La Une | Mardi 18 juin 2013 | Dernière mise à jour 08:27
Procès Ségalat

Barillon: «Avouez-nous ce que vous avez fait!»

Par Emmanuel Borloz, Fanny Giroud. Mis à jour le 23.05.2012 59 Commentaires

Les débats sont suspendus jusqu'à demain. Accusé d’avoir tué sa belle-mère en 2010 à Vaux-sur-Morges, Laurent Ségalat a comparu aujourd'hui devant le Tribunal criminel de La Côte. Le procès reprendra jeudi à 8h30.

1/39 Laurent Ségalat, libéré après 28 mois de réclusion, embrasse l'une de ses filles sous les yeux de sa compagne, qui le ramène à la maison.
Chris Blaser

   

(24 heures)

  • 16h39  

    Les débats sont suspendus pour aujourd'hui. Reprise du procès demain à 8h30. Merci d'avoir suivi ce direct avec nous et bonne fin de journée!

  • 16h37  

    Suite du programme: l'audition des policiers. "Je préférais que ça soit demain", annonce le procureur Cottier.

  • 16h34  

    Le ton monte entre Me Moinat et Me Barillon. "Vous ne pouvez pas demander à mes clients comment j'ai préparé ce dossier, s'indigne Barillon.

    Vous voulez que je me prête au même jeu avec votre client? Je sais que vous êtes jeune, mais quand même."

    Portejoie, autre conseil de Ségalat: "Ne montons pas sur nos grands chevaux."

    Barillon: "Alors qu'il avoue."

  • 16h30  

    Barillon: "Merci d'avoir eu un premier mot pour mes clients, après trois ans, même si ça sert les besoins de la cause. Faites un pas de plus: avouez-nous ce que vous avez fait! Je sais, je suis utopiste."

  • 16h28  

    Laurent Ségalat prend la parole: "Je suis perdu... Me Barillon, vous êtes injuste. On pleure tous Catherine. Vous écrire? J'y ai beaucoup pensé. Je ne l'ai pas fait pour pas qu'on puisse le retourner contre moi. J'ai essayé de la sauver, j'ai essayé de la sauver!"

  • 16h25  

    Les deux soeurs de Catherine Ségalat et leurs maris viennent de témoigner. L'ambiance est plutôt lourde. Laurent Ségalat secoue doucement de la tête et se tourne souvent vers ses avocats.

  • 16h20  

    La deuxième sœur de Catherine Ségalat s'exprime.

    "C'est une grande douleur, toujours aussi intense. On se parlait toutes les semaines. Et si nous nous portons partie civile, c'est pour la vérité. Tout ce que je retiens, c'est cette histoire de mains qui la poussent que nous a raconté Roger. Elle est tombée dans les escaliers, mais pas toute seule!"

  • 16h14  

    La soeur: "Laurent Ségalat n'a jamais pris contact. Il nous a ignorés. Il n'a eu ni mot ni regard à notre attention."

  • 16h13  

    L'ambiance est tendue. Me Barillon pose des questions à la soeur de Catherine Ségalat, tandis que Laurent Ségalat, tourné, parle à ses avocats: "Excusez-moi de vous déranger", tonne Barillon.

  • 16h11  

    "Qu'attendez-vous de ce procès?", interroge le procureur.

    "Je veux savoir ce qui s'est passé, la vérité! Voilà ce que j'attends de ce procès, répond la soeur de Catherine Ségalat. Pourquoi a-t-elle dû subir tout ça. Je voudrais qu'il avoue et qu'il nous explique ce qui s'est passé!"

    Le procureur: "Laurent Ségalat vous a-t-il écrit?"

  • 16h07  

    Le procureur Cottier veut savoir si les soeurs de Catherine ont reçu "des pressions".

    "Nous avons reçu des lettres de la compagne de Laurent et de ses filles nous demandant de nous retirer de la liste des parties civiles. Elles disaient que si on se retirait, Laurent serait libéré. Elles faisaient de grandes théories comme quoi nous n'avions pas besoin d'avocat puisque une experte (le professeur Lecomte, auteur de la 2e expertise) assurait que c'était un accident."

    Cottier: "Comment avez-vous réagi à ces demandes?"

    "Mon mari et moi, non, mais ma soeur et son mari l'ont fait."

  • 16h03  

    Les débats tournent maintenant autour de la période suivant le décès de Roger-Jean. La salle, silencieuse, écoute la voix fluette de la soeur de Catherine.

    Laurent Ségalat ne regarde pas les proches de Catherine. Il fixe le président Lador, avec quelques coups d'oeil au procureur.

  • 16h  

    "Nous avons souvent rencontré Roger-Jean et n'avons jamais eu d'animosité envers lui", mentionne encore la soeur de Catherine.

