La campagne sur le logement sera très politisée

RéférendumPro- et anti- se battront sur l’encouragement à l’habitat abordable dans un vif contexte électoral.

La construction de nouveaux logements à loyers abordables constitue l'enjeu de cette votation cantonale du 12 février.

La construction de nouveaux logements à loyers abordables constitue l'enjeu de cette votation cantonale du 12 février. Image: Laurent Guiraud - A

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Au Grand Conseil, le débat a duré près d’un an. La loi sur le logement, qui veut encourager la construction d’habitat à prix abordable, suscite en réalité les passions depuis plus d’un lustre. Pas de chance: la seule mouture qui ait jamais passé le cap du parlement vaudois est désormais attaquée en référendum. Les Vaudois voteront le 12 février.

Des annonces du comité «Non à une pénurie de logements planifiée par la loi» ont fleuri ces jours dans nos colonnes. C’est le début de la campagne. Jour après jour, les référendaires démontent dans ces encarts des points précis de la LPPPL (prononcée L3PL, pour loi sur la préservation et la promotion du parc locatif). Le combat sera rude car le texte défendu par le Conseil d’Etat est très technique. Mais, surtout, les antagonistes portent haut et fort des idéologies bien distinctes. D’un côté, les tenants d’un Etat interventionniste; de l’autre, les défendeurs de la liberté d’entreprendre. La controverse sera d’au­tant plus flamboyante que la campagne aura lieu en même temps que celle des élections cantonales.

«Le but consiste à amener les gens à connaître le contenu du texte au-delà des slogans. Ce sera difficile, mais cela n’est pas impossible»

Coordinateur des référendaires, le directeur de la Chambre vaudoise immobilière (CVI) et conseiller national PLR, Olivier Feller, précise que c’est un hasard total. «Jamais je ne mélangerai mon combat contre cette loi avec des considérations électorales, poursuit-il. Le but consiste à amener les gens à connaître le contenu du texte au-delà des slogans. Ce sera difficile, mais cela n’est pas impossible.»

Les milieux immobiliers et économiques du canton se sont fédérés dans l’espoir d’annihiler la LPPPL, qui, selon eux, va engendrer un monstre administratif et priver promoteurs et investisseurs de leur liberté d’entreprendre. Le nouveau droit de préemption est particulièrement visé, qui obligerait les vendeurs de maisons ou de terrains à signaler leur intention de céder leur bien à leur Commune avant de signer tout contrat. Cette dernière aurait le droit d’acheter le bien en priorité en vue de construire du logement abordable.

«Contre-productif»

Le député PLR, professeur de droit et avocat Jacques Haldy n’en démord pas: «Je me tue à dire que ce droit sera contre-productif. Je suis pour la construction de nouveaux logements, mais je vois, à Genève par exemple, que le droit de préemption décourage des promoteurs, car ils craignent d’être dessaisis de l’affaire au dernier moment.»

Le contexte électoral risque de mettre à cran le reste de la droite, qui soutient le référendum. L’UDC et le PLR en sont. Une victoire le 12 février les galvaniserait en vue du premier tour du 30 avril, jour où les bourgeois comptent regagner la majorité au Conseil d’Etat.

La loi est le fruit d'un consensus

Dans le camp des défenseurs de la LPPPL, on s’affiche confiant sur ce projet défendu par la conseillère d’Etat Verte Béatrice Métraux. Un comité réunissant des membres socialistes, écologistes, de l’ASLOCA, ainsi que du PDC et de Vaud Libre a été fondé. Son répondant, le Vert Alberto Mocchi, note que la loi est le fruit d’un consensus qui a ratissé suffisamment large pour obtenir une majorité au Grand Conseil. «Cela dit, il y a beaucoup de moyens en face», nuance-t-il. La gauche n’a que quelques soutiens au PLR, dont le député Marc-Olivier Buffat, président de la commission et artisan du compromis.

Les avocats du projet gouvernemental plaident que la pénurie de logements reste encore très aiguë. Aux référendaires qui brandissent déjà les signes d’une légère détente sur le front des appartements, ils répondent que les nouvelles disponibilités ne se trouvent que dans le secteur haut de gamme.

Marc-Olivier Buffat ajoute que la loi est conçue pour lutter contre la pénurie là où elle sévit: «Elle ne s’appliquera pas de la même manière partout.» La bataille des arguments est lancée. (24 heures)

Créé: 01.12.2016, 09h58

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