécialement aménagée à Renens. Présidée par Jean-Pierre Lador, la cour criminelle aura notamment à examiner les conclusions de quatre expertises médico-légales avançant des hypothèses contradictoires sur les causes du décès de Catherine Ségalat. S’il est condamné, L.S. risque de cinq à vingt ans de prison. (24 heures)

(Créé: 06.04.2012, 23h00)

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