    Cottier: "Et la famille de Laurent?"

    La soeur: Oui, nous avons vu sa femme, ses enfants et sa soeur, au Moulin de Vaux-sur-Morges, après le décès de Roger. Ils venaient en Suisse dès qu'ils pouvaient. On se voyait à ce moment là."

  • 15h57  

    Les soeurs évoquent une réunion à l'hôpital d'Aubonne, à la demande de Roger-Jean Ségalat, qui s'était également constitué partie civile.

    La soeur: "Roger s'est tourné vers Me Barillon et lui a dit: "Suivant ce que je vais apprendre, peut-être que je me retirerai."

    Cottier: "Qu'en avez-vous déduit?"

    La soeur: "Il avait un doute sur son innocence. S'il avait appris des choses et avait acquis l'intime conviction de la culpabilité de Laurent, il se serait retiré, pour le soutenir.

    Me Disch relève qu'il est délicat d'interpréter les paroles d'un défunt (Roger-Jean Ségalat est décédé en avril 2010). "Nous l'avons vu aussi, mais nous n'interpréterons rien!"

    Barillon: "Oui, mais pour les avocats! Mais la famille a le droit de s'exprimer. Ce sont des gens qui disent ce qu'ils ont entendu"

  • 15h50  

    La soeur poursuit: "Roger nous a dit que Laurent se faisait tout beau pour aller voir des clientes. Son père imaginait qu'il était peut-être tombé sur un mari pas content. Roger aimait beaucoup son fils, c'était sûrement son fils préféré. Il rejetait l'idée de la culpabilité de son fils, mais voulait quand même connaître la vérité."

  • 15h44  

    Cottier: "Et quand avez-vous su que Laurent était en détention et que ça avait un rapport?"

    La soeur: "Nous avons appris le détention de Laurent de la bouche de son père. Tout de suite, je me suis dit: "Mais ce n'est pas possible!"

    Cottier: "Avez-vous parlé avec Roger-Jean des soupçons dirigés contre Laurent?"

    "Oui. Il se posait aussi beaucoup de questions, évidemment."

    Cottier: "Confirmez-vous que Roger-Jean était habité de soupçons?"

    "Oui, il se demandait si tout ça n'avait pas un lien avec l'héritage."

  • 15h42  

    Cottier: "Etes-vous allée trouver Roger-Jean (le mari de Catherine Ségalat et père de Laurent Ségalat) à l'hôpital?"

    La sœur de Catherine: "Oui, nous sommes allées le voir avec ma sœur le lundi ou le mardi suivant le décès de notre sœur."

  • 15h39  

    Le procureur poursuit: "Comment avez-vous appris le décès?"

    "Ma sœur m'a appris la triste nouvelle le dimanche 10 janvier. Roger-Jean, hospitalisé, a appelé ma sœur, qui nous a tous prévenus. Mais on ne savait pas ce qui s'était passé, on l'a appris plus tard."

    "On nous a dit que Catherine avait été trouvée en bas des escaliers. On a pensé à une chute, un accident. J'ai cru à un accident. Comment aurait-on pu imaginer autre chose?"

  • 15h33  

    Le procureur interroge la soeur: "Et vos relations avec Roger-Jean?"

    "Ca se passait bien, on les a souvent aidés au Moulin. L'entente était bonne avec les deux membres du couple."

    Cottier: "Et Laurent?"

    "Catherine nous en parlait, mais nous ne le voyions pas souvent. On le voyait surtout quand il était petit et qu'il venait en vacances chez son père. Ensuite, nous ne l'avons plus beaucoup vu mais Catherine nous en parlait souvent."

  • 15h32  

    Eprouvée, la soeur retient ses larmes. "Maintenant, on ne l'a plus. Laurent Ségalat ne parle que de sa souffrance, pas de celle de ma soeur, qui est partie. J'ai conservé son numéro dans mon téléphone, mais je ne peux plus lui parler."

  • 15h30  

    "Catherine Ségalat est une victime et cette épreuve est dure pour sa famille. Celle-ci doit-elle assister à tout le procès?", questionne Eric Cottier. La soeur va témoigner."

    La soeur de Catherine Ségalat: "Plus les années passaient, plus on se voyait, même assez fréquemment. Nous sommes trois soeurs, on se voyait régulièrement, 4-5 fois dans l'année rien que les trois. Plus les fois en famille. Et Catherine et Roger (ndlr: son mari) aussi, mais sans les enfants de Roger."

  • 15h26  

    Ségalat reconnait que la chemise et le tshirt placés dans la machine étaient les vêtements qu'il portait en quittant Thonon le matin du 9 janvier.

