Les députés disent adieu sans regrets au Palais de Rumine

Grand ConseilLe Parlement a vécu mardi sa dernière séance dans l’auditoire de la Riponne. Alors que l’endroit devait être provisoire en 2001, les élus y sont restés plus de quinze ans. Regards dans le rétroviseur.

A l'occasion de la dernière session du Grand Conseil vaudois au palais de Rumine, cinq députés nous racontent anecdotes et événements marquants. Vidéo: Anetka Muhlemann


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Les députés vaudois ont vécu leur dernière séance mardi au Palais de Rumine après plus de quinze ans de fréquentation de cet endroit qui ne devait être que provisoire. Dès le 2 mai, après les élections, ils rejoindront leur lieu historique, sur la colline de la Cité. Le nouveau Parlement ouvrira ses portes aux 150 élus cantonaux qui y siégeront pour les ultimes moments de la législature 2012-2017.

Mardi, l’ambiance à l’intérieur de l’aula de Rumine avait un caractère particulier. Plusieurs élus se donnaient la peine de photographier la salle et de se «selfier», tandis que le président leur demandait de vider leurs casiers en vue du déménagement. La journée s’est terminée par un discours et un apéritif.

Pas de regret

Mal assis, ne voyant leurs pairs que de dos, contraints de faire lever leur voisin pour sortir se dégourdir les jambes, les élus n’ont pas vécu dans le confort sous les fresques bibliques de l’aula. Les cinq députés que nous avons interrogés n’affichent aucun regret de partir. La salle est destinée à l’origine à des cours universitaires et non à un parlement. «Pour moi, c’est un moment de plaisir, assène le socialiste Michel Renaud. Notre séjour à Rumine a été long, même si nous nous y sommes habitués. Quand j’ai présidé l’assemblée, je voyais à peine les gens tellement ils étaient loin.» Le PLR Philippe Vuillemin se réjouit de «remonter sur la colline». «Ce sera enfin une vraie salle de Grand Conseil», abonde la popiste Christiane Jaquet-Berger.

Les députés ont rejoint Rumine à la rentrée 2001 alors que Perregaux, la salle originale de 1803, avait besoin d’un grand rafraîchissement. On connaît la suite: le 14 mai 2002, le feu détruit presque entièrement le bâtiment en chantier.

Elu cette année-là, le Vert Yves Ferrari n’a pas connu Perregaux. Pour lui, Rumine, c’est aussi et surtout de bons souvenirs, ceux de son parcours de député au long de trois législatures qui ont vu le canton de Vaud politique se transformer considérablement: «Je me souviens de séances mémorables avec des députés qui quittaient la salle lors des débats budgétaires. Puis j’ai vu la remise à jour du canton, la fin d’Orchidée (ndlr: le programme d’austérité des années 1990)

Il y a eu aussi des moments d’émotion intense. La voix brisée, l’UDC Jean-Luc Chollet évoque ce jour funeste de septembre 2011 où Jean-Claude Mermoud est mort: «C’était horrible par la soudaineté et la brusquerie de cette tragédie.» Ce jour-là, le Grand Conseil n’en menait pas large. «On sentait vibrer la salle», dit Christiane Jaquet-Berger.

Dans un registre moins sentimental mais tout aussi grave, Yves Ferrari rappelle les séances de 2002, où il a fallu recapitaliser la BCV: «Le Conseil d’Etat demandait de fortes sommes. Au budget suivant, l’indignation avait été grande.» Les débats budgétaires reviennent souvent dans les souvenirs des députés. Philippe Vuillemin n’a pas oublié, et c’est même l’un des moments les plus forts pour lui, ce jour de décembre où il est parvenu à rallier deux libéraux pour voter le budget. La copie avait été finalement acceptée à une voix d’écart: «J’ai alors vu Pascal Broulis sortir comme un diable de sa boîte pour venir vers moi et me remercier de ce que j’avais fait!»

«Ôte-toi de là que je m’y mette!»