  • 15h23  

    Retour à la chemise ensanglantée retrouvée dans la machine à laver. "Je ne l'ai pas cachée", assure Ségalat. "Mais elle était pourtant sous du linge propre", relève le président Lador.

  • 15h21  

    Après une reprise au rythme un peu plus lent que ce matin, le procès s'emballe de nouveau. Les questions fusent de part et d'autre.

  • 15h20  

    Le président relit la conversation des secouristes, souhaitée par la défense. Me Barillon ironise: "C'est ça le coup? l'arme nucléaire de la défense?"

  • 15h14  

    "Guy Georges aussi était un homme adorable jusqu'à ce qu'il devienne un tueur en série", assène Jacques Barillon.

    (ndlr: Guy George, surnommé le tueur de l'Est parisien, est un tueur en série condamné pour 7 meutre en 2001)

  • 15h12  

    Le ton monte. Me Barillon attaque: "Y aurait-il une raison, une seule, pour laquelle lorsque vous affirmez que Catherine portait une montre, ce ne serait pas le reflet de la vérité?"

  • 15h09  

    Le procureur relève alors que lors de sa première audition, la montre que portait Catherine Ségalat est mentionnée comme cause possible des blessures de Ségalat aux mains.

    "Lors de la reconstitution, vous dites ne pas avoir enlevé la montre de Catherine Ségalat. Vous dites n'avoir aucun souvenir de cette montre, c'est ça?"

    "Oui, aujourd'hui", répond Ségalat.

    "On sait que les premières déclarations sont le reflet de la vérité. Vous dites qu'elle portait une montre et des bagues. Donc vous l'affirmez! Pourquoi n'auriez-vous pas dit la vérité? Ah, c'est embêtant non?"

  • 15h08  

    "Mais de quel dossier parle-t-on?" s'emporte Me Barillon, qui se dit prêt à plaider immédiatement et que les réponses de Ségalat ne convainquent pas.

  • 15h01  

    Me Disch interroge également son client: "Que vous ont dit les policiers la nuit? Comment ça s'est passé?"

    Ségalat: "Un policier m'a dit: "M. Ségalat, pour nous, ça ne ressemble pas aux marques que pourrait laisser une réanimation ou le déplacement d'un corps. Êtes-vous sur que c'est ça? Et pourquoi n'avoir pas téléphoné tout de suite?" Ils étaient sceptiques."

    Me Barillon s'étonne: "On n'a pas le même dossier."

  • 14h56  

    Me Portejoie vole au secours de son client. "Vous avez changé deux fois de chemise, mais pourquoi pas de pantalon? Et pourquoi n'avoir pas nettoyé l'ensemble des traces de sang. Aviez-vous envie de maquiller la scène? Vouliez-vous cacher des faits?"

    "Non, répond Ségalat. Je suis innocent!"

  • 14h54  

    "Et pourquoi avoir changé de version?" demande le président Lador, qui parle notamment des griffures relevées sur le visage de Laurent Ségalat.

    Laurent Ségalat: "Mon sentiment, aujourd'hui, c'est que la majorité des éraflures viennent des efforts faits pour déplacer Catherine."

    Le président insiste: "Mais pourquoi n'avoir pas dit ça tout de suite?"

    "C'est ce que j'ai dit!"

    "Non", rétorque le président.


  • 14h50  

    Le rythme du procès est moins rapide que ce matin. Côté ministère public, le procureur Cottier insiste sur les détails. Les avocats n'ont pas de question.

  • 14h44  

    Le procureur Cottier: "Une personne tombe dans les escaliers et se trouve en sang. Dans ces cours de secourisme, on vous a dit de déplacer un corps accidenté? N'est-ce pas plutôt l'inverse?

    Laurent Ségalat: "Je ne me souviens pas."

  • 14h40  

    Le procureur Cottier veut maintenant en savoir plus sur les cours de secourisme qu'a pris Laurent Ségalat. "J'ai suivi des cours entre 1996 et 1999, ils ont duré deux jours environ."

    Cottier: "Vous aviez 30-35 ans. Pourquoi suivre des cours de secourisme tout d'un coup?"

    Laurent Ségalat: "Le CNRS, où je travaillais, organisait ces formations facultatives."

  • 14h38  

    Ségalat évoque la reconstitution: "C'est la pire épreuve de ma vie... c'est quasiment un viol. Me faire emmener chez moi en m'accusant du pire. Et refaire les gestes qui n'ont pas permis de la sauver, c'est dur."

  • 14h36  

    Le ton monte! Le procureur Cottier tape du poing: "M. Ségalat a dit que ce n'est surtout pas lui qui a demandé cette reconstitution. Je veux que cela figure au procès verbal."

    Laurent Ségalat: "Aujourd'hui, je me rappelle de ça comme ça."

    Me Disch, conseil de l'accusé: "Combien d'heures avez-vous dormi avant la reconstitution?"

    Laurent Ségalat: "Très peu! Entre le 9 et le 13 janvier, j'ai très peu dormi. J'ai été emmené à la police le soir même et j'ai subi plusieurs interrogatoires avant la reconstitution. Ce qu'on ne voit pas, c'est que j'étais encore interrogé peu avant."

  • 14h29  

    Le président Lador revient sur le film de la reconstitution.

    Laurent Ségalat dit n'en avoir aucun souvenir, mais précise qu'il l'a revu récemment. Marie-Pomme Moinat, avocate du généticien, affirme que son client n'en a aucun souvenir.

    Président Lador: "Alors vous ne vous souvenez pas. Mais que doit-on en tirer?"

    Pas de réponse...

    Le président Lador insiste: "Vous nous avez beaucoup dit que nous ne vous souveniez de rien..."

    Laurent Ségalat: "Je suis quelqu'un de gentil et je suis innocent. Je ne peux pas dire que je me souviens si ce n'est pas le cas."

    Le président Lador en vient au sang nettoyé. "Vous avez nettoyé 28 m2 de sang, c'est énorme."

    Laurent Ségalat: "M. le président, je ne me souviens pas..."

  • 14h25  

    Pendant que la salle écoute les enregistrements entre les secours et lui, Laurent Ségalat a la même posture que ce matin: il se prend la tête dans les mains.

  • 14h23  

    "Centrale des médecins bonsoir. M. Ségalat, vous vous sentez comment?"

    "Je suis abattu, je l'ai trouvée au bas de l'escalier dans une flaque de sang, j'ai essayé de la réanimer, j'ai fait du bouche-à-bouche. Et mon père est à l'hôpital, qu'est-ce que je vais lui dire?"

  • 14h21  

    La personne de garde au 144 parle d'appeler la police:

    "Ecoute j'ai un truc vachement - inaudible -..."

    "Le gars aurait pété un câble?"

    "Ouais, le gars est vachement bizarre. Je vais engager Police Secours"

  • 14h19  

    L'appel au 144:

    "144 bonsoir..."

    "Ma mère est par terre, j'ai essayé de la réanimer, là je crois que c'est trop tard, je fais ça depuis une heure."

    "Une heure? vous auriez dû nous appeler avant. Elle est donc morte depuis une heure."

  • 14h18  

    Le président Lador revient sur l'appel de Laurent Ségalat au 144, qui est diffusé.

  • 14h18  

    Tout le monde revient dans la salle. Le procès reprend, mais personne ne dit rien. Le moment de flottement se poursuit.

  • 14h06  

    La cour, les avocats et les proches de Catherine Ségalat quittent la pièce. Moment de flottement dans la pièce.

  • 14h04  

    Me Portejoie, conseil français de Laurent Ségalat, souhaite s'entretenir avec le président, sans la présence du public.

  • 14h03  

    Le procès reprend, dans une salle toujours aussi pleine.

  • 12h42  

    En attendant la reprise des débats, vous pouvez lire ici un bref résumé de cette première matinée de procès.

  • 12h10  

    La reconstitution est terminée. Les débats sont suspendus jusqu'à 14h.

  • 12h09  

    Fin du film de reconstitution: "Ce qui m'arrive est épouvantable, je suis quelqu'un de respecté et de respectable. on est en train de casser ma carrière, ma vie... Je ne saurai jamais si j'aurais pu la sauver. Je suis innocent. Je l'ai trouvée morte, j'ai essayé de la sauver."

  • 12h06  

    Tout d'un coup, Laurent Ségalat s'arrête: "Pouvez-vous me donner des nouvelles de mon père? Je suis coupé de tout."

  • 12h05  

    "En attendant les secours, avez-vous téléphoné?"

    "Oui, à ma femme"

    "Avec quel téléphone?"

    "Je ne sais plus"

    "Et que lui avez-vous dit?"

    "Je ne sais plus."

  • 12h03  

    La reconstitution touche à sa fin. Il s'agit désormais de déterminer à qui appartiennent les habits retrouvés ensanglantés dans la buanderie.

    "Je crois que je portais une chemise bleue le matin."

    "On en retrouve aussi une deuxième avec encore plus de sang dans la machine à laver et un tee-shirt plein de sang, sous un autre habit sans tache. Vous vous êtes changé deux fois?"

    "Je ne me souviens pas. Mais le tee-shirt est bien à moi, la chemise peut-être aussi. Mais j'aimerais qu'on arrête, je n'en peux plus."