La nouvelle salle du bâtiment rebaptisé Rosebud rappellera à ceux qui siègent au Grand Conseil depuis les années 1990 leurs débuts à Perregaux. «Nous serons plus à l’aise dans le nouveau Parlement», note Michel Renaud. L’élu a suivi le dossier de la construction «dès le jour de l’incendie». «Il sera beaucoup plus agréable d’y vivre et d’y travailler qu’au temps de Perregaux. Nous y étions 200 élus. Il y avait des députés dans tous les coins.»

L'incendie du parlement aux infos:

Jean-Luc Chollet y voit «un retour aux sources»: «Ce lieu est lié à une symbolique, avec la présence de la préfecture, de l’Ecole de chimie. Mais l’atmosphère ne sera pas la même. Aujourd’hui, les places au Grand Conseil sont chères. Dans les années 1990, nous étions 200 députés pour une population de moins de 600 000. Maintenant, nous ne sommes que 150 pour 750 000 habitants. C’est devenu «ôte-toi de là que je m’y mette!» (24 heures)

Créé: 28.03.2017, 19h33

Les temps forts de l'époque Rumine

Les préparatifs de l’aula

La première séance à Rumine aura lieu fin août 2001. L’endroit est un modèle de technologie avec un micro par député, le vote électronique et un grand écran pour la retransmission des débats qui se fait d’ailleurs depuis 1996. Mais les sièges sont très bas, prévus pour que des enfants puissent y être à l’aise et surtout pour des séances moins longues que celles du Grand Conseil.



La recapitalisation de la BCV

En 2002, l’Etat de Vaud, dont les finances sont à la peine, doit recapitaliser la Banque cantonale vaudoise. L’affaire déclenche une crise politique supplémentaire. En charge du dossier, la radicale Jacqueline Maurer-Mayor (ici au pupitre) mène l’opération. Pour les votes importants de ce dossier difficile, le Conseil d’Etat sera présent in corpore au Grand Conseil.



Décès de Jean-Claude Mermoud

Le 6 septembre 2011, le conseiller d’Etat UDC, Jean-Claude Mermoud décède à 59 ans d’un accident cardio-vasculaire. La disparition de ce magistrat alors qu’il est encore en fonction suscite une vive émotion. La popiste Christiane Jaquet-Berger se rappelle qu’elle a senti «vibrer la salle».



Anne-Catherine Lyon taquinée

Après Jacqueline de Quattro qui avait reçu un macaron aux amandes en 2008 au sujet de sa place de parc, c’est au tour de la conseillère d’Etat Anne-Catherine Lyon avec un éclair au chocolat pour son dépassement de vitesse capté par le radar de Mézières. Le député Pierre-André Gaille lui remet la pâtisserie lors de la revue de fin d’année du Grand Conseil le 16 décembre 2009.



La turbosieste de Daniel Brélaz

Fin août 2012, le correspondant de La Liberté poste sur Facebook l’image qu’il a devant lui sur le grand écran de la salle. Daniel Brélaz, alors syndic de Lausanne, semble dormir du sommeil du juste. L’histoire fera bien rire dans les chaumières, tandis qu’on en parlera dans le Landerneau jusqu’en 2013. Le principal intéressé dira que ceux qui le jugent pour cela «sont des imbéciles».


En bref

Projet d’aire d’accueil

Le Conseil d’Etat est en tractation avec deux communes pour créer une aire de stationnement pour les Yéniches. Béatrice Métraux l’a indiqué en réponse à une question de Véronique Hurni (PLR), mais a refusé de nommer ces communes. M.SL


Nominations plus claires

Par 59 voix contre 58 (14 abstentions), le Grand Conseil veut des procédures de nominations «plus ouvertes et plus transparentes» aux postes importants des institutions comme le CHUV. Les députés ont adopté une détermination du PLR Marc-Olivier Buffat à propos du nouveau directeur général adjoint du CHUV, Oliver Peters. M.SL


Vaud hors TISA et TAFTA

Les députés s’inquiètent des conséquences des accords commerciaux internationaux TISA et TAFTA sur le Canton de Vaud. Par 83 contre 39 (5 abstentions), ils ont accepté une résolution demandant au Conseil d’Etat de s’adresser au Conseil fédéral pour «protéger le Canton». M.SL

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