  • 11h59  

    Plus d'une heure après le début de la projection, tous les yeux sont toujours rivés sur les écrans malgré quelques murmures, signe de baisse de la concentration du public.

    Laurent Ségalat se tient toujours la tête dans les mains, face au sol.

  • 11h54  

    Les questions continuent de pleuvoir. La réponse: "Je ne sais plus, je suis incapable de vous répondre. Mais je fais de mon mieux, soyez indulgent."

  • 11h48  

    "Où étiez-vous jusqu'à l'arrivée des secours?"

    "Je ne sais plus très bien."

    "Vous souvenez-vous où vous vous êtes lavé les mains?"

    "Non... ma chemise était pleine de sang, je suis monté voir si j'avais un vêtement de rechange."

  • 11h45  

    "Je n'aime pas le sang, je ne voulais plus le voir ni marcher dedans. Voilà pourquoi je l'ai nettoyé."

    "Etait-ce la seule raison? ne saviez-vous pas qu'il y aurait une enquête?"

    "Si, je me suis dit plus tard que j'avais peut-être fait un connerie."

  • 11h43  

    La suite est confuse. Au torrent de questions ("Avez-vous enlevé vos chaussures?", "Où avez-vous posé vos chaussures?", "Vous étiez en chaussettes dans le sang?", "Comment était habillée Catherine Ségalat?"), la réponse est souvent la même: "Je ne sais plus."

  • 11h39  

    Le juge demande à Laurent Ségalat avec quoi il a nettoyé les lieux. "J'ai peur du sang, alors j'ai nettoyé pour ne pas marcher dedans. J'ai enlevé le gros du sang."

    "Avez-vous nettoyé les murs ou autre chose?"

    "Je ne me souviens pas"

    "En combien de temps?"

    "Pas longtemps, mais j'ai enlevé le gros du sang."

    "Vous avez quand même pas mal nettoyé, il n'y avait pratiquement plus rien."


  • 11h32  

    "Je ne peux pas! Je ne peux pas. Ce n'était pas ma vraie mère mais c'était quand même ma mère. Je n'ai jamais eu de bons rapports avec ma vraie mère, alors Catherine était ma vraie mère", poursuit Laurent Ségalat, toujours en larmes sur le film.

  • 11h31  

    La reconstitution se poursuit à l'étage, lorsque Laurent Ségalat a appelé les secours. Là encore, il ne se souvient pas exactement du temps que ça a pris.

    "Mais je me souviens que j'ai hésité. Je ne suis pas suisse, je ne savais pas qui appeler." Il appelle finalement les secours.

    "Et après le coup de fil, qu'avez-vous fait?"

    "Je suis resté prostré un moment puis suis redescendu auprès d'elle."

  • 11h29  

    "Au bout d'un moment, je me suis dit que c'était fini. Je ne voulais pas croire qu'elle est morte. Je n'étais pas dans mon état normal, je suis quelqu'un d'émotif. Monsieur le juge, je fais de mon mieux", poursuit Laurent Ségalat sur le film.

    On entend le juge demander au bout de combien de temps il a appelé le 144. "Je ne sais plus, mais je n'ai rien fait entre le moment où j'ai compris qu'elle était morte et le moment où j'ai appelé les secours. C'est plus tard que j'ai nettoyé."

  • 11h26  

    Image saisissante: on voit Laurent Ségalat pleurer sur le film. Dans la salle, placé juste en-dessous d'un écran, l'accusé est exactement dans la même position: prostré, en larmes. Superposées, les deux images produisent un effet troublant.

  • 11h22  

    La reconstitution se poursuit.

    Une femme a pris la place du mannequin. "Je risque de vous faire mal, ça fait mal un massage cardiaque, je peux vous casser une côte."

    Il se contente de mimer. Accroupi sur la personne, Laurent Ségalat lui prend les mains: "Réveille-toi!"

    Il secoue les bras de la femme en s'exclamant: "Allez, allez, réveille-toi. Mais elle ne s'est pas réveillée. Je ne sais pas quoi vous montrer encore. Peut-être qu'elle était morte au bout de 5 minutes, mais j'ai continué pendant au moins une demi-heure, j'étais épuisé."

  • 11h17  

    Le film montre Laurent Ségalat littéralement effondré.

    "Tout ça pour rien et elle meurt devant mes yeux. J'ai pas réussi à la sauver", sanglote-t-il avant de craquer.

    Entre cris, lamentations et larmes, la suite de la reconstitution est incompréhensible.

  • 11h14  

    On demande à Laurent Ségalat de refaire le bouche-à-bouche.

    "Je ne peux pas lui mettre la tête en arrière, la nuque est rigide et les bras aussi. Alors je ne peux ni refaire le bouche-à-bouche ni le massage cardiaque. Mais je ne peux pas. Après, les gestes ne seront pas les mêmes et ça va encore jouer contre moi, alors ça va hein!"

  • 11h12  

    "Cela va encore durer longtemps? Je n'en peux plus"

  • 11h04  

    Le film s'arrête sur les nombreuses marques retrouvées sur le corps de Laurent Ségalat.

    "Monsieur le juge, j'essaie de vous aider mais quand on découvre sa mère dans une flaque de sang, on ne se souvient pas si on s'est écorché les mains."

    Derrière lui, une femme insiste: "Mais vous aviez beaucoup d'éraflures... Vous parlez des mains ou du visage?"

    "Les deux."

    "Je me coupe souvent en me rasant, j'ai joué avec ma fille. Ca peut aussi être ma compagne, qui a les ongles longs."


  • 11h01  

    Dans la salle, Laurent Ségalat regarde enfin le film, où il craque et tombe en larmes. L'image semble trop forte, il détourne le regard, baisse la tête et se frotte les yeux.

  • 10h56  

    "Les gestes sont plus parlants que les mots. Montrez-nous!" demande le juge d'instruction sur le film.

    "Mais il faudrait quelqu'un de lourd et que j'ai les mains mouillées."

    Comme il dit ne pas se souvenir précisément de ce qu'il a fait, Laurent Ségalat insiste: "Je vais vous montrer mais ce n'est pas comme ça que j'ai fait, puisque je ne m'en souviens pas."


    La suite du film montre l'accusé en train de déplacer le corps entre les pièces.

  • 10h51  

    Le film se poursuit.

    "Mon seul but était de la déplacer dans la chambre, mais je paniquais, elle glissait. Et je ne sais plus si je suis passé par la gauche ou par la droite. M. le juge, je ne me souviens plus de ce que j'ai fait dans le détail entre le moment où j'ai commencé à la déplacer et le moment où je l'ai lâchée."

    "Mais pourquoi ne pas le refaire maintenant si vous l'avez fait à l'époque? Vous nous l'avez décrit, pourquoi ne pas le refaire? Qu'il nous montre les gestes, même sans l'enchaînement exact", demande le juge.

  • 10h47  

    Dans la salle, durant la projection, tous les yeux sont rivés sur les écrans. Sauf ceux du procureur Eric Cottier, qui consulte ses dossiers et de Laurent Ségalat, qui a toujours la tête baissée.

    Côté avocats: les conseils de Laurent Ségalat sont concentrés, impassibles. Me Barillon ne peut s'empêcher de manifester quelques mouvements d'humeur lorsque Laurent Ségalat évoque ses absences et la pénibilité de l'épreuve.

  • 10h43  

    "Non ça ne va pas très bien... si vous saviez ce que je vis", soupire l'accusé.

  • 10h43  

    Laurent Ségalat montre ensuite comment il a déplacé le corps.

    "Accroche-toi, accroche-toi à moi, on va y arriver. Je l'ai soulevée, mais elle est tombée. Il y avait beaucoup de sang, ça glissait. J'avais l'impression qu'elle essayait de s'accrocher à moi. J'ai voulu la hisser sur mon dos, mais elle est retombée. Et je paniquais de plus en plus."

  • 10h40  

    Sur le film, Laurent Ségalat doit montrer comment il a déplacé le corps.

    "Si j'avais su à quel point ce serait difficile, je ne l'aurais pas bougée. Ca m'a pris 5 minutes et je paniquais... Le temps qui passait était à son détriment. Je paniquais de plus en plus, et je n'y arrivais."

    Laurent Ségalat, prostré, dit qu'il ne sait plus, qu'il ne se souvient pas..."

  • 10h36  

    Dans la salle, Laurent Ségalat, tête baissée, ne regarde pas le film de la reconstitution, se contentant de quelques regards à l'écran.

  • 10h34  

    Le juge: "Quand vous la découvrez par terre, vous lui prenez le pouls... combien de temps ça a pris?"

    Ségalat: "Quelques minutes..."

    Interrogé sur la position du corps, Laurent Ségalat craque. Il détourne son regard du mannequin couché par terre: "Je me tourne, sinon je vais vomir."

  • 10h32  

    "Si j'étais secouriste professionnel, je l'aurais peut-être sauvée", se lamente le prévenu sur le film. Il évoque un stage de secouriste de deux jours il y a une dizaine d'années avant de s'asseoir. "Il faut stimuler le blessé, lui parler, éviter qu'il ait froid. Voilà les premières choses à faire.

    Prostré, Laurent Ségalat dit qu'il n'en peut plus, il ne peut pas refaire les gestes. Il se contente de les décrire. "Elle râlait, mais ne parlait pas..."

  • 10h28  

    Sur le film, Laurent Ségalat parait très affecté, il se prend la tête dans les mains, les larmes aux yeux.

    "J'ai vécu trop de choses traumatisantes... un brouillard se fait dans ma tête. Mais j'essaierai de répondre de mon mieux."

    Tourné à Vaux-sur-Morges, le film présente Laurent Ségalat, encerclé de policiers, devant la maison. La suite se déroule dans la maison, où Laurent dit avoir trouvé le corps. Dans la buanderie, un mannequin au sol. Laurent Ségalat essaie de se souvenir de la position exacte du corps. On lui demande de déterminer la taille de la flaque de sang. "Je ne sais plus, mais j'ai tout de suite compris que c'était sérieux."

  • 10h22  

    Le film de la reconstitution est projeté.

  • 10h21  

    "Voir son père sur son lit de mort, ça m'est arrivé. Et ça marque!" lance le procureur Cottier.

    Le président: "Vous êtes d'une intelligence supérieure, vous comprenez très bien la question: qu'y a-t-il de gravé dans votre mémoire..."

    Laurent Ségalat: "Je me souviens de choses, pas d'autres. C'est au cas par cas... Je ne me souviens pas si j'ai laissé mon téléphone portable dans la voiture."

    Le président: "Vous souvenez-vous d'un appel reçu en voiture ce jour-là, en fin d'après-midi, entre la librairie, l'hôpital et Vaux?"

    Laurent Ségalat: "Non..."

  • 10h17  

    Les débats se poursuivent, le film de la reconstitution attendra.

    Au centre des discussions: la mémoire de Laurent Ségalat. L'occasion d'une petite prise de bec entre Me Barillon et Me Portejoie.

  • 10h12  

    Le président Lador annonce la suite du programme: la projection de la reconstitution des faits.

  • 10h08  

    L'ambiance est désormais plus calme. Laurent Ségalat parle de la librairie et de ce qui faisait son quotidien. Sont évoqués les mécanismes de la librairie de livres rares et anciens.

    Le procureur Cottier interroge Laurent Ségalat sur la fermeture de la librairie le jour du drame. "Oui, c'est moi."

  • 10h03  

    Le procureur Cottier: "Avez-vous l'habitude d'observer ce que l'autre mange? Ou si il se ressert?"

    Laurent Ségalat: "Je ne comprends pas la question..."

    Le procureur Cottier: "Observez-vous si vos convives se resservent?"

    Laurent Ségalat: "Non"

    Le procureur Cottier: "Catherine avait-elle un solide appétit ou un petit coup de fourchette?"

    Laurent Ségalat: "Modéré..."

    Le procureur Cottier: "vous avez appelé Catherine à 16h56. Vous souvenez-vous d'un coup de fil à la librairie? du trajet de Morges au Moulin?"

    Laurent Ségalat: "Non..."

  • Expulsion  

    Gerhard Ulrich, jadis bête noire de la justice vaudoise, a été expulsé de la salle par la police au début du procès Link

  • 9h56  

    Laurent Ségalat continue de dire qu'il ne souvient pas, notamment du fait que sa compagne n'était pas contente qu'il se rende en Suisse seul en ce fameux samedi 9 janvier 2010.

    "Vous souvenez-vous de ce qui était prévu le soir? Deviez-vous passer la soirée avec votre compagne?" interroge le procureur.

    Les yeux au plafond, Laurent Ségalat ne se souvient pas très bien.

    "Et pour le dimanche 10 janvier, quel était le programme?"

    "Je ne me souviens pas du programme du dimanche 10 mais j'avais des rendez-vous le lundi à Paris, un pour mon laboratoire et le téléthon et un autre aux éditions Gallimard, avec qui j'avais un projet de livre."

  • 9h51  

    Le procureur Cottier revient sur la journée du drame: "Vous êtes parti de Thonon le matin. Quel était le programme?"

    Laurent Ségalat: "Que j'aille rendre visite à mes parents et que je déjeune avec eux. J'avais des choses à finir à la librairie et je devais récupérer des cadeaux. C'était une visite de famille, mais mon père n'était pas bien. On devait manger ensemble et j'ai appris, en route, qu'il était à l'hôpital. Mais je ne me souviens pas du coup de fil."

  • 9h49  

    Le président Lador: "Gardons de la sérénité ou je fais évacuer la salle. Ce n'est pas une cour de récré. C'est sérieux monsieur. On vous pose une question et vous vous tournez vers vos proches pour faire des signes."

    Laurent Ségalat: "Je me suis tourné vers ma fille."

    Me Barillon: "Et Catherine, dans sa tombe, vous y pensez?"

  • 9h46  

    Le président Lador: "Vous n'avez donc que quelques souvenirs épisodiques?"

    Le procureur: "Vos souvenirs sont diffus dans la journée et quasi inexistants pour la soirée."

    Laurent Ségalat: "Cela fait deux ans... les événements se superposent, je ne sais plus."

    Emprunté, le président dit ne pas savoir quoi noter. "C'est le but", sourit Me Barillon.

  • 9h37  

    Le président Lador: "Voulez-vous changer quelque chose dans vos déclarations?"

    Laurent Ségalat: "Rien! Je suis innocent, je suis quelqu'un de non violent. Ma première audition est le reflet le plus fidèle de ce qui s'est passé."

    Laurent Ségalat répète sa thèse: "Je ne sais pas ce qui s'est passé!"

  • 9h36  

    Marie-Pomme Moinat, avocate de Laurent Ségalat: "Ce n'est pas une terroriste. C'est une fille de 18 ans qui soutient son papa."

  • 9h33  

    Me Barillon: "On va faire un pacte: dites la vérité, pas uniquement celle qui vous arrange!"

    L'ambiance est électrique. Me Barillon s'en prend à Laurent: "Avez-vous mis un frein à tout ce battage médiatique?"

  • 9h30  

    Le procureur Cottier: "Si les enfants s'en prennent à la justice, il s'agira de voir si on laisse votre fille témoigner la semaine prochaine."

  • 9h28  

    Me Barillon, l'avocat de la famille de Catherine Ségalat, tape du poing sur la table et lit une lettre d'une fille de Laurent: "Je ne peux pas imaginer une issue négative à ce procès. Cela ridiculiserait la justice suisse, qui n'a pas besoin de ça depuis l'affaire Légeret."

    Laurent Ségalat: "Je n'ai pas eu connaissance de ça."

    Me Barillon: "On verra."

  • 9h23  

    Des lettres de menace ont été envoyées au président, qui n'apprécie pas: "La Suisse n'est pas une république bananière et ce n'est pas la meilleure façon d'assurer votre défense."

  • 9h21  

    "M. Ségalat, ne serait-ce pas l'heure de dire ce qui s'est passé?" interroge le président Lador

    Laurent Ségalat: "Je veux dire fortement que je suis innocent des faits qui me sont reprochés. Je vous le dis à vous, à la famille de Catherine et à tout le monde."

  • 9h10  

    Le procès commence dans une salle archicomble. Laurent Ségalat se retourne et fait des petits signes à ses proches. Me Barillon présente ses clients: la sœur et le frère de la victime. Laurent Ségalat est toujours debout.

  • 9h  

    Les débats sont prévus sur plusieurs jours durant cette fin de semaine et se poursuivront au lendemain du lundi de Pentecôte. Ils sont conduits par Jean-Pierre Lador, premier président du Tribunal criminel de La Côte.

  •  

    Pour tout savoir sur la nouvelle salle d'audience installée à Renens: Link

  • 8h35  

    Bonjour et bienvenue dans ce suivi en live du procès Ségalat, qui s'ouvre ce matin à Renens.

    Journalistes, curieux, soutiens de l'une ou l'autre partie, des dizaines de personnes veulent assister à ce procès très attendu. Une attente aussi grande en Suisse, théâtre du drame, qu'en France, pays d'origine de Laurent Ségalat, généticien de renom soupçonné du meurtre de sa belle-mère, Catherine Ségalat.

Créé: 23.05.2012, 11h16

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59 Commentaires

Saint Pierre

23.05.2012, 11:17 Heures
Signaler un abus 17 Recommandation 0

Après l’affaire Bogousslavsky (détournement de fonds au CHUV) et l’affaire Légeret (meurtre de 3 femmes), voici l’affaire Ségalat ! Avec les mêmes vedettes : Eric Cottier dans le rôle du procureur et l’équipe du Pr Magnin dans le rôle des experts. C’est comme à la TV : en avant pour une 3ème saison. Sans oublier la presse, Me Barillon (en guest-star), le fan-club, etc. Répondre


Alain Provist

23.05.2012, 10:40 Heures
Signaler un abus 13 Recommandation 0

Pathétique! La vue d'un mannequin lui donne envie de vomir, par contre il prétend avoir été capable de faire des massages cardiaques, de pratiquer la respiration artificielle, de prendre le pouls de sa mère ensanglantée et de nettoyer le sang !!! Tout cela pendant près d'une heure sans appeler les secours ??? Quelle autre grossière incohérence faut-il aux juges pour le condamner ? Répondre